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Musique classique et opéra par Classissima

Maurice Ravel

dimanche 28 août 2016


Classiquenews.com - Articles

18 août

CD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon)

Classiquenews.com - Articles CD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon). Les crépitements nerveux, d’un feu énergique puissamment assumé, voire parfois vindicatif (ampleur orchestrale du jeu) affirme l’engagement de l’artiste chez Beethoven (Sonate n°21, énoncée avec une fougue électrique, d’une force diabolique). Son Chopin, plus emprunt de grâce et de vocalità (Variations sur Là ci darem la mano) ouvre d’autres champs plus intérieurs et presque oniriques, d’une ivresse absente chez le premier Beethoven. Quoique très vite, le pianiste plus déchainé qu’enivré, fait couler des torrents d’énergie dramatique là aussi impressionnante. Le pianiste de 48 ans (qui mourra en 1985), est au sommet de sa mûre expérience comme soliste et récitaliste. Le récital américain que réédite Deutsche Grammophon (pour le centenaire Gilels 2016 : il est né en octobre 1916) rend idéalement compte de son immense tempérament, carrure de lion et conteur irrésistible… alliant caresse et passion rageuse. C’est un monstre-interprète, virtuose des épisodes contrastés, d’une urgence enivrée quasi vertigineuse à suivre (le développement du motif mozartien chez Chopin, dont l’interprète au clavier fait une nuit fantastique, course effrénée et visions haletantes…). Le presque quasi contemporain de Richter (né un an avant Gilels en 1915, – et comme lui immense musicien), impose ici une impétuosité électrique incandescente dont la braise semble véritablement enflammer le clavier (urgence parfois panique de la Sonate n°3 opus 28 de Prokofiev). Le talent rude, au physique de bucheron, découvert alors par Arthur Rubinstein, se montre d’une éloquence véritablement hypnotique dans les 3 séquences de Debussy (Images I : Reflets, enchanteurs ; hommage à Rameau, énigmatique et « satien »). Miroirs de Ravel (Alborada del gracioso) envoûte par le même feu liquide très subtilement énoncé, d’une ciselure nerveuse aux scintillements et arrières plans dignes d’un orchestre (phénoménale architecture). Malgré la prise de son pas toujours très propre (2ème mouvement du Beethoven), l’acuité, l’assise, le feu poétique, la terrifiante agilité du pianiste s’impose à nous, plus de 50 ans après la réalisation du concert de Seattle. Certainement un témoignage majeur de la fièvre musicale du pianiste russe (né à Odessa, actuelle Ukraine, en 1916). On reste médusé par la nature des critiques américains et germaniques lui reprochant le côté provincial et maniéré de son jeu à la russe… même inexacte et maladroite la réserve finit par atteindre l’immense pianiste. Il ne faut qu’écouter la vie, l’appel à l’ivresse de la danse russe de Petrouchka pour mesurer la spontanéité miraculeuse du jeu de Gilels. Un géant assurément du piano au XXème. Réédition légitime. Pour son centenaire, Deutsche Grammophon devait bien souligner l’originalité puissante d’un interprète à bien des égards fascinant. Cet inédit rend hommage à son très grand talent. A écouter absolument. Simultanément à DG, Sony classical célèbre aussi le talent impressionnant de Gilels, en rééditant l’intégrale des enregistrements RCA et Columbia. Compte rendu critique à venir sur classiquenews.com . CD, compte rendu. Emil Gilels, piano : récital de Seattle 1964 : Beethoven, Chopin, Debussy, Prokofiev (1 cd Deutsche Grammophon) — Parution le 19 août 2016.

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14 août

Pour les nostalgiques de Frederica von Stade

« Frederica von Stade : The Complete Columbia Recital Albums ». Œuvres de Claudio Monteverdi (1567-1643), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Gioacchino Rossini (1792-1868), Hector Berlioz (1803-1869), Jacques Offenbach (1819-1880), Jules Massenet -1842-1912), Claude Debussy (1862-1918), Richard Strauss (1864-1945), Maurice Ravel (1875-1937), Joseph Canteloube (1879-1957), etc. Avec : Frederica von Stade, mezzo-soprano ; Kathleen Battle, Judith Blegen et Renée Fleming, sopranos ; Nicolaï Gedda, ténor ; Thomas Hampson, baryton ; Martin Katz, piano ; Wynton Marsalis, trompette, etc. London Philharmonic Orchestra, Boston Symphony Orchestra, Scottish Chamber Orchestra, Berliner Philharmoniker, etc., direction : Claudio Abbado, Andrew Davis, Antonio de Almeida, Raymond Leppard, Seiji Ozawa, André Previn, etc. 18 CD. SONY Classical 88875183412. Enregistrements réalisés entre 1974 et 2000.




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13 août

Les Clefs de l’orchestre et JF Zygel sur France 5

FRANCE 5. Les Clefs de l’Orchestre, JF Zygel, les 14, 21, 28 août 2016. Jean-François Zygel et l’Orchestre philharmonique de Radio France sont de retour sur France 5 avec plusieurs inédits, nouveaux sujets qui revisitent et décortiquent les oeuvres majeures de la musique classique. Rachmaninov le 14 août ; Mozart, le 21 ;Moussorgski le 28 août prochains… professeur éclairé, éloquent, à l’érudition accessible, le pianiste improvisateur Jean-François Zygel dévoile la fabrique et les secrets de conception des grande sages orchestrales du classique. Cet été, pour les 3 derniers dimanches d’août 2016, soit à partir de 22h40, France 5 se met au classique et vous fait explorer la musique de l’intérieur : découvrir, comprendre, se délecter, telles sont les étapes jouissives des « Clefs de l’orchestre » sur France 5… 3 rvs incontournables. Danses symphoniques de Rachmaninov DIMANCHE 14 AOUT 2016 à 22h45 (durée : 1h20) De Rachmaninov, on connaît d’abord les grandes œuvres pour piano : les virtuoses jouent les études tableaux, les amateurs préfèrent les préludes et les amoureux du monde entier se déclarent au son de l’un des quatre concerto pour piano. Rachmaninov n’était pas seulement compositeur, c’était aussi un des plus grands pianistes du XXème siècle. En 1940, exilé aux Etats-Unis, il compose sa dernière œuvre, son testament musical: “Les Danses Symphoniques”, concues quelques années avant sa mort et dont il disait qu’elles étaient : « ma dernière étincelle ». À l’origine, le compositeur voulait appeler ses Danses, ”Danses fantastiques”; il aurait baptisé les trois mouvements respectivement : midi en référence aux moments de la journée mais également aux phases de la vie, auquel il associe deux autres volets tout autant emblématiques : crépuscule et minuit. L’œuvre est donc structurée telle un triptyque d’essence poétique symboliste et fantastique; musicalement de facture classique… Le cycle reste plein de mystère, révélant dans un mouvement rétrospectif intime la profonde mélancolie du musicien expatrié de sa Russie natale et aussi ce flamboiement sensuel et dramatique qui déjà du temps de la fin de ses études à Moscou, l’avait propulsé de façon spectaculaire sur la scène lyrique : ses opéras de jeunesse anormalement peu joués en témoignent : Alenko, Le chevalier Ladre, Francesca da Rimini. … de ce formidable triptyque de la jeunesse cette fois témoigne un excellent dvd miroir d’un jeune génie né pour le drame post romantique, sombre, lugubre, enivré. … Danses symphoniques de Rachmaninov. Avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, Direction : Joshua Weilerstein — Enregistré le 28 et 30 mai 2015 à l’auditorium de la Maison de la Radio. Réalisation : Colin Laurent Symphonie n°25 de Mozart DIMANCHE 21 AOUT 2016 à 22.45 (durée : 1h) Mozart n’a que 17 ans quand il compose la Symphonie n°25. Le thème de son premier mouvement est l’un des plus connus de la musique, c’est par lui que commence “Amadeus”, le film de Milos Forman. Comme le dit Jean-François Zygel, c’est « une symphonie étonnante, théâtrale, étincelante ». On est loin d’une simple œuvre de jeunesse – Mozart y joue avec les codes : l’œuvre est un prototype, un champ d’expérimentation. Car malgré sa jeunesse, Wolfgang Mozart ose tout et bouscule les codes : 2 hautbois, 4 cors et les cordes (plus deux bassons dans le second mouvement) – et c’est tout, pas de cuivres ni de clarinettes ou de timbales comme dans les orchestres classiques. Mozart cherche une sonorité d’orchestre singulière avec laquelle il puisse construire en musique des personnages de théâtre. La Symphonie n°25 est un « opéra sans parole », dont chaque thème dessinerait en musique un personnage… Ainsi se précise une tendance précoce pour la subtile et secrète caractérisation dramatique de l’orchestre même sans chanteurs et sans mise en scène, sans situation visuellement explicite, Mozart fait parler et jouer les instruments. c’est aussi la vision lyrique symphonique défendue avec quelle subtilité par la chef d’orchestre Debora Waldman dans le programme Pur Mozart où la fondatrice de l’orchestre Idomeneo dirige alternativement ouverture, airs d’opéras et symphonie de Mozart. Voir notre reportage video Debora Waldman et Idomeneo jouent Mozart Symphonie n°25 de Mozart. Avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Direction : Ton Koopman -Enregistré le 26 et 27 juin 2015 à l’auditorium de la Maison de la Radio- Réalisation : Jean-Pierre Loisil en coproduction avec Radio France. MOUSSORGSKI : Tableaux d’une exposition Les Tableaux d’une exposition de Moussorgski (dans l’orchestration de Maurice Ravel) DIMANCHE 28 AOUT 2016 à 22.45 (durée : 1h10) En 1873, le compositeur Modeste Moussorgski pleure son ami peintre disparu Viktor Hartmann. Un an plus tard, il écrit une œuvre pour piano en dix mouvements qui reproduit en musique l’idée d’une visite d’une exposition de tableaux de Hartmann. Concordance artistique : 1874 est l’année majeure de la première exposition impressionniste à Paris. En 1922, Maurice Ravel entreprend d’orchestrer pour un grand orchestre « les Tableaux d’une exposition», et l’œuvre devient mondialement célèbre. A partir de Ravel, ils seront des milliers à s’amuser à « ré-orchestrer » les « Tableaux ». Classique, Rock, jazz, psychédélique, les « Tableaux » seront mis à « toutes les sauces ». Même Michael Jackson s’est amusé avec un extrait des « Tableaux » dans son album History. Jean-François Zygel, avec la complicité de l’Orchestre Philharmonique de Radio France revient à l’origine de cette œuvre dramatiquement ciselée car Moussorgski prend prétexte de chaque tableau de l’exposition pour en exprimer le drame et l’ancrage dans les mythes et légendes russes. Cest tout un univers qui surgit sorcière et bestiaire fantastique, architecture médiévale saisissante et emblématique. Rave ne dénature en rien la force évocatrice du compositeur russe : son orchestration toute en finesse souligne au contraire le génie expressif et mélodique du plus grand compositeur russe à l’opéra avant Tchaikovski. Repartir de la version pour piano, écouter et explorer la version de Ravel mais aussi des orchestrations plus rares, autant de pistes mises en place par Jean-François Zygel pour montrer le génie de l’écriture pour orchestre de Ravel et les artifices utilisés par d’autres pour se réapproprier la promenade musicale imaginée par Moussorgski. La palette des timbres du Philharmonique de Radio France se met au diapason de raffinement et de l’extrême sensibilité ravélienne; de sorte que pour tous les orchestres, la partition ravélienne est à la fois défi et accomplissement. Jean-François Zygel avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Marzena Diakun.

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10 août

LOIRE (42). Musicales de Pommiers, jusqu’au 14 août 2016

LOIRE (42). Festival Les Musicales de Pommiers: 5-7 puis 12-14 août 2016. Les frères La Marca, fondateurs, invitent à un festival de musique de chambre dans la Loire, en deux temps cet été, au mois d’août. Artistes de renom et jeunes musiciens se donnent rendez-vous à Pommiers-en-Forez (42), dans la Loire, pour deux week-ends de découvertes, de musique classique et de jazz. Rien de mieux que l’ivresse des sons portés par la complicité d’instrumentistes enthousiastes / exigeants pour vivre et découvrir la richesse patrimoniale d’un territoire vert et architecturé : les concerts et les rencontres avec les artistes (instrumentistes et compositeur) ont lieu dans le cloître, l’église du Prieuré et dans le Prieuré lui-même. Fondé par Adrien et Christian-Pierre La Marca, respectivement altiste et violoncelliste, le festival Les Musicales de Pommiers invite talents et sensibilités aiguisés dans le cadre sublime du prieuré de Pommiers (XIIème siècle), un lieu de création musicale pour son exceptionnelle acoustique. Cette année, le compositeur contemporain Philippe Hersant est en résidence : plusieurs de ses pièces seront donc jouées. Tempérament chambristes à Pommiers LE PRIEURE DE POMMIERS-EN-FOREZ : UNE HISTOIRE FRATERNELLE POUR LA MUSIQUE… Faire venir de jeunes musiciens dans la Loire et rendre plus accessible la musique classique est l’objectif défendu par Christian-Pierre La Marca (photo ci contre) et son frère Adrien. Adrien, altiste âgé de 25 ans, a été révélation soliste instrumental aux Victoires de la musique classique 2014. Christian-Pierre, 30 ans, est violoncelliste (Révélation classique de l’Adami et lauréat du Prix des radios européennes). Les deux frères ont créé le festival à Pommiers, en hommage à Joseph, leur père, décédé récemment. Musicien, enseignant et chef d’orchestre, Joseph, souhaitait transformer le Prieuré de Pommiers-en-Forez en « laboratoire sonore », en exploitant en particulier son acoustique exceptionnelle. En 2013, la première édition des Musicales de Pommiers, déployée sur deux jours, avait marqué les esprits par l’adéquation entre le geste artistique et l’écrin destiné à le recevoir. En 2016, la 4ème édition offre 2 week ends intenses : 6 concerts et rencontres les 5, 6 et 7 août ; même rythme les 12, 13 et 14 août… Le Festival programme ainsi Beethoven, Brahms, Debussy, Ravel, Dvorak et bien sûr Philippe Hersant qui colore de façon spécifique cette édition des Musicales du Pommiers 2016. Saluons la présence de deux jeunes pianistes, de caractère et de tempérament bien trempés : Lise de la Salle, David Kadouch,… En prime, du jazz (L’art du Jazz avec Yarn Herma, le 6 août à 19h), puis Michel Portal chez Mozart et en duo Jazz (le 6 également, à 20h) ; Rencontre événement pour identifier « les clé du concert ou l’Art de la composition » avec Philippe Hersant évidemment, le 13 août, 19h : une soirée avec Sirba Octet (« A Yiddishe Mame », le 13 août, 20h30); une incitation/initiation aux tubes classiques (café concert : « Je n’aime pas le classique, mais ça j’adore », le 14 août, 11h) ; enfin soirée de clôture avec un plateau de complices irrésistibles, à l’église du Prieuré, le 14 août 2016, 20h30 : « final / Grands chefs d’oeuvres » (Pièces pour piano de Philippe Hersant par David Kadouch, puis Quintette de Dvorak et Octet de Schubert… Voir la programmation complète : http://www.lesmusicalesdepommiers.com/programme-2016-1/ Reportage vidéo http://culturebox.francetvinfo.fr/musique/jazz-blues/musicales-de-pommiers-161351 Les Musicales de Pommiers 2016 / 2 week ends 5-7 août puis 12-14 août 2016 – Billetterie et réservations : sur le site des Musicales de Pommiers – Tél: 06 70 82 96 59 / 04 77 65 42 33 – Prix des places pour concerts et rencontres « clés » : entre 5 € / 25 € — FORFAITS : pass Clé + concert : entre 18 et 28 euros ; pass week end : entre 55 et 90 euros. Pass festival 2016 : entre 100 et 160 euros — Promenades musicales : entre 4 et 8 euros. Bien se faire préciser l’emplacements de fauteuils pour les concerts (allées latérales avec visibilité réduite, ou visibilité totale). CONSULTER la page des tarifs sur le site du Festival Les Musicales de Pommier : http://www.lesmusicalesdepommiers.com/tarifs/ Les Musicales de Pommiers, Festival de musique de chambre au cœur de la Loire. Direction artistique : Christian-Pierre & Adrien La MARCA. Compositeur en résidence : Philippe Hersant Prieuré de Pommiers, Pommiers-en-Forez – Loire (42) Avec : François-Frédéric Guy, Lise De La Salle, Amandine Savary, David Kadouch,Yaron Herman Michel Portal, Liya Petrova, Yossif Ivanov, Jack Liebeck, Elise Thibaut, Lola Descours, Adrien La Marca, Sirba Octet, Aurélien Pascal, Christian-Pierre La Marca, Philippe Hersant APPROFONDIR : la Rédaction de classiquenews a récemment salué l’excellent disque CANTUS de Christian-Pierre La Marca, CLIC de CLASSIQUENEWS de février 2016



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7 août

Jane Mortier et la Sonate I.X.1905 de Janáček

Jane Mortier et la Sonate I.X.1905 de Janáček Année 1926. En Tchécoslovaquie, Janáček, 72 ans, plus que jamais actif travaillait à plusieurs compositions. La Sinfonietta jaillit de son imagination. A son retour de Grande Bretagne, il mit en chantier un concerto pour violon Errance d’une âme qu’il n’acheva pas. Dans son havre de paix estival, la station thermale de Luhačovice, il entreprit la Messe glagolitique. A l’automne ce fut au tour du Capriccio pour main gauche au piano et petit ensemble de naître, suite à une commande du pianiste Otakar Hollmann qu avait perdu l’usage de sa main droite, et enfin il révisa et amplifia sa première version des Řikadla sans compter l’écriture d’un «poème symphonique» Le Danube lui aussi inachevé. A soixante-douze, son activité créatrice ne faiblissait pas. Depuis le succès pragois de Jenůfa, qui remontait à déjà dix ans, l’étoile de Janáček ne cessait de grandir. Non seulement dans son propre pays, mais également dans les contrées voisines et notamment en Allemagne. L’événement déclencheur fut la création à Berlin de Jenůfa par Erich Kleiber en 1924. Comme une vague, dès l’année suivante, une dizaine de villes monta une nouvelle production de cet opéra. Aix la Chapelle, Fribourg emboitèrent immédiatement le pas à Berlin. De Brême à Magdebourg, en passant par Osnabruck, Darmstadt, Augsbourg, Nuremberg, Cobourg et Gera, chacune de ces maisons d’opéra se hâta de monter Jenůfa au cours de cette année. En 1926, quinze autres maisons allemandes d’opéra se lancèrent dans l’aventure. 1926, c’est aussi l’année où Janáček, invité en Grande-Bretagne par Rosa Newmarch, noua des contacts avec des musiciens anglais, Henry Wood à leur tête. Et en France, que se passait-il avec la musique de Janáček ? Si Václav Štepán (1), Blanche Selva (2) dès 1920 avaient tenté d’attirer l’attention sur ce compositeur, sans vraiment intéresser leurs lecteurs. Les quelques intellectuels (comme Camille Mauclair) qui tournaient leurs regards vers l’Europe centrale, lorsqu’ils évoquaient la situation musicale en Tchécoslovaquie saluaient Smetana, le créateur de la musique tchèque, comme on le définissait alors et Dvořák, auréolé de ses succès en Grande-Bretagne et à New-York, mais ignoraient Janáček. Au cours d’une soirée musicale, en 1922, Henry Prunières qui dressait un tableau des tendances musicales européennes en excluait le compositeur de Jenůfa. Dans les salles de concert de l’Hexagone, on n’avait entendu de lui que six ouvrages (3) différents, tous interprétés par des musiciens tchèques (4) à l’occasion d’une de leurs tournées françaises. Un très léger sursaut intervint en 1925 lorsque le même Henry Prunières lors de son séjour pragois assista aux évolutions d’une certaine Petite Renarde, rusée de surcroît. Il en parla assez longuement dans les pages de sa Revue musicale. Il se mit en quête d’un musicographe pour révéler ce compositeur atypique. C’est ainsi qu’Erwin Felber, dans une dizaine de pages de La Revue musicale en août 1926, dévoila le corpus de Janáček et tenta de percer les secrets de la vive originalité de sa musique «avec sa tendresse intime et sa rudesse extérieure (5)». Il n’hésita pas, à propos de ses travaux théoriques à comparer le compositeur morave à Schoenberg ! Quelques interprètes français à ce moment souhaitèrent aller à la rencontre de la musique de Janáček. La première s’appelait Jane Mortier. Cette pianiste n’était pas une inconnue dans le microcosme musical parisien. Sans appartenir au cercle des Apaches qui réunissait autour de Maurice Ravel un groupe de poètes, de peintres et de musiciens au début des années 1900, elle avait côtoyé certains de ses membres. Par ailleurs, elle créa le premier livre des Préludes de Debussy et soutint Satie (6) en promouvant régulièrement sa musique. Mais surtout, pendant la bonne vingtaine d’années pendant laquelle elle exerça son art, soit en gros entre 1910 et 1930, elle se signala par son attachement - d’aucuns diraient par son dévouement - aux œuvres de ses contemporains. Si elle fut identifiée comme une interprète fervente de Liszt, on la reconnaissait surtout comme la traductrice des différentes tendances de la création musicale de son temps à travers les œuvres de Schmitt, de Roussel, Ravel, Debussy, Dukas, mais aussi de Ropartz, Grovlez - ce dernier bien oublié aujourd’hui - de Max Jacob, Sauguet et des musiciens du Groupe des Six (Germaine Tailleferre lui dédia une sonatine). Elle collabora parfois aux concerts des Fêtes du Peuple qu’Albert Doyen  animait. De son piano et avec sa connaissance des mouvements actuels de la musique française, elle organisa des séances originales qui se tinrent à la Sorbonne dans le cadre du Groupe d’Etudes Philosophiques et Scientifique pour l’examen des tendances nouvelles, dont l’intitulé définissait bien les lignes de recherche. C’est ainsi que les membres du Groupe des Six tinrent souvent la vedette de ces récitals-conférences que l’amphithéâtre Descartes accueillait. Elle était liée aux mouvements artistiques et littéraires qui secouaient le paysage culturel français du début du siècle.  C’est ainsi que, grâce à son mari, le peintre Robert Mortier, elle côtoya une partie de l’avant-garde artistique ; elle rencontra le poète Guillaume Apollinaire que le couple Mortier reçut plusieurs fois dans son domicile à Nice en 1914. Le poète, lorsqu’il fut mobilisé à Nîmes, expédia cinq lettres à son hôtesse, quelques semaines plus tard. Dessin représentant Jane Mortier  paru dans la revue S.I.M. en 1913D’ailleurs, durant la courte existence de la revue Action (7) que son mari dirigeait avec l’écrivain d’art Florent Fels - qui publia poèmes et articles d’Antonin Artaud, Raymond Radiguet, Max Jacob, entre autres, ainsi que des reproductions de dessins et tableaux d’un certain nombre d’artistes tels Robert Mortier, Marcoussis, Survage, Luc-Albert Moreau - Jane Mortier rédigea elle-même au moins deux articles. Par exemple,  La musique aux USA en 1921 et Virtuosité, tu n’es qu’un mot… et le pire ! en avril 1922. Dans cette dernière chronique, elle s’offusquait contre une pratique digitale - qui malheureusement continue de sévir en notre siècle - qui favorisait plutôt le paraître que l’être. Après avoir reconnu que « Paris centre d'art du monde attire du fin fond de l'univers tous les spécialistes du clavier et de la corde — sans apporter l'humilité si nécessaire à la religion de notre art», elle affirmait « Or, si la virtuosité est un moyen, elle n'est nullement une fin», pour ensuite préciser sa pensée, « Nous devons palpiter des seules joies intérieures, nous devons avoir en nous un élément héroïque pour que notre interprétation paraisse limpide, nous devons casser nos chaînes pour apparaître devant l'univers (la salle de concert étant notre univers d'un soir) source de joie et de bonheur». Un peu plus loin, elle affinait son analyse : « Ne trahissons jamais la pensée si vibrante des maîtres. Extériorisons-la, afin que par une pente naturelle elle touche l'auditeur, le force à penser, s'impose à lui en un mot, et qu'il parte grandi. Voilà notre vrai rôle. Nous sommes des traduttori et non des tradittori». Le jeu de mots que la langue italienne permettait plus facilement que la langue de Molière, opposant les traducteurs aux traditionalistes, l’amenait à clarifier sa position, « J'apporte mon tribut d'admiration aux chefs-d'œuvre antérieurs — mais j'ai toujours voulu et je veux encore aider à la diffusion de tout ce qui a surgi depuis» sans se cacher les difficulté de cette tâche, « Je sais par expérience combien il est difficile de faire admettre une formule neuve, tout le mal qu'on a à entraîner les esprits avec soi, combien de gens aiment à se gargariser avec leurs vieilles admirations et comme aussi il est plus commode de rester dans l'inertie qui est le contraire de la Vie même». Ajoutons encore qu’elle citait les noms de six pianistes «spécialisés dans les programmes utiles (8)» c’est-à-dire dans la promotion des compositeurs de leur temps : Blanche Selva (9), Marcelle Meyer (10), Léo-Pol Morin (11), Joaquim Nin (12), P. Lucas (13), Ricardo Viñes (14). Si les noms des deux premières et du dernier nommé sont encore familiers une centaine d’années plus tard, les trois autres sont relativement oubliés aujourd’hui. Joaquim Nin est plus connu en tant que compositeur qu’en tant qu’interprète. Quant à Léo-Pol Morin, ce pianiste canadien qui fit une partie de ses études musicales à Paris, il jouit d’une renommée plus grande dans son pays que de l’autre côté de l’Atlantique. A propos de Jane Mortier, Léo-Pol Morin et Pierre Lucas qui donnèrent un concert à deux et trois pianos en avril 1925, Paul Le Flem écrivit «Les effets déplacés, les faux commentaires ne trouvent pas grâce chez ces trois artistes, nourris de la plus saine culture (15)». Pourquoi Jane Mortier, dans son article, ne nommait-elle que six pianistes ? En fait, pour la plupart d’entre eux, ils appartenait au même courant musical dans lequel ils se retrouvaient, partageant chacun leur goût pour la musique française contemporaine et la musique hispanique pour lesquelles ils avaient l’occasion de jouer parfois ensemble. En ce qui concerne Blanche Selva, c’était peut-être plus par déférence envers elle que par un compagnonnage fructueux, mais Jane Mortier reconnaissait les modifications dans la pratique d’interprète de Blanche Selva qu’elle avait introduites depuis quelques années. Ce ne fut pas la seule incursion de la pianiste dans le domaine de l’écriture. Il est vrai que, rompue à l’art d’explications des œuvres qu’elle interprétait au cours de ses concerts, le passage de l’oral à l’écrit ne lui posa pas de problème. Quelque temps plus tôt, Jane Mortier, sans doute à l’invitation de ses amis québécois, avait rédigé un article L’œuvre de Liszt qui trouva sa place dans le n° 8 - août 1918 -  de l’éphémère revue canadienne Nigog qui ne parut que durant cette année 1918. Ce qu’elle écrivit sur Liszt mérite quelques citations tant son analyse s’avère originale «En un mot, on ne peut comprendre le Liszt du piano que comme un explicateur de son propre orchestre. Il jouait du piano avec une telle magnificence et il s'était acquis tant de gloire, qu'il a failli être enseveli dans son triomphe, et mettre cette gloire en viager». Elle n’hésitait pas à lui faire tenir une place primordiale dans le romantisme : «Héritier de Bach et de Beethoven, émule de Chopin, de Berlioz et de Schumann, inspirateur et excitateur de Wagner, précurseur de Franck et même de Strauss et de certains modernes, divulgateur des rythmes slaves en même temps que Chopin, avant Borodine, Dvorak et Smetana, missionnaire d'art infatigable, Liszt aura été au coeur du XIXe siècle, un des hommes les plus représentatifs, une force inouïe, une âme inoubliable». Pour en revenir à la musique, il faut encore ajouter les tournées de Jane Mortier en Espagne, au Canada, aux USA, en Tchécoslovaquie, pays où elle révéla les diverses voies empruntées par les compositeurs français de son temps. Lorsqu’elle fut décorée de la légion d’honneur en 1928, ses actions culturelles qui sortaient un peu de l’ordinaire et ses tournées à l’étranger pour promouvoir l’école moderne française ne furent sans doute pas étrangères à l’obtention de cette distinction. Annonce d'un concert de Jane Mortier en 1920Attardons nous un instant sur les séances insolites (16) de ce Groupe d’Etudes sis à la Sorbonne. «Le Groupe d’Etudes Philosophiques et Scientifiques pour l’examen des tendances nouvelles, dont la section musicale est organisée par Mme Jane Mortier, poursuit, avec un succès de plus en plus étendu, la série des concerts de musique actuelle. On peut dire maintenant d’une façon certaine que nous possédons un foyer vivant de musique moderne. […] Les meilleurs interprètes spécialisées en ces matières, Mmes Jane Mortier et Jane Bathori, ont mis leur réelle valeur au service de cette cause». Le chroniqueur soulignait le rôle majeur de la pianiste française dans l’organisation de ces séances. Il qualifiait  son talent de Jane Mortier «souple, humain, profond et vivant (17)». Retenons la fonction de «foyer vivant de musique moderne», pas si fréquente à cette époque, qui autorisait parfois des ouvertures vers d’autres voies que celles qui s’exprimaient dans la musique française. Musicologues, musicographes et historiens de la musique ne se sont pas bousculés pour examiner la place de l’interprète Jane Mortier dans l’évolution de l’adhésion du public à la musique moderne du premier quart du vingtième siècle. Aucune étude, ni sommaire, ni détaillée n’a paru sur cette pianiste. C’est bien dommage. Dans les témoignages historiques de son temps, on ne trouve pratiquement aucun renseignement sur Jane Mortier (18). Après de patientes recherches, je peux indiquer que Jeanne Vasseur naquit à Versailles le 1er janvier 1879 de parents, professeurs de musique tous les deux ; son père, Léon Vasseur, composa des opérettes qui connurent un certain succès. Elle entra au Conservatoire où, à quatorze ans, elle obtint un grand prix d’honneur. Elle se maria, toujours à Versailles, le 18 octobre 1906 avec le peintre Robert Mortier, niçois d’origine. Quand elle commença sa carrière d’interprète, elle transforma son prénom d’état-civil en Jane, prénom de scène. Son mari mourut en 1940 (né en 1878). Je n’ai pas encore découvert la date du décès de Jane Mortier. Nous avons déjà évoqué la figure de la pianiste Blanche Selva qui se passionna pendant quelques années pour la musique tchèque. Cette passion la quitta presque au moment où Jane Mortier s’y intéressa (19). En 1926, dans le cadre d’un concert soutenu par des associations tchéco-slovaques, sans qu’on puisse désigner plus précisément qui les constituaient, Jane Mortier et le quatuor Novak-Frank, le 10 avril, dans la salle des Agriculteurs, déroulèrent un fil musical, qui après un hommage à Mozart et à quelques compositeurs français de cette époque, (Max Jacob, Satie, Milhaud), reliait Martinů, Suk, Novak, Dvořak et Janáček (20). Jane Mortier donna en première audition française un extrait de la Sonate I.X.1905 et plus précisément son deuxième mouvement Smrt (La Mort). Paul Le Flem, dans quelques lignes de Comoedia, salua cette soirée en ces termes : « Sous le patronage du Conseil central des associations tchécoslovaques, auteurs tchèques et français fraternisaient tout dernièrement sous l’égide du tendre Mozart. Un Quatuor de Dvorak, un autre de B. Martini (21), jeune compositeur tchèque remarquablement doué, ont été fort bien joués par le quatuor Novak-Frank (22), dont il faut louer les moyens splendides et aisés, la discipline, le style vivant et chaleureux. Mme Jane Mortier joua en pianiste compréhensive, diverses pièces d’auteurs contemporains. Elle apporta, dans la défense de cette musique, une sensibilité, une vivacité d’accent, dont ne s’étonneront pas tous ceux qui connaissent cette artiste aussi zélée que parfaite musicienne (23)».  Croquis de Jane Mortier paru dans Le Guide du Concert.Comme souvent, le chroniqueur retenait avant tout la performance des interprètes et ne disait rien des œuvres entendues. Si les mélomanes avaient été familiarisés avec les œuvres interprétées, ce serait compréhensible, mais en dehors des pièces des compositeurs français que Jane Mortier et d’autres pianistes avaient déjà jouées, ce n’était pas le cas de celles de Suk, Janáček et Novák. Il faut croire que ces pièces n’impressionnèrent guère Paul Le Flem, musicien pourtant ouvert à d’autres musiques que celles qui prévalaient à l’époque. Cette première audition de la Sonate de Janáček, amputée de son premier mouvement, fut un coup pour rien. Elle n’aurait pas été jouée qu’il en aurait été de même. Dès 1922 au moins, Jane Mortier s’était rendue à Prague pour y faire découvrir la musique française actuelle. Cette pianiste, ouverte à la production de ses contemporains, ne pouvait qu’être attentive à la création venant d’autres horizons. Les pièces de Suk et de Novák étaient jouées à Prague depuis quelques années par ses homologues tchèques et si la pianiste française ne les avait pas entendues au cours d’un concert, elle pouvait facilement se procurer les partitions sur place. Il n’en était pas de même pour la Sonate de Janáček dont l’édition et la première audition pragoise datait de 1924. Les deux cycles, Sur un sentier recouvert et Dans les brumes ne parurent chez un éditeur à couverture nationale, à Prague, qu’en 1924 et 1925. A moins d’avoir effectué le voyage à Brno, il était difficile à Jane Mortier d’en prendre connaissance. Il est probable toutefois que la notoriété de Janáček qui grandissait à Prague et dans le pays ait touché la pianiste française. Toujours est-il que, cette fois-ci dans le cadre du Groupe d’Etudes philosophiques et Scientifiques, Jane Mortier réunit à la Sorbonne, le 7 mars 1927, Jane Bathori, Julia Reissorová (24), A. Gofman, Mme Novák et les danseurs Lydia Wisiakowá et Václav Veltchek (25) pour une soirée entièrement consacrée à la musique tchécoslovaque (26). Et qu’on y rencontra, pour une deuxième audition, la Sonate de Janáček. En huit parties, le programme présentait un éventail assez conséquent et emblématique de la musique tchèque de la période d’après-guerre. Bohuslav Vomáčka, Karel Boleslav Jirak, Leoš Janáček, Julia Reissorová, Jaroslav Křička, Ladislav Vycpálek, Alois Hába, Vitezslav Novák, H. Hibler, J. Kalas, Bohuslav Martinů (27),  Otakar Ostrčil constituaient ce panel. En dehors de Hibler et Kalas  au sujet desquels je ne dispose d’aucune information, de Novák et bien sûr de Janáček, tous les autres compositeurs appartenaient quasiment à la même génération puisque leur date de naissance se situe entre 1879 et 1891. C’est surtout après la fin de la première guerre mondiale que leurs œuvres s’ouvrent un chemin dans la musique de leur pays. Il était assez rare qu’un concert propose un nombre de pièces aussi important  (une vingtaine) ; Cette avalanche de noms quasiment inconnus pouvait déconcerter les auditeurs. De cette liste de douze compositeurs, les personnes présentes ce soir-là à la Sorbonne pouvaient-elles imaginer qu’au début du siècle suivant, Janáček serait reconnu comme un maître, certes insolite, mais incontestable ? Entre les deux incursions en terre française de cette Sonate, comme si l’engagement provisoire de Jane Mortier envers Janáček avait déclenché un mouvement, faible il est vrai, d’autres musiciens hexagonaux se frottèrent à sa musique et donnèrent deux nouvelles premières auditions à Paris, le violoncelliste André Huvelin avec Pohádka, le 10 avril 1926, et le violoniste Pierre Lepetit (28) avec la Sonate pour violon et piano (29), le 31 mars 1927. Mais toutes ces tentatives aboutirent à des échecs. Le public n’était pas mûr pour commencer à apprécier cette musique. Ces quelques interprètes ne furent donc pas encouragés à renouveler leurs essais. Au début des années 1920, si les écrits de Blanche Selva, ceux de Štěpán avaient bien cité Janáček, de façon plutôt brève, ceux de Mauclair ne l’avaient pas mentionné. Malgré l’investissement méritoire des trois interprètes français (Jane Mortier, André Huvelin, Pierre Lepetit), même s’il se révéla timide en terme de durée, on resta dans l’ignorance du monde musical du compositeur tchèque. Cet état de fait se prolongea longtemps. Pour son action énergique envers la musique pour piano de son temps et pour la révélation de la Sonate I.X.1905 de Janáček, qui pour cette dernière s’il ne déboucha pas sur un succès, ni provisoire, ni pérenne, il convient de rappeler l’ intense activité de la pianiste Jane Mortier qui mérite de ne pas tomber dans l’oubli. Joseph Colomb - juillet 2016 L’iconographie publique et connue touchant Jane Mortier s’avère plutôt maigre. La plus ancienne photographie remonte à fin 1906 ou une année postérieure. On y voit Jane Mortier devant un piano en compagnie de son mari, de Ricardo Viñes, de l’abbé Léonce Petit et de Maurice Ravel, trois représentants des «Apaches». Un dessin publié par la revue de la Société Internationale de Musique le 1/12/1913 la montre interprète inspirée par Franz Liszt. En 1918, lors de sa tournée canadienne, on retrouve Jane Mortier et son mari avec Léo-Pol Morin et les fondateurs de la revue Nigog sur au moins deux photographies. Enfin, Le Guide du Concert croqua son portrait dans une de ses éditions des années 1920. Quelques journaux nationaux ajoutèrent à leurs critiques musicales à deux ou trois reprises des photographie en petit format et de piètre qualité de Jane Mortier, toujours dans les années 1920. Il existe certainement d’autres clichés, mais ceux-ci dorment dans des archives privées. Notes 1. Václav Štepán créa à Lyon, le 11 février 1923, le cycle Dans les brumes qui n’impressionna ni les critiques présents, ni le public. 2. Blanche Selva ne joua aucune œuvre de Janáček en France. 3. Le chœur Maryčka Magdonová fut donné en 1908, ainsi que deux extraits des Quatre chœurs pour voix d’hommes par la Chorale des instituteurs moraves en 1908 à Paris, un seul extrait de La poésie populaire morave en chansons en 1920, Le Journal d’un disparu en 1922, Dans les brumes en 1923 et le chœur Les 70 000 de nouveau par les instituteurs moraves en 1925. 4. A l’exception de Mischa-Leon, ténor danois, qui avait révélé Le Journal d’un disparu aux Parisiens en décembre 1922 sans que ses auditeurs aient été frappés par la modernité de l’ouvrage. 5. La Revue musicale, août 1926, article du musicologue autrichien Erwin Felber (1885 - 1964) Felber assista à Prague en 1925 au festival de Société Internationale de Musique Contemporaine. 6. Erik Satie dédia à Jane Mortier le troisième morceau de ses Embryons desséchés composés en juin-juillet 1913, de Podophthalma. Étonnamment, Satie se départit quelque peu de sa lenteur et offrit à sa dédicataire un exercice de virtuosité gratuite comme elle ne les aimait pas. Une preuve de plus de l’esprit du compositeur.  7. Douze numéros s’étalèrent de 1920 à 1922. 8. Revue Action, mars 1922. 9. Blanche Selva (1884 - 1942), pianiste française. Même si on l’associe le plus souvent à l’école musicale de l’austère Vincent d’Indy, elle se pencha aussi sur des partitions de ses contemporains qu’ils appartiennent ou non au courant franckiste. Voir ses rapports avec la musique tchèque et Janáček en particulier. Guy Selva lui a consacré un livre important, Une artiste incomparable, Blanche Selva, pianiste, pédagogue, musicienne. 10. Marcelle Meyer (1897 - 1958), interprète inspirée de ses contemporains tout autant que de Couperin, Rameau, Bach et Scarlatti. 11. Léo-Pol Morin (1892 - 1941) pianiste, compositeur, critique, professeur canadien. Lors de ses séjours français, il se lia avec des musiciens de son temps, Ravel, Viñes en particulier.12. Joachim Nin (1879 - 1949) pianiste et compositeur cubain. 13. Pierre Lucas, pianiste, se signala dès le début des années 1910 par des programmes de musique moderne avec Debussy, Florent Schmitt, Ravel, Déodat de Séverac. En 1913, il joua en duo avec Jane Mortier des œuvres de ses contemporains. En 1925, c’est avec Ricardo Viñes qu’il se produisit. La même année, il créa le Conservatoire International de Musique de Paris. 14. Ricardo Viñes (1875 - 1943), pianiste espagnol, ami de Ravel, Debussy, de Falla, interprète d’un grand nombre de leurs œuvres. 15. Comoedia, 27 avril 1925. 16. insolites autant par le lieu, un amphithéâtre plus habitué à recevoir des professeurs et des étudiants que des musiciens, que par le déroulement du concert, des informations sur chacune des œuvres avant leur audition. Blanche Selva s’y était essayée quelques années auparavant. 17. Revue Lyrica, février 1929, article non signé. 18. L’écrivaine Gabrielle Rival  dans son livre La chaîne des dames (édité en 1924) consacra quelques pages à Jane Mortier, ainsi qu’à Colette, Lucie Delarue-Mardrus, Anna de Noailles et d’autres poétesses, comédiennes et artistes. 19. A l’un des Concerts Alexandrovitch de février 1924, Jane Mortier accompagna la cantatrice Urbanková dans des mélodies de compositeurs tchèques (Dvořák, Smetana, etc.). 20. Programme de ce concert : Mozart, Quatuor en ré majeur - Max Jacob, 3 Romances sans paroles - Satie, Sonate bureaucratique - Milhaud, Saudades do Brazil, 2 extraits : Sumare, Laranjeiras - Martinů, Quatuor à cordes n° 2 - Suk, A travers la vie et le rêve, n° 1 - Janáček, Le 1er octobre 1925 : La Mort - Novák, Mon mai - Smetana, La vision d’un bal, Danse tchèque : L’Ours - Dvořák, Quatuor en la bémol majeur. 21. Pendant de longues années, la presse française se signala par des coquilles qui touchaient la plupart des artistes étrangers, compositeurs compris, hors de la sphère germanique et italienne. Ici, on italianisa en Martini le nom du musicien tchécoslovaque Martinů. 22. La Quatuor Novák-Frank comprenait Stanislav Novák, Josef Stika, violons, Bohumir Klabík, alto, Mauritz Frank, violoncelle (ce dernier appartint un temps au Quatuor Amar dans lequel jouait Paul Hindemith à l’alto). 23. Comoedia en date du 14 avril 1926. 24. Julia Reissorová (1888 - 1938). Compositrice, elle étudia à Prague avec Josef Bohuslav Foerster, puis en Suisse et ensuite en France avec Albert Roussel et Nadia Boulanger. Sa Pastorale maritime fut jouée à la Société philharmonique de Paris en janvier 1937 sous la direction de Charles Munch. Ses mélodies Sous la neige et Giboulées de mars furent chantées par des cantatrices française. Elle participa à la création tchèque de l’opérette Le testament de tante Caroline de son ancien professeur Albert Roussel, à Olomouc en 1936 pour laquelle Le Figaro a rédigé un court article le 21 janvier 1037. 25. ll fut écrit Vleck, nouvelle illustration des coquilles qui parsemaient la presse française lorsqu’il s’agissait de noms provenant particulièrement d’Europe centrale. Václav Veltchek (1896 - 1968) dansa dans le corps de ballet de l’Opéra-Comique de Paris de 1927 à 1930, devint maître de ballet du Châtelet de 1930 à 1938. Il s’exila au Brésil à cause de ses origines juives. A Rio de Janeiro, il fut chorégraphe. Voir une rencontre de ce danseur avec  la musique de Janáček. 26. En huit parties, alternant le piano solo, le chant et la danse, le programme de ce concert présentait la sélection suivante : au piano, Recherches (n° 2) de Vomáčka, Au carrefour de Jirak, La Mort, deuxième mouvement de la Sonate I.X.1905 de Janáček ; des mélodies de Reisserová, Křička et Vycpálek ; une polka dansée de Hába ; des mélodies de Novák, Hibler ; des pièces pour piano de Kalas, Reisserová et Martinů ; une danse de Jirak ; des mélodies de Jirak, Vycpálek et Ostrčil ; une danse de Martinů pour clore. 27. Bohuslav Martinů dédia une de ses Trois danses tchèques (H 154) composées en 1926 à Jane Mortier. 28. Il faut citer les pianistes qui accompagnèrent les solistes, Eugène Wagner pour Pohádka et Yvonne Gauran pour la Sonate pour violon. 29. Pourquoi cette Sonate pour violon plutôt qu’une autre œuvre ? Les ouvrages de musique de chambre de Janáček n’étaient pas légion. D’autre part, cette Sonate avait été présentée à Salzbourg, en 1923, au festival de la Société Internationale de Musique Contemporaine. Les musiciens français, soucieux d’ouverture, de connaissance des tendances musicales européennes du moment se tenaient informés de ce genre de manifestations.

Maurice Ravel
(1875 – 1937)

Maurice Ravel (7 mars 1875 - 28 décembre 1937), était un compositeur français de l’époque moderne. Avec son aîné Claude Debussy, Ravel fut la figure la plus influente de la musique française de son époque et le principal représentant du courant dit impressionniste au début du xxe siècle. Son œuvre, modeste en nombre d'opus (quatre-vingt-six œuvres originales, vingt-cinq œuvres orchestrées ou transcrites), est le fruit d'un héritage complexe s'étendant de Couperin et Rameau jusqu'aux couleurs du jazz et d'influences multiples dont celle, récurrente, de l'Espagne. Caractérisée par une grande diversité de genres, la production musicale de Ravel respecte dans son ensemble la tradition classique et s'étale sur une période créatrice de plus de quarante années qui la rendent contemporaine de celles de Fauré et Debussy mais aussi de Stravinski, Bartók ou Gershwin. La grande majorité de ses œuvres a intégré le répertoire de concert. Parmi celles-ci le ballet symphonique Daphnis et Chloé (1909-12), le Boléro (1928), les deux concertos pour piano et orchestre (pour la main gauche, 1929-31 ; en sol majeur, 1930-31) et l’orchestration des Tableaux d'une exposition de Moussorgski (1922) sont celles qui ont le plus contribué, depuis des décennies, à sa renommée internationale. Reconnu comme un maître de l’orchestration et un artisan perfectionniste, Ravel ne s'est jamais départi d'une sensibilité et d'une expressivité particulière.



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