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Musique classique et opéra par Classissima

Maurice Ravel

samedi 27 mai 2017


Classiquenews.com - Articles

25 mai

ENTRETIEN avec FELICITY LOTT…

Classiquenews.com - ArticlesENTRETIEN avec FELICITY LOTT… Plus passionnée et engagée que jamais Dame Felicity Lott délivre la saveur raffinée, suave, – cette élégance naturelle d’une grande richesse poétique des mélodies françaises. Les 27 mai puis 1er juin 2017, la plus française des divas britanniques chante la mélodie française de Berlioz à Fauré, Chausson, Poulenc et Ravel… Entretien préalable pour mieux comprendre l’affection de la Felicity Lott pour la culture française. Comme définiriez-vous la mélodie française comparé au lied ? Sur le plan technique, vocal … Félicity LOTT : Je trouve que la mélodie est plus flexible que le Lied….mais ce n’est pas vrai et cela dépend du compositeur ! Je trouve Richard Strauss plus flexible que Schubert, par exemple, moins classique, plus romantique, évidemment c’est une question d’époque. La langue française a sa propre musique et les meilleurs compositeurs savent jouer avec. Comment avez-vous sélectionné les mélodies de ce programme ? Que racontent-elles sur le plan des textes et des poèmes chantés ? FL : Je vais chanter Shéhérazade de Ravel, que j’ai entendu pour la première fois en France quand j’ai suivi des cours à l’Académie Internationale d’Été de Nice, il y a bien longtemps. Une chanteuse a interprété Asie, la première mélodie de ce cycle, ce qui m’a bouleversée. J’ai acheté l’enregistrement de Régine Crespin que j’adore toujours – Régine et le disque -, et j’ai découvert sur l’autre face Les Nuits d’Été de Berlioz : autre bouleversement. Mon professeur là-bas m’a fait apprendre une mélodie de Debussy que je chante encore. Enfin, c’est en partie grâce à la France que je suis devenue chanteuse. Quels souvenirs certaines chansons ou compositeurs ici abordés, évoquent-ils dans votre carrière ? FL : Avec Armin Jordan et l’Orchestre de la Suisse Romande, j’ai enregistré Shéhérazade, et aussi Le Poème de l’Amour et la Mer de Chausson. Nous l’avions beaucoup donné en concert, en Suisse et aux États Unis, et le mouvement final, Le Temps des Lilas, existe aussi en mélodie. Nous allons l’interpréter justement pour notre prochain concert. Il y aura aussi La Captive de Berlioz, pour voix et violoncelle. Je l’ai enregistré il y a longtemps avec Steven Isserlis et Thomas Adès. J’aime beaucoup toutes ces mélodies et j’attends avec impatience de les chanter avec les musiciens merveilleux d’Artie’s. Votre mélodie préférée ? Pour quelle raison ? FL : Je n’ai pas de mélodie préférée mais ma chanson préférée est La Chanson des Vieux Amants de Jacques Brel….! Propos recueillis en mai 2017. AGENDA Mélodies françaises et musique de chambre. Les 27 mai (Bussy-Rabutin), 1er juin (Salle Gaveau, Paris). INFORMATIONS & RESERVATIONS Récital Felicity Lott Chambrisme romantique français Samedi 27 mai 2017 à 20h Château de Bussy-Rabutin 12, Rue du Château 21150 Bussy-le-Grand Jeudi 1er Juin 2017 à 20h30 PARIS, Salle Gaveau 45, rue La Boétie 75008 PARIS Dimanche 17 septembre 2017 à 20h Abbaye de Cluny (21) RÉSERVEZ VOS PLACES ICI Programme Hector Berlioz – La Captive Ernest Chausson – Le temps des lilas Reynaldo Hahn – La dernière valse Gabriel Fauré – Quatuor avec piano n°1 op15 Gabriel Fauré – Après un rêve Maurice Ravel – Shéhérazade Jules Massenet – Élégie Francis Poulenc – Les chemins de l’amour Reynaldo Hahn – La Barcheta Dame Felicity Lott, soprano Mathilde Borsarello Herrmann, violon Cécile Grassi, alto Gauthier Herrmann, violoncelle Jean-Michel Dayez, piano Avec la participation de : Fleur Gruneissen, flûte (27/05, 17/09) Mathilde Caldérini, flûte (01/06)

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Le Quatuor Lejeune

Le Quatuor Lejeune, diffuseur de musique tchèque. Avant que la guerre de 1914 mette une entrave provisoire aux échanges culturels franco-tchèques, la musique tchèque pénétra peu à peu en France. Dès 1879, d’abord à Nice, puis à Angers et Paris, Dvořák mit un pied dans l’Hexagone par l’intermédiaire de ses danses et rhapsodies slaves et sérénades (voir l’article). On jouait de temps en temps une pièce de Smetana. Au début du XXe siècle, quelques écrits signalèrent ici ou là, dans un quotidien ou dans une revue, l’existence de compositeurs dont le nom était difficile à écrire et à retenir. L’écrivain et esthète suisse William Ritter fut parmi les premiers à se pencher sur les compositeurs bohêmiens et moraves. Mais les musiciens français étaient peu nombreux à inscrire une œuvre de musique tchèque dans leurs programmes de concerts. Les quatre instruments d'un quatuor à cordesMême si leurs efforts demeurèrent un peu vains en terme de retombées de notoriété pour les compositeurs tchèques qu’ils programmèrent, les membres du Quatuor à cordes Lejeune se signalèrent par leur persévérance. Cet ensemble avait été créé par un violoniste belge, Nestor Lejeune, professeur à la Schola cantorum, qui après avoir appartenu au Quatuor Zimmer, fonda sa propre formation avec un autre violoniste, Gaston Tinlot, l'altiste Jean Lefranc et le violoncelliste René Jullien. Durant certaines périodes, les quatre instrumentistes organisèrent leurs prestations en cycles de plusieurs concerts, chaque cycle étant bâti sur un thème particulier. C’est ainsi qu’ils examinèrent les œuvres qui leur paraissaient majeures dans l’école allemande, celles de la musique russe en 1908 dans le cadre de la révélation de Boris Godounov par Serge de Diaghilev, ainsi que celles de l’école espagnole alors qu’un certain nombre de jeunes compositeurs ibériques complétaient leur formation à Paris. A plusieurs reprises entre 1910 et 1914, le Quatuor Lejeune, accompagné ou non d’autres interprètes se livra à des incursions dans la musique de chambre tchèque. Mieux, comme il l’avait réalisé avec la musique d’autres pays, en plusieurs séances, tels des épisodes d’un feuilleton, il parcourut à grands traits l’histoire de la musique de chambre des pays tchèques. En 1910, le Quatuor Lejeune réserva cinq séances à cette étude. Malheureusement la presse musicale de l’époque ne suivit pas les quatre instrumentistes tout au long de ce voyage dans le temps. Tout au plus, peut-on relever la présence de deux quatuors de Zach (1), d’une sonate pour harpe de Jan Křitel Krumpholtz et d’un quatuor de Smetana (De ma vie ?) pour la première séance le 11 décembre à la Salle Pleyel tandis que pour sa cinquième et dernière séance, en mars 1911, de jeunes compositeurs furent sur la sellette. De Jan Kunc (2), un élève de Janáček,  les quatre musiciens dévoilèrent son quatuor opus 9, une première française, œuvre qui «montre une nature d’artiste réellement sensible et délicat». Il faut relever la hardiesse des musiciens pour proposer un quatuor dont l'encre de la partition était à peine sèche. Composé en 1909, cet opus avait juste été joué en Moravie et il est vraissemblable que les instrumentistes français l'aient exporté pour la première fois en dehors de son pays d'origine. Pour en revenir à la suite du concert, une cantatrice, Béatrice Kacerowska (3), chanta des «mélodies très puissamment colorées (4)» de Novák (5), Václav Juda Novotný (un contemporain de Janáček), Picka et Frinl (6). Jacques Ibert, jeune compositeur à cette époque, troqua un temps les portées d’une partition pour les colonnes d’un quotidien. Il assista à une séance du Quatuor Lejeune au cours de laquelle cet ensemble «tenta de nous intéresser aux rythmes agressifs et désordonnés, aux harmonies indigestes et citronnées, à la forme autonome des quatuors de J-B Foerster et de V. Novak (7)». Ces productions n’émurent point le compositeur français comme on peut s'en rendre compte par son écrit. Par contre deux autres interprètes, présents à cette soirée, se firent acclamer. La cantatrice Marthe Prévost chanta des airs de Procházka  (8) et de Foerster, tandis que Lazare Lévy, pianiste qui devint un peu plus tard un professeur réputé, livrait des pages de Smetana et Novák. Enfin, un critique aussi affuté que Michel-Dimitri Calvocoressi (9) dans les chroniques qu’il destinait au Comoedia illustré dépeignit bien l’embarras ressenti face à l’école musicale tchèque dont n’émergeaient tant bien que mal que les figures de Smetana et de Dvořák, perplexité partagée par nombre de ses confères. «Le quatuor Lejeune vient de donner avec succès la deuxième des séances qu’il consacre cette année à l’école tchèque. Il faut savoir à ce vaillant groupe d’artistes un gré infini de son initiative : tous les ans, il nous fait connaître une importante série d’œuvres de musique de chambre, de quelques-unes des grandes écoles européennes. Celle qu’il aborde cette année, après l’allemande et la russe, est de beaucoup la moins connue. J’ai déjà eu l’occasion de mentionner plus ou moins sommairement quelques-uns de ses représentants, et de dire que pour n’avoir point à nos oreilles tout le prestige asiatique d’exotisme que nous aimons chez les Russes, elle n’est pas moins profondément significative par son caractère national. Smetana, entre tous, est un sincère et communicatif musicien dont non seulement la musique de chambre, mais la production orchestrale mériterait de nous être familière. Et si, tout bien pesé, le germanisant Dvorak nous touche moins, il est juste de témoigner une part de sympathique curiosité aux Suk, au Kovac, aux Kovarjovic, au Fibich, à tous ceux que nous n’avons pas encore eu l’occasion de juger par nous-mêmes (10)». Malgré les premières auditions sur notre sol de la Symphonie du Nouveau Monde, Dvořák  ne fut pas reçu avec la ferveur qu’on lui réservait depuis une bonne vingtaine d’années en Angleterre. Étrangement on le trouvait trop près de la musique allemande («germanisant» comme le classe Calvocoressi). Passons sur la graphie réservée à Kovařovic (11) qui tente de respecter la prononciation de son nom, compositeur tchèque dont la musique n’est pas parvenue en France pour constater, malgré la bonne volonté du chroniqueur, qu’il n’apprend rien à ses lecteurs sur les caractères propres des compositeurs qu’il nomme. Au cours de l’une de ses tournées dans l’Hexagone (12), le Quatuor Lejeune s’arrêta dans la ville natale de Paul Valéry qu’à cette époque on orthographiait couramment Cette. Dans la salle de la Lyre Sainte-Cécile, il y interpréta le 5 décembre 1911, le quatuor en la de Dvořák. Lequel s’agissait-il ? Le quatuor n° 1 en la majeur (B 8) datant de 1862,  le n° 6 en la mineur (B 40) de 1870, le n° 7 également en la mineur (B 45) composé l’année suivante, ou le tout dernier en la bémol majeur (B 193) de 1895 ? L’annonce ne précise pas. Avant cette date, le quatuor n° 14 (B 193) avait été créé à la salle Pleyel le 25 février 1898, un mois avant que le Quatuor Tchèque ne le redonne au cours d’une de ses tournées en France alors que le 22 mars 1898, il jouait en première audition française le quatuor n° 7 (B 45). Voir l’article très détaillé d’Alain Chotil-Fani sur la pénétration française des œuvres de Dvořák. Le début de l’année 1913 vit une nouvelle série de concerts du Quatuor Lejeune explorant la musique tchèque. Pour deux séances, les instrumentistes mirent à profit la présence à ce moment-là d’un pianiste tchèque, Jan Heřman (13). Paris joua souvent le rôle d’un aimant artistique pour les acteurs culturels tchèques et en particulier pour les musiciens. Se produire en France et encore plus dans la capitale signait pour celui ou celle qui y parvenait une reconnaissance que bien des succès dans son propre pays ne parvenaient pas à hisser sur les marches de la renommée. La conjonction de plusieurs volontés, celle du Quatuor Lejeune de se pencher encore une fois sur l’école musicale tchèque, celle de Jan Heřman désirant briller dans la capitale au moyen de pièces de ses compatriotes aboutit à une collaboration qui aurait pu s’avérer fructueuse si la guerre n’avait pas annihilé la relation culturelle entre les deux pays. Nestor Lejeune engagea une cantatrice, Lola Syrová,  pour chanter des mélodies tchèques. De plus, les membres du Quatuor Lejeune s’assurèrent la collaboration d’Henri Hantich, auteur d’un livre récent sur la musique tchèque, pour introduire leur troisième séance par une conférence portant sur le Chant et la Musique tchèques. Enfin, l’Association franco-slave de l’Université de Paris apporta son soutien à cette séance que la salle Pleyel accueillit. Quelles pièces les auditeurs entendirent-ils ? De Vitězslav Novák, Jan Heřman exécuta son opus 30, Písně zimních nocí (14) (Chants des nuits d’hiver), de Josef Suk, son opus 28, O matince (A propos de maman) un cycle de cinq pièces, une Polka en fa dièse majeur de Smetana et le cycle de Fibich, Z hor opus 29 (De la montagne) tandis que Lola Syrová interprétait des mélodies de Foerster et sans doute d’autres compositeurs. Pour terminer, le pianiste Jan Heřman et les membres du Quatuor Lejeune unirent leurs talents pour jouer le Quintette pour piano et cordes en la mineur opus 12 de Novák, mais auparavant les quatre instrumentistes à cordes donnèrent le Quatuor n° 12 en fa majeur (B 179) de Dvořák, œuvre à laquelle on n’avait pas encore accolé le qualificatif d’américain comme on l’intitule couramment aujourd’hui. Incontestablement, les six compositeurs dont les œuvres constituèrent le programme de cette séance incarnaient bien les figures majeures de la musique tchèque et reconnues comme telles à Prague. Rappelons qu’en 1914, alors qu’il approchait de la soixantaine, Janáček n’avait aucune audience et presque aucun soutien dans la capitale des pays tchèques et on le considérait comme un musicien de seconde zone. Il était donc normal que son nom n’apparaisse pas dans le programme de ce concert parisien d’autant plus qu’aucune de ses œuvres de musique de chambre ne pouvait éventuellement attirer l’attention du Quatuor Lejeune, puisqu’il n’avait pas encore composé le premier de ses quatuors à cordes. Quant à Jan Heřman, comme ses collègues musiciens de Bohême, il ne connaissait pas encore Janáček et sa musique pour piano. De la longue critique (presque une demi-page enrichie d’un portrait de Smetana) que M-D Calvocoressi consacra à ce concert, on peut extraire des phrases significatives de la difficulté à saisir l’essence d’une musique venant d’une contrée que les mélomanes occidentaux, malgré toute leur bienveillance, tentaient d’identifier. Tout d’abord, le paragraphe illustre une équivoque : «L'école tchèque moderne ambitionne, non seulement d'affirmer son autonomie, mais d'exprimer en musique la sensibilité, les aspirations propres de la race entière ; de demander à la musique populaire tchèque son secret, de trouver en elle les éléments d'un style artistique puissant et nouveau. Cet idéal n'est point particulier à la seule école tchèque : il a été rêvé et proclamé par presque toutes les écoles « nationales » : en Russie, en Scandinavie, en Hongrie et en Espagne notamment. Et la question du nationalisme musical, que je n'aurais garde d'aborder en l'occasion présente, a fait et fait encore couler à grands flots l'encre des exégètes. Ici ou là, il est poursuivi avec des fortunes diverses ; mais où qu'il s'affirme, il est sympathique et louable, puisqu'il convient d'y reconnaître l'expression d'un désir de sincérité joint à un non moindre désir d’indépendance». Presque tous les musiciens représentants de pays n’ayant pas une longue histoire musicale, examinés de notre observatoire français, allemand et italien, berceaux de la musique savante occidentale, auraient presque dû s’excuser d’appartenir à ces cultures si particulières. Pourtant on ne jaugeait pas la qualité des ouvrages d’un Schumann, d’un Rossini ou d’un Berlioz à leur appartenance nationale. Ětre musicien tchèque (ou hongrois, norvégien, espagnol, etc.) portait un double, voire un triple handicap. Premier handicap, celui d’être en quelque sorte prisonnier de sa culture nationale et par conséquent d’être passablement incompris par les personnes d’autres nations. Deuxième handicap, de ne pas avoir étudié dans une ville, capitale européenne de la culture, telle Paris ou Vienne. Peut-être un troisième handicap desservait le musicien d’un «petit» pays, celui d’appartenir à une nation  ne possédant pas, pour faits politiques, une histoire musicale vieille de plusieurs siècles. Calvocoressi poursuivait «Dans quelle mesure les musiciens tchèques ont-ils réalisé leurs intentions ? Je ne saurais trop le décider, ni d'après les oeuvres composant le programme du concert dont je parle, ni d'après les quelques autres que je connais. Il faudrait avant tout tenir compte des opéras et des poèmes symphoniques de Smetana, qui est le plus sensitif et le plus éloquent, je crois, de sa génération». Remarquons et sa franchise et son honnêteté. Il ne se présentait pas comme un observateur savant, connaissant son sujet de a à z. Relevons la formule «quelques autres que je connais» pour en apprécier la sincérité de son propos qu’il ne dissimulait pas derrière un verbiage plutôt creux. Un peu plus loin, il cite Smetana. Non que le compositeur bohêmien se soit alors imposé en France - on ne jouait guère que l’ouverture de La Fiancée vendue, parfois son premier quatuor, parfois La Vltava sous le titre La Moldau, tel que l’occupant de culture germanique désignait la rivière qui traversait Prague et dont Smetana avait illustré le parcours depuis sa source jusqu’à sa jonction avec l’Elbe. Les Tchèques avaient soutenu Smetana, le déifiant en quelque sorte, et dans leur fierté de posséder dans leurs rangs un tel créateur, le considéraient comme leur ambassadeur auprès des autres peuples. Son nom était propagé en toutes occasions. Dans nos contrées, on le citait donc, s’inclinant devant la stature d’un tel artiste, et comme on le connaissait mal, on ne pouvait pas se montrer plus disert. Il était plutôt de bon ton de se montrer respectueux envers lui au cas où l’on découvrirait plus tard l’envergure de Smetana. Malgré un certain nombre d’auditions de ses œuvres, Dvořák restait méconnu, si bien que la rencontre de l’un de ses quatuors précipitait l’auditeur dans l’expectative. Ainsi  Calvocoressi ne cachait pas sa perplexité, voire sa déconvenue : «Je ne sais aucune oeuvre de Dvorak qui m'ait paru remarquable pour l'originalité ni pour la force : du Quatuor (15) op. 96 qui nous fut joué par M. Lejeune et ses excellents partenaires, le premier mouvement offre de jolis thèmes, mais l'impression en est gâtée par presque tout ce qui suit». Quant à Fibich, Foerster, Suk et Novák, le chroniqueur usait d’une même franchise pour étaler sa déception. «En ce qui concerne les autres représentants de l'école, j'ai l'impression qu'ils tâtonnent encore. Ce que nous demandons aux oeuvres musicales, c'est moins un ensemble de traits ethnographiquement caractéristiques qu'un ensemble d'éléments d'émotion artistique : les traits « nationaux» n'ont de valeur que dans la mesure où, par eux-mêmes mais surtout par leur rôle dans la composition, ils sont expressifs, beaux, révélateurs. Et force m'est de reconnaître, malgré la grande sympathie que m'inspire et que mérite d'inspirer à tous l'école tchèque, qu'à cet égard-là, ses productions ne m'ont pas encore pleinement satisfait». Par contre, les interprètes reçurent des félicitations englobant, bien sûr, « le Quatuor Lejeune qui s'affirme de plus en plus digne de la tâche artistique par lui poursuivie avec une remarquable ferveur». Leurs efforts ne furent pas vains puisque « le succès fut grand pour tous». Une fois encore, les applaudissements s’adressèrent aux interprètes à défaut de saisir finement la musique des compositeurs qu’ils jouaient. Et malgré l’engagement du Quatuor Lejeune qui ne s’épuisa pas, l’audience des compositeurs tchèques ne décolla pas. Dans son article de Comoedia, Calvocoressi terminait par cette remarque, porteuse d’espoir « Parmi les oeuvres tchèques les plus attrayantes et les plus heureusement réalisées, il convient de signaler les chœurs et chansons à plusieurs voix dont la Chorale des instituteurs de Prague, triomphatrice du concours international de musique de l'an dernier, nous a révélé de remarquables spécimens. J'apprends que cette merveilleuse phalange doit prochainement se faire entendre à Paris. Ce me sera une occasion de revenir sur le sujet de la musique tchèque (16)». Après la tournée en 1908 de la chorale des instituteurs moraves à Paris et à Nancy, ce furent au tour des instituteurs de Prague et de leur chorale de triompher au cours d’un concours de chant en 1912 à Paris. Malheureusement, lors de la  tournée des instituteurs de Prague l’année suivante, le chroniqueur, sans doute absent de Paris à ce moment-là, ne fournit aucun compte-rendu à l’hebdomadaire. La déclaration de guerre début août de l’année 1914 remit à plus tard une nouvelle incursion d’une chorale tchèque. Les instrumentistes à cordes ne se découragèrent pas. Ils remirent sur le tapis leurs exigences de découverte d’une musique peu diffusée. Le 20 mars 1914, à la salle Pleyel, le Quatuor Lejeune se produisit en compagnie de Jan Heřman et de Jean Cornet-Franceschi, altiste. Des compositeurs de son pays, le pianiste tchèque interpréta des pièces de Novák, Suk, Dvořak et Fibich. Quel(s) quatuor( choisirent les quatre instrumentistes ? Y inclurent-ils un ouvrage tchèque ? S’agirait-il du quintette n° 3 en mi bémol majeur (B 180) pour deux violons, deux altos et violoncelle de Dvořak comme la présence d’un altiste supplémentaire m’incite à induire la possibilité de ce quintette. Le silence de la presse de l’époque n’aide ni à contredire, ni à  démentir cette possibilité. A la fin de l’année 1916, alors que le bruit des armes sur différents points du front ne diminuait pas et que le dénombrement des victimes s’alourdissait, à l’arrière, la musique ne perdait pas tout-à-fait tous ses droits. Dans la salle des Agriculteurs, Nestor Lejeune et son violon «infatigable propagateur de la musique tchèque en France» comme le rappelait un rédacteur de revue La Nation tchèque, accompagné du pianiste serbe Ivan Tkaltchitch et des chanteurs Tonči Urbánková et Bogea Oumiroff offrirent un concert de musique slave avec des œuvres de compositeurs tchèques, russes et polonais. Le 16 décembre 1917 au Vieux-Colombier, le Quatuor Lejeune reprit son bâton de pèlerin pour la défense de la musique slave incluant compositeurs russes, tchèques, polonais, etc. Toujours est-il que l’ensemble à cordes joua un quatuor de Dvořák (lequel ?) et que le baryton tchèque Bogea Oumiroff (17) chanta des mélodies de Novák et de Karel Bendl (18) (probablement une première pour ce musicien). A peine deux ans plus tard, les mêmes interprètes, auxquels s’étaient jointes la cantatrice Tonči Urbánková (19) et Nadia Boulanger, offrirent un concert de musique tchèque à la salle Gaveau, le 25 février 1919, le Quatuor Lejeune apparaissant dans une nouvelle formation. Après une douzaine d’années de bons et loyaux services pour la promotion de la musique tchèque, le Quatuor Lejeune continua à œuvrer dans le domaine de la musique de chambre, sans apporter expressément un appui aux ouvrages venant de Tchécoslovaquie. Cependant au détour de programmes radiophoniques le 9 mars 1938, sur les ondes de Radio-Luxembourg, il les servit encore une fois (une dernière fois ?),  pour un quatuor dû à la plume de Bohuslav Martinů. On ne connut en France le premier quatuor de Janáček, Sonate à Kreutzer, qu’en 1930 grâce aux bons soins d’un ensemble soutenu par l’Institut d’études slaves, composé d’interprètes slovaques et intitulé pour cela Slovensko kvartet, bien que la presse le baptisât plus commodément tantôt Quatuor Tchèque (mais le patronyme appartenait à un autre ensemble depuis plus de 30 ans), tantôt Quatuor Tchécoslovaque. Ces quatre musiciens le créèrent à Nantes, le 9 février 1930. A cette époque, le Quatuor Lejeune, son effectif plusieurs fois remanié, avait semble-t-il un peu perdu le feu sacré de la découverte d’ouvrages nouveaux, surtout venant d’autres horizons que celui de l’Hexagone, mais on ne peut pas l’en blâmer après qu’il eut donné de si nombreuses preuves de son ouverture d’esprit en ne se focalisant pas uniquement sur les œuvres constituant le «grand» répertoire. Dans la très riche histoire musicale du premier quart du XXe siècle, qui déroulait sur le sol français, ses surprises, ses orientations, ses originalités alors que l’école franckiste (20)  triomphante en fin du siècle précédent, cédait peu à peu du terrain à la révolution debussyste, on s’intéressait avant tout aux compositeurs hexagonaux et aux autres de nations voisines ou plus lointaines qui, comme Stravinsky, intervenaient dans son déroulement. Mais la musicographie s’est assez peu attachée aux interprètes. Si les noms de Riccardo Viňes, de Wanda Landowska, de Marcelle Meyer, d’Alfred Cortot par exemple, restent familiers aux mélomanes du siècle suivant, combien d’autres sont tombés dans un oubli relatif, voire absolu pour quelques-uns. Pourtant, des musiciennes comme Jane Mortier, Blanche Selva et un peu plus tard, Germaine Leroux ont joué un rôle majeur dans la propagation de la musique de leurs contemporains, tant français que d’autres nations. Du côté des ensembles musicaux, si le trio Cortot-Thibaud-Casals et le trio Pasquier ont laissé des traces nombreuses dans la mémoire des mélomanes, de combien de quatuors français constitués se souvient-on ? Les quatuors Capet et Calvet et ensuite ? Pourtant, le Quatuor Lejeune a œuvré modestement, mais résolument pour que des ouvrages de compositeurs contemporains aussi bien français qu’originaires d’autres nations, en plus de ceux de maîtres des siècles passés, soient portés à l’ appréciation du public assistant à leurs prestations. L’action du Quatuor Lejeune mérite bien une mention, me semble-t-il, un siècle plus tard. Joseph Colomb - mai 2017 Notes :  1. Jan Zach (1713 - 1773) compositeur surtout connu pour ses œuvres de musique religieuse. Comme beaucoup d’autres compositeurs tchèques du 18e siècle, il quitta son pays. Il s’exila à la cour princière de Mayence et travailla ensuite dans différentes villes d’Europe centrale. 2. Jan Kunc (1883 - 1976) étudia à l’Ecole d’orgue de Brno sous la direction de Janáček de 1901 à 1903, puis au conservatoire de Prague avec Vítězslav Novák. En même temps qu’il composait ses premières œuvres, il rédigea des chroniques pour le quotidien Lidové noviny et pour Hudebni revue (revue musicale). A partir de 1919, il enseigna au conservatoire de Brno dont il prit la direction en 1923. Il appartint au Club des compositeurs de Moravie que présida un temps Janáček. 3. Béatrice Kacerowska, cantatrice à l’Opéra de Prague. Elle intervint à un des Concerts Séchiari au Théâtre Marigny en décembre 1911 dans des lieder de Nedbal, chanta des airs d’opéras de Gluck l’année précédente. 4. Comoedia, du 14 mars 1911 5. La connaissance de la musique tchèque et plus généralement de la culture des pays d’Europe centrale était tellement faible au début du XXe siècle que le journal, comme la plupart des autres quotidiens, écrit Norak au lieu de Novák. Coquilles concernant les noms tchèques que nous avons souvent relevées dans les articles de ce site. 6. Ces deux derniers compositeurs ne me sont pas connus. à moins que les habituelles coquilles de l’édition française aient déformé leur nom à ne plus les reconnaître. 7. La Critique indépendante du 1er mars 1911 sous la signature de Jacques Ibert. 8. Jan Ludevít Procházka (1837 - 1888)  compositeur et critique musical tchèque, dans l’environnement de Smetana. 9. Calvocoressi (1877 - 1944) écrivain et critique musical d’origine grec, il vécut en France, puis à Londres. Il appartint au groupe des Apaches. Familier de Maurice Ravel, il se passionna pour la musique russe et rédigea plusieurs livres consacrés à Liszt en 1906, à Moussorgski en 1908, à Beethoven en 1909, à Glinka en 1911, à Schumann en 1912, à Koechlin et Debussy un peu plus tard. 10. Comoedia illustré du 1er octobre 1910, chronique de M-D Calvacoressi. 11. Rappelons que Karel Kovařovic (1862 - 1920) conduisit l’Opéra de Prague durant vingt ans à partir de 1900 et qu’à ce titre il s’opposa longtemps à une production de Jenůfa à Prague. Par ailleurs, il était lui-même compositeur et plusieurs de ses opéras reçurent un succès assez considérable (Ženichové, Les Fiancés - Psohlavci, Les Têtes de chiens - Na Starém bělidle, A la vieille blanchisserie). 12. Le Quatuor Lejeune s’arrêta aussi à Carcassonne et à Montauban sans qu’on sache les œuvres qu’il interpréta dans ces deux villes. 13. Jan Heřman (1886 - 1946), pianiste tchèque. Il devint un interprètes d’œuvres de Janáček qu’en 1923 où il joua à Prague le cycle Sur un sentier recouvert et tint la partie de piano du Journal d’un disparu en 1924. Le compositeur lui dédicaça son Concertino pour piano et six instruments (VII/11). Heřman  entreprit une tournée américaine (USA) en 1904. Lors de son séjour parisien en 1814, il rencontra Ernest Denis et Romain Rolland qui depuis déjà quelques années établissaient des liens avec des intellectuels et artistes tchèques. 14. Ce cycle pianistique de 4 pièces, composé par Novák, en 1903 a été créé par Jan Heřman cinq ans après. 15. Ce quatuor fut créé en France par le Quatuor Tchèque le 11 avril 1902 à la salle parisienne des Agriculteurs. 16. Comoedia illustré du 5 avril 1913. 17. En août 1916, à Aix-les-Bains, Bogea Oumiroff en compagnie de la cantatrice Tonči Urbánková donna un concert au profit des familles des soldats tchèques morts pour la France. Les deux chanteurs interprétèrent des mélodies nationales tchèques. 18. Karel Bendl (1838 - 1897), compositeur tchèque, se lia avec Dvořák, et devint chef de la chorale Hlahol. Après un premier séjour à Paris en 1864, il revint en France à Nice engagé par le baron von Dervies qui, le premier, fit jouer des œuvres de Dvořák. 19. D’origine tchéque, Tonči Urbánková participa à plusieurs reprises à des concerts dans lesquels, par son chant, elle répandit des mélodies populaires de son pays ainsi que des airs d’opéras de Smetana et d’autres auteurs. Habitant à Paris depuis une bonne quinzaine d’années, elle connut une fin tragique dans l’incendie de son appartement le 20 avril 1932. 20. César Franck «dieu involontaire d’une religion qu’il n’a pas fondée» suivant l’expression de François Porcile (La belle époque de la musique française - Fayard, 1999).






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25 mai

Aldo Ferraresi, maître oublié du violon

Aldo Ferraresi, « Le Gigli du violon – Enregistrements 1929-1973 inédits » (premier volume de la série « L’Art du violon »). Œuvres de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) ; Niccolò Paganini (1782-1840) ; Antonio Bazzini (1818-1897) ; Mario Guarino (1900-1971) ; Piotr Tchaïkovski (1840-1893) ; Stjepan Šulek (1914-1986) ; Antonín Dvořák (1841-1904) ; Alfredo D’Ambrosio (1871-1914) ; Edward Elgar (1857-1934) ; William Walton (1902-1983) ; Arthur Benjamin (1893-1960) ; Jean Sibelius (1865-1957) ; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) ; Aram Khatchatourian (1903-1978) ; Carlo Jachino (1887-1971) ; Salvatore Allegra (1897–1993) ; Franco Mannino (1924-2005) ; Johannes Brahms (1833-1897) ; Gabriel Fauré (1845–1924) ; Eugène Ysaÿe (1858-1931) ; Richard Strauss (1864-1949) ; Pablo de Sarasate (1844-1908) ; Joaquín Turina (1882-1949) ; Franco Alfano (1876-1954) ; Karl Höller (1907-1987) ; George Gershwin (1898-1937) ; Claude Debussy (1862-1918) ; Leopold Godowsky (1870-1938) ; Fritz Kreisler (1875-1962) ; Maurice Ravel (1875-1937) ; Christoph Willibald Gluck (1714-1787) ; Igor Stravinsky (1882-1971) ; Carl Maria von Weber (1786-1826) ; Anton Arensky (1861-1906) ; Felix Mendelssohn (1809-1847) ; Gennaro Napoli (1881-1943) ; Joseph Achron (1886-1943) ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) ; Franz Liszt (1811-1886) ; Franz Schubert (1797-1828). Aldo Ferraresi, violon. Augusto Ferraresi, piano (fils d’Aldo) ; Marco Martini, piano ; Ernesto Galdieri, piano ; Prospero Ferraresi, piano (frère d’Aldo) ; Carlo Vidusso, piano ; Giorgio Favaretto, piano. Enrica Alberti, soprano. Quartetto di San Remo. Ainsi que de nombreux orchestres et chefs d’orchestres. 18 CD Rhine Classics. Enregistré entre 1929 et 1973 à Naples, Zurich, Rome, Milan, Nice, Bâle, Londres, Turin. Notices en anglais. Durée : 20 heures.

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23 mai

Felicity Lott chante les Romantiques français

Récital FELICiTY LOTT, les 27 mai, 1er juin 2017. MUSIQUE DE CHAMBRE et VOIX DIVINE. Les temps changent et avec eux, l’offre de concert. Le jeune producteur Artie’s fait évoluer l’expérience musicale pour les publics en proposant un concept de proximité voire de complicité avec l’audience, tout en défendant ce qui tient au cœur du fondateur, le violoncelliste Gauthier Herrmann : la musique de chambre. Complice de la soprano légendaire Felicity Lott, diva so brittish, alliant grâce, diction, délire parfois déjanté, la jeune troupe d’instrumentistes programme ici chant français et chambrisme romantique, 100% raffiné, tel qu’il se diffuse dans le Quatuor avec piano n°1 op15 de Gabriel Fauré. L’itinéraire est double : voix et instruments choisis. Le programme des 27 mai puis 1er juin (Salle Gaveau) promet bien des délices : au goût de la cantatrice pour la ciselure du verbe enchanteur, allusif répond le chant collectif du quatuor à cordes avec piano où rayonne tout autant l’harmonie collective et la sonorité intérieure, vibrante qui en découle. FELICITY, DIVA TOTALE… Septuagénaire en 2017 (née en 1947), la soprano britannique a subjugué les plus grands chefs (Carlos Kleiber) dans des rôles qui lui semblaient destinés : La Maréchale dans Le chevalier à la rose de Richard Strauss, la Comtesse dans Cappricio du même auteur, ou dans Les Noze di Figaro de Mozart… – rôles, avant elle, sublimés par l’impériale Elizabeth Schwarzkopf. Même diamant vocal, même intonation juste et précise, même style travaillé, ciselé… « sophistiqué » ont dit les moins convaincus-, plutôt exceptionnellement diseur, faudrait-il trancher : « La Lott » incarne une perfection du chant que l’on pensait perdu, alliant grâce expressive, sureté et précision technique, élégance innée, sens inégalé du verbe. Chez elle, le naturel fusionne avec le raffinement. Une équation rêvée pour chanter la mélodie française romantique, où priment tant le texte, la prosodie, l’intonation. Dans ce programme complet de Berlioz à Hahn, la diva offre l’un de ses plus beaux hommages à la distinction et la grâce française : charme de la mélodie, connotations exquises du texte… Mais tant de grâce et de séduction ne doivent pas écarter aussi un goût (et un talent égal) pour le comique (ses incursions chez Offenbach – La grande Duchesse de Gerolstein, demeurent inoubliables par l’invention délirante et la richesse de l’autodérision). Un grande chanteuse doublée d’une authentique actrice se dévoile ainsi les 27 mai puis 1er juin 2017. Le Quatuor pour piano et cordes opus 15 de Fauré est amorcé dès 1876, mais l’auteur l’achève deux années après car il reprend totalement le finale qui ne lui convenait pas. C’est le temps de la découverte et de l’expérience de Wagner (Tétralogie suivie à Cologne et Munich en compagnie de Messager). L’opus 15 est finalement créé à Paris en 1880 (Société nationale, Salle Pleyel, avec l’auteur au piano). Contemporain du Quintette de Franck, le Quatuor de Fauré est un sommet de la musique de chambre romantique française : souplesse (vénéneuse) de sa mélodie, style serré, ferme mais d’une élégance qui semble native (colorisme étincelant et permanent du piano). Comme un artisan de la permanence et de la continuité, Fauré tisse une soie sonore des plus chatoyantes, énivrées et raffinées, que les dernières mesures du Finale, emportent dans une apothéose lumineuse. Quatre mouvements : Allegro molto moderato / Scherzo : allegro vivo / Adagio / Finale : allegro molto. Environ : 30 mn selon les interprétations. Récital Felicity Lott Chambrisme romantique français Samedi 27 mai 2017 à 20h Château de Bussy-Rabutin 12, Rue du Château 21150 Bussy-le-Grand Jeudi 1er Juin 2017 à 20h30 PARIS, Salle Gaveau 45, rue La Boétie 75008 PARIS Dimanche 17 septembre 2017 à 20h Abbaye de Cluny (21) RÉSERVEZ VOS PLACES ICI Programme Hector Berlioz – La Captive Ernest Chausson – Le temps des lilas Reynaldo Hahn – La dernière valse Gabriel Fauré – Quatuor avec piano n°1 op15 Gabriel Fauré – Après un rêve Maurice Ravel – Shéhérazade Jules Massenet – Élégie Francis Poulenc – Les chemins de l’amour Reynaldo Hahn – La Barcheta Dame Felicity Lott, soprano Mathilde Borsarello Herrmann, violon Cécile Grassi, alto Gauthier Herrmann, violoncelle Jean-Michel Dayez, piano Avec la participation de : Fleur Gruneissen, flûte (27/05, 17/09) Mathilde Caldérini, flûte (01/06)

Maurice Ravel
(1875 – 1937)

Maurice Ravel (7 mars 1875 - 28 décembre 1937), était un compositeur français de l’époque moderne. Avec son aîné Claude Debussy, Ravel fut la figure la plus influente de la musique française de son époque et le principal représentant du courant dit impressionniste au début du xxe siècle. Son œuvre, modeste en nombre d'opus (quatre-vingt-six œuvres originales, vingt-cinq œuvres orchestrées ou transcrites), est le fruit d'un héritage complexe s'étendant de Couperin et Rameau jusqu'aux couleurs du jazz et d'influences multiples dont celle, récurrente, de l'Espagne. Caractérisée par une grande diversité de genres, la production musicale de Ravel respecte dans son ensemble la tradition classique et s'étale sur une période créatrice de plus de quarante années qui la rendent contemporaine de celles de Fauré et Debussy mais aussi de Stravinski, Bartók ou Gershwin. La grande majorité de ses œuvres a intégré le répertoire de concert. Parmi celles-ci le ballet symphonique Daphnis et Chloé (1909-12), le Boléro (1928), les deux concertos pour piano et orchestre (pour la main gauche, 1929-31 ; en sol majeur, 1930-31) et l’orchestration des Tableaux d'une exposition de Moussorgski (1922) sont celles qui ont le plus contribué, depuis des décennies, à sa renommée internationale. Reconnu comme un maître de l’orchestration et un artisan perfectionniste, Ravel ne s'est jamais départi d'une sensibilité et d'une expressivité particulière.



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