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Musique classique et opéra par Classissima

Maurice Ravel

samedi 25 mai 2013


La musique classique

22 mai

Henri Dutilleux – Sonatine pour flûte

La musique classique Le compositeur français Henri Dutilleux, né en 1916, est mort aujourd’hui ; il était l’un des compositeurs de musique contemporaine les plus joués, peut-être parce que sa musique était relativement accessible, s’inscrivant dans la lignée de compositeurs comme Debussy ou Ravel. La musique classique française perd ainsi l’une de ses figures les plus imposantes de la deuxième moitié du XX° siècle. En son hommage, nous vous proposons d’écouter sa sonatine pour flûte et piano.

Les bons plans de la musique classique

23 mai

Henri Dutilleux (1916-2013)

Disparu hier à l'âge de 97 ans, Henri Dutilleux restera comme l'un des plus grands compositeurs de son temps, et une fierté pour la musique française. Héritier de Debussy, Ravel, Roussel, le compositeur angevin poursuivit sur la voie qu'ils avaient ouvertes, et fut joué et reconnu partout dans le monde comme l'une des voix majeures de la fin du XXe siècle. Et si sa musique vous a




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22 mai

Hommage à Henri Dutilleux (1916-2013)

Le corps marqué par le poids des ans mais l’esprit toujours vif, Henri Dutilleux paraissait inusable, à l’instar de son œuvre. Détaché des querelles néo-classiques versus structuralistes, il a laissé une œuvre rare, unique, exempte de tout dogme et inscrite dans une tradition particulièrement française de l’art de l’orchestration. A force d’exigence envers lui-même, il n’a suscité que de l’admiration, et au bout du compte nul ne lui connait d’ennemis. Issu d’un milieu ouvert à l’art (un ancêtre peintre, Constant Dutilleux, proche de Delacroix, un autre compositeur, Julien Koszul, ami de Gabriel Fauré), Henri Dutilleux gravit rapidement les échelons du Conservatoire de Paris et gagne en 1938 le Grand Prix de Rome de composition. Ce n’est toutefois que 10 années plus tard qu’il signe l’oeuvre qu’il considère comme son « opus 1 », la Sonate pour piano (dédiée à son épouse Geneviève Joy) niant toutes les autres écrites précédemment. Imperméable aux querelles esthétiques, Dutilleux n’était pas moins ouvert aux musiques de son temps, y compris le jazz et la chanson française. Dans la lignée de Stravinsky, Ravel et Bartók, il délaisse le langage tonal pour en garder les fonctions de polarité, attraction, répulsion, dissonance et consonance. De l’art du contrepoint il en retient un goût pour le jeu mathématique, nombre de ses œuvres étant écrites de forme symétrique ou en palindromes musicaux. Une musique qu’on peut aussi qualifier d’hypermnésique : citations et références sont clairement revendiquées. Pourtant, jamais de plagiat, jamais de parodie, jamais « dans le style de ». Quand Dutilleux va « de Janequin à Jehan Alain » il ne pastiche ni l’un ni l’autre. Son unique concerto pour violon L’Arbre des songes rappelle immédiatement le Concerto à la mémoire d’un ange d’Alban Berg sans jamais en citer la moindre note. Respecté, révéré, il a su largement cultiver la rareté de ses créations. Ces 20 dernières années, chaque œuvre en première mondiale de Dutilleux était un événement exceptionnel, lui assurant ainsi de nombreuses reprises et au moins une version discographique. Dans un entretien donné à ResMusica en 2009 , il avait exprimé son regret de n’avoir pas composé d’opéra, faute d’avoir trouvé un sujet qui lui plaisait. Et de la guerre entre musique tonale et atonale, il reprenait le mot de Cocteau « Qu’est-ce que la mode ? C’est ce qui se démode». Et concluait : « Tout est là ». Malgré une reconnaissance internationale très rapide, les honneurs ont tardé à venir. La République le hisse au grade de Grand Croix de la Légion d’honneur à l’âge de 88 ans. Le Prix Ernst von Siemens (le « Nobel » de la musique) lui est remis à l’age de 89 ans. Le MIDEM classique le récompense pour l’ensemble de son œuvre à l’age de 91 ans. Le prix à payer de l’indépendance, et surtout de quelqu’un qui toute sa vie n’a pas cherché les honneurs ; mais juste à être honorable. Notre sélection d’articles de disques : - Le dernier disque monographique consacré à Henri Dutilleux de son vivant, par Esa-Pekka Salonen et le Philharmonique de Radio-France, avec la création mondiale du cycle Correspondances, 1 CD Deutsche Grammophon - Création du cycle Le Temps l’Horloge par sa dédicataire Renée Fleming, Seiji Ozawa et l’Orchestre national de France, 1 CD Decca - Tout un monde lointain par Marc Coppey, Pascal Rophé et l’Orchestre Philharmonique de Liège, 1 CD Aeon – Clef ResMusica - Pages de jeunesse de Dutilleux par les solistes de l’Orchestre de Paris, 1 CD Indesens – Clef Resmusica - Quatuor Ainsi la nuit par les Rosamonde, 1 CD Pierre Verany – Clef ResMusica . Egalement par les Arditti, 1 CD Wigmore Hall Live - Sonate pour piano par Monique de la Bruchellerie, 1 CD INA Mémoire Vive – Clef ResMusica Notre sélection d’articles de concerts: - Gergiev et le Concertgebouw interprètent Métaboles en présence du compositeur en 2012 salle Pleyel. - Le ballet Le Loup (1953) avec une chorégraphie de Roland Petit est remonté à Garnier en 2010. - Henri Dutilleux très entouré en 2010 au Festival d’Auvers-sur-Oise , avec la création d’une d’une révision de Citations - Un exemple caractéristique de la modestie d’Henri Dutilleux et de sa générosité vis-à-vis de ses pairs : « Carte blance à Henri Dutilleux », à la salle Pleyel en 2007 . - Les 90 ans de Dutilleux à Radio-France, en 2006



Carnets sur sol

15 mai

Mélodies d'Occupation (1938-1949) : Poulenc, Jolivet, Gailhard, Françaix, Schmitt, Rosenthal, Auric, Sauguet, Barraine, Arma, Dutilleux, Féjard, Honegger et Milhaud (par Le Texier & Cohen)

Programme hallucinant à la Cité de la Musique ce mardi 14 mai ; à l'exception des courtes Chansons villageoises de Poulenc, un long concert (trois heures avec entracte, considérable pour un récital de mélodies !) exclusivement constitué d'oeuvres très rares, d'une esthétique exigeante, et dans un genre (la mélodie française) assez peu pratiqué en exclusivité au cours d'un récital. Aspects peu visités de compositeurs établis, ou apparitions de figures largement oubliées. Bref, immanquable pour tout lutin qui se respecte. 1938 Francis Poulenc : Priez pour paix 1940 André Jolivet : Trois complaintes du soldat (cycle) 1941 André Gailhard : Ode à la France blessée André Gailhard : La Française Jean Françaix : L’Adieu de Mgr le Duc de Sully à la cour 1942 Florent Schmitt : Quatre poèmes de Ronsard (cycle) Manuel Rosenthal : Jérémie Francis Poulenc : Chansons villageoises (cycle) 1943 Georges Auric : Quatre chants de la France malheureuse (Le Petit Bois & La Rose et le Réséda ) Henri Sauguet : Force et Faiblesse 1944 Elsa Barraine : Avis Paul Arma : Les Chants du silence (A la jeunesse, Chant du désespéré, Fuero) Henri Dutilleux : La Geôle 1946 Simone Féjard : La Vierge à midi Arthur Honegger : Mimaamaquim 1949 Darius Milhaud : Kaddish Interprétations Je n'ai jamais beaucoup aimé la voix de Vincent Le Texier (et je crois qu'à peu près tous les mélomanes que j'ai fréquentés sont dans le même cas, chose étonnante) : pas de relief consonantique, voyelles très homogénéisée (avec un résultat un peu monochrome), un chant assez global où l'expression ne tient pas vraiment compte du détail du texte. Et, plus immédiatement, un timbre qui sonne toujours poussé, avec l'impression physique du précepte vomitare la voce ("vomir la voix", une des positions utilisées pour l'enseignement d'un chant efficace - assez pertinente d'ailleurs) - ce peut être assez désagréable. J'espérais qu'il produirait quelque chose d'un peu rugueux, comme ses seconds Duparc (ceux avec Delunsch et Kerdoncuff), pas beaux, mais assez marquants. Et la soirée a très bien commencé, avec un Poulenc en mezza voce, résonant et délicat, très beau. Malheureusement, il était en méforme, et la voix s'est effilochée jusqu'à la rupture, effet particulièrement spectaculaire pour cette voix qui semble toujours forcée, et pourtant inépuisable (il chante régulièrement les rôles les plus lourds, dont Saint François d'Assise, dans les plus vastes salles !). Pour partie de sa faute : il s'exprimait bien mieux en susurrant, et il a chanté très fort pendant toute la soirée ; mais il est vrai qu'avec son émission très basse, il pouvait difficilement alléger pour monter. Et pour partie à cause de la générosité de son programme : on entendait clairement que la difficulté extrême de ces oeuvres, très peu mélodiques, aux intervalles et aux rythmes difficiles, exigeantes sur le plan de la tessiture, et écrites pour une autre voix que la sienne, amputait progressivement son capital. Si le récital avait été moins copieux, et s'il avait glissé suffisamment de tubes familiers de Poulenc et Ravel au milieu, il n'aurait sans doute pas rencontré ces difficultés, et je trouverais ingrat de lui reprocher d'avoir voulu servir ces musiques qui n'auraient pas d'autre opportunité d'être entendues. Par ailleurs, il a admis très honnêtement, sans chercher d'excuses, être "fatigué en ce moment", autre marque de respect pour son public. Jeff Cohen aussi semblait un peu embarrassé : le jeu a toujours été sec, mais on entendait les minuscules retards destinés à vérifier que l'accord joué est le bon. Autant de musique aussi rare, et extraordinairement difficile (même un pianiste de type soliste-de-concerto et à plein temps aurait dû travailler dur pour assurer ce type d'accompagnement), si peu intuitive, un chanteur en difficulté, on serait un peu sur la réserve à moins. A cela s'ajoutait le fait que la transposition (là aussi, énorme travail de Jeff Cohen, la quasi-intégralité du concert était transposée pour baryton-basse !) privait certaines pièces de leur couleur, de leur tension, de leurs effets. Tout paraissait chaussé de souliers de plomb, alors que les couleurs des oeuvres étaient en réalité plus diverses. Ici encore, peut-on reprocher aux interprètes de n'être que deux au lieu de cinq ? J'ai hésité à commenter ce concert pour ces raisons, parce que je ne peux vraiment pas dire que j'y aie pris du plaisir - c'était même, dans la seconde partie, physiquement éprouvant, lorsque les facteurs se sont ajoutés les uns ou autres. Mais en fin de compte, puisque je doute que ce concert soit relayé (du moins pas abondamment !) dans la presse ou en ligne, et comme la radiodiffusion sera sans doute annulée, je trouverais dommage de passer sous silence cette implication courageuse. Le public m'a fait chaud au coeur à cette occasion : très compréhensif et de plus en plus chaleureux au fil des difficultés vocales. On est loin de l'atmosphère d'hallali distillée dans les grandes soirées d'opéra italien où l'on hue les malades ou tout simplement les pas-assez-virtuoses (ou supposés tels). Des gens qui venaient pour explorer le répertoire, et qui n'étaient pas là pour décider si Macchini avait un plus beau contre-ut que Trucco (et huer le perdant, évidemment). Autres remarques Plus largement, cela pose la question de l'écriture musicale au vingtième (et vingt-et-unième) siècle : si même des pros du défrichage dans leur genre (rien qu'avec la discographie de Cohen, on est de l'ordre de l'immense, sans même parler de Le Texier - QUI a un répertoire plus exaltant, divers et exigeant que lui, sur le marché ?) fatiguent en jouant un programme qu'ils ont choisi et préparé, que dire des professionnels plus modestes, et je n'envisage même pas d'évoquer les (bons) amateurs... ? Cela rejoint des propos déjà tenus ici sur la mise à distance des amateurs par la littérature musicale du XXe siècle, qui a sans doute contribué à la perte d'influence du "classique", de pair avec bien d'autres facteurs bien sûr. Dans ce panorama se distinguaient particulièrement, outre Auric et Dutilleux très attendus des lutins de céans, les pièces de Sauguet, Féjard, Honegger et Milhaud - la plupart des autres se caractérisant par un refus de la mélodie, voire de toute cohérence prosodique (Schmitt), qui rendait les oeuvres assez peu attrayantes, aussi bien sur le plan de l'oreille que du sens (à quoi sert une harmonie complexe si elle n'exprime finalement rien de précis, en se détachant complètement de la structure du poème ?). L'ensemble était néanmoins passionnant et toutes les oeuvres très intéressantes ; j'y reviendrai, au fil du temps, individuellement pour chaque corpus, quand l'occasion s'y prêtera, comme pour La Rose et le Réséda il y a un lustre. Je ne partage pas la réticence des musiciens à jouer les pièces de circonstance de Gailhard : à plusieurs reprises, ils s'adressent au public, en soulignant bien qu'ils y ont été obligés, qu'ils sont soulagés de ne pas avoir à recommencer, etc. Certes, chanter Gloire à Pétain ! à pleins poumons sans avertir la salle, ce doit être plutôt inconfortable, mais tout le monde dans la salle allait à un concert consacré aux musiques de collaboration et de résistance, je ne vois pas l'intérêt de se priver de représenter ceci ou cela qui apporterait au propos. Tout le programme, chronologique, était clairement conçu de façon informative, et il était évident que les choses qu'on n'entend pas souvent, ce ne sont pas les chants de résistance mais les chants honnis de collaboration - ne serait-ce que parce qu'on peut difficilement les inclure dans les commémorations et autres jubilés ! Or, pour avoir une image complète, leur présente était nécessaire ; elle nécessitait sans doute une explication, mais certainement pas des excuses. A défaut de pouvoir relayer le caractère agréable de la soirée, je voudrais redire ma reconnaissance à la Cité de la Musique et aux musiciens d'avoir accepté un parcours aussi ambitieux. Lorsqu'on voit que tant de grands noms (à la technique incroyablement solide) ne font jamais un récital de plus de 75 minutes, tout de tubes constitué, souvent en le partageant avec de longues pièces instrumentales, observer au contraire des musiciens se mettre en danger avec un programme d'une longueur et d'une exigence particulièrement hors normes (et dont le caractère austère sera peu enclin à susciter le délire de l'assistance), je n'ai pas envie de leur faire grief de leur courage.

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13 mai

C’est le cœur serré que je vous dis…

Il y a un certain relâchement du devoir de mémoire depuis quelques temps. Le « grand débat sur l’identité nationale » avait levé les tabous du racisme et inaugurait la « droite décomplexée », qui se poursuit encore avec l’affaire des pains au chocolat de Jean-François Copé. Les remous du mariage pour tous et ses manifs « anti » qui n’en finissent plus ont permis de faire découvrir de poétiques images. On voit ainsi défiler des enfants tenant papa et maman par la main, des jeunes filles ceintes d’une écharpe tricolore et coiffées d’un bonnet phrygien, et comme principal mot d’ordre « on veut du boulot, pas du mariage homo ». Dans l’ordre : la famille, la patrie et le travail. Ça ne vous rappelle rien ? Pendant ces manifestations une autre actualité, moins urgente mais tout aussi brûlante, a eu son petit effet : éditer les pamphlets antisémites de Céline ou Rebatet. Pendant ce temps L’Opéra Comique propose ce mois Mârouf, savetier du Caire d’Henri Rabaud, plaisante fantaisie orientalisante créée en 1914. En parallèle, un colloque « Henri Rabaud en son temps » pour comprendre pourquoi ce compositeur, et d’autres dont Max d’Ollone, ont été « rejetés dans l’ombre de Debussy et de Ravel ». Parlera-t-on du passage de ces deux compositeurs devant les comités d’épuration de 1946 ? Henri Rabaud, directeur du Conservatoire de Paris en 1940, a listé les professeurs et élèves juifs de son établissement. Max d’Ollone présidait la section « musique » du Groupe Collaboration. Une justification probable de l’ « oubli » de ces compositeurs. La lecture des saisons à venir nous informe d’un concert « de gala » de la Fondation Long-Thibaud pour fêter les 70 ans du concours. 2013 – 70 = … En 1943 il est permis de douter que les fortunes privées et les industries aient pu subventionner le premier événement. Marguerite Long et Jacques Thibaud participaient au « comité Rabaud » (encore lui), comité technique auprès de « Gestapette La Belle Bonnard », autrement dit Abel Bonnard, ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts du gouvernement Pierre Laval en 1942. L’anniversaire sera-t-il fêté avec le devoir de mémoire nécessaire ? Mystère. Mis à part une excellente parution sous la direction de Myriam Chimènes La Vie musicale sous Vichy (éditions Complexes / CNRS, 2001) et le cycle « Musique sous l’occupation » ce mois à la Cité de la Musique, la place laissée à la mémoire reste décidément congrue. De Claire Croiza à Alfred Bachelet, de Florent Schmitt à Serge Lifar, toute ces personnalités de la musique et de la danse qui se sont compromises sous l’Etat Français ne sont plus de ce monde depuis quelques décennies. Leurs œuvres et interprétations sont indépendantes de leurs engagements. Leurs héritiers ne sont en rien responsables des errements politiques de leurs ancêtres. Louis-Ferdinand Céline et Georges Bernanos, collaborateurs notoires, n’en sont pas moins considérés comme des auteurs majeurs de la littérature française avec Mort à crédit ou Sous le soleil de Satan. Ce devoir de mémoire a été fait en littérature et en cinéma, mais reste balbutiant en musique. Comme si cet art ne pouvait avoir aucune implication politique… Balayons devant notre porte et posons-nous les bonnes questions. Lire Voyage au bout de la nuit n’est pas plus risqué que d’écouter Mârouf, savetier du Caire. A condition de bien savoir qui en ont été les auteurs.

Maurice Ravel
(1875 – 1937)

Maurice Ravel (7 mars 1875 - 28 décembre 1937), était un compositeur français de l’époque moderne. Avec son aîné Claude Debussy, Ravel fut la figure la plus influente de la musique française de son époque et le principal représentant du courant dit impressionniste au début du xxe siècle. Son œuvre, modeste en nombre d'opus (quatre-vingt-six œuvres originales, vingt-cinq œuvres orchestrées ou transcrites), est le fruit d'un héritage complexe s'étendant de Couperin et Rameau jusqu'aux couleurs du jazz et d'influences multiples dont celle, récurrente, de l'Espagne. Caractérisée par une grande diversité de genres, la production musicale de Ravel respecte dans son ensemble la tradition classique et s'étale sur une période créatrice de plus de quarante années qui la rendent contemporaine de celles de Fauré et Debussy mais aussi de Stravinski, Bartók ou Gershwin. La grande majorité de ses œuvres a intégré le répertoire de concert. Parmi celles-ci le ballet symphonique Daphnis et Chloé (1909-12), le Boléro (1928), les deux concertos pour piano et orchestre (pour la main gauche, 1929-31 ; en sol majeur, 1930-31) et l’orchestration des Tableaux d'une exposition de Moussorgski (1922) sont celles qui ont le plus contribué, depuis des décennies, à sa renommée internationale. Reconnu comme un maître de l’orchestration et un artisan perfectionniste, Ravel ne s'est jamais départi d'une sensibilité et d'une expressivité particulière.



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