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Musique classique et opéra par Classissima

Maurice Ravel

jeudi 26 mars 2015


Carnets sur sol

Aujourd'hui

Avril léger

Carnets sur sol Cette fois-ci, il semble qu'il y ait un peu moins d'événements – avant un retour en force en mai. [Cette notule ne concerne pour l'instant que la première quinzaine du mois.] Comme toujours, ce n'est qu'une sélection personnelle, destinée à vous faire voir ce que vous n'avez peut-être pas repéré dans les brochures… Le code couleur ne concerne que moi (c'est long à retirer à la main…), mais en voici la signification pour les fans et paparazzi : violet pour la prévision ferme, bleu pour la probabilité, vert pour l'incertitude, blanc pour ceux où il n'est pas prévu d'aller, et astérisques devant les soirées où les billets ont déjà été achetés. Je me contenterai donc d'insister sur quelques dates particulières : ¶ Le Sextuor de Vienne, dont il a tout récemment été question (si c'est bien le même que ce Sextuor des Solistes Viennois, car l'arrangement des Wesendonck n'est pas le même) dans les termes les plus laudateurs, retourne à ses standards : introduction de Capriccio de R. Strauss, Wesendonck (avec Banse), Verklärte Nacht, et, le sommet du concert, Maiblumen blühten überall de Zemlinsky. (30 mars) Pour ma part, pas assez inconditionnel des œuvres au programme hors Zemlinsky (s'il y avait eu son Quintette, c'eût été une autre histoire…), mais ce devrait être superbe, surtout pour les admirateurs de la Nuit Transfigurée. ¶ Franz-Joseph Selig dans un programme de lieder incluant la seconde partie du Schwanengesang, puis la poignée décadente Wolf, R. Strauss, et surtout Rudi Stephan (je crois que je n'ai toujours pas abordé ses vertigineux Ersten Menschen d'après Borngräber et Weininger, par ici). La générosité de son médium et de son grave (très mobile expressivement, ce qui le bride quelquefois pour la bonne tenue de ses aigus à l'opéra, mais en fait un des rares bons candidats liedersänger chez les basses). (14 avril à l'Amphi Bastille) ¶ Trios avec piano de Tchaïkovski, Ravel et… Chtch édrine ! (Vincennes, le 15 avril) ¶ Une multitude de récitals gratuits au CNSM (à éplucher sur leur site si vous en désirez davantage), en particulier de la classe de lied & mélodie de Jeff Cohen, découverte toujours palpitante que CSS ne manque jamais (voir le commentaire de la saison dernière ). Et ce n'est pas encore le récital de fin d'année, simplement un petit supplément comme point d'étape ! Voyez aussi les concerts de musique de chambre ou les partenariats avec d'autres institutions ; les programmes sont annoncés la veille ou l'avant-veille, mais ils en valent souvent la peine ! ¶ Nicholas Tamagna, l'un des contre-ténors les plus intéressants du moment, dans un programme de songs anglaises baroques (Dowland, Blow, Purcell, Croft, Lawes…). (17 avril aux Billettes) Si vous êtes curieux, c'est aussi un excellent ténor qui prodigue de fort bons tutoriels vocaux sur… YouTube ! ¶ Notez bien les entrées libres des petits pré-concerts de la Philharmonie de Paris (même sans billet, apparemment), pour entendre de la musique de chambre dans la grande salle (les 8 et 9 avril, ce sera Tchaïkovski, Medtner, Prokofiev…). Ce n'était pas annoncé dans la première brochure, vous les avez peut-être manqués. ¶ Une nouvelle séance au Balzac avec l'improvisateur Xavier Busatto sur des courts-métrages. (le 12 avril à 11h) ¶ En théâtre, pas mal de choses de prévues : notamment Horváth, Villiers de L'Isle-Adam… et peut-être le Songe d'une Nuit d'Été chez les Français, si mes envoyés me rapportent qu'il n'y a pas trop de coupures (ni de poses ). Pour moi, il faudra faire des choix, donc ce sera probablement les deux séances de Jeff Cohen, Busatto, Tchaïkovski 5 par Pletnev (on a bien le droit d'avoir ses propres faiblesses), Selig dans Stephan… et peut-être la Messe en si par Gardiner, le Trio de Chtchédrine, Tamagna. Plus du théâtre. (J'aurais bien aimé Rusalka aussi, mais le large vibrato opaque de Guryakova représente actuellement une sérieuse contre-indication – et je n'aime pas la mise en scène de Carsen. Je parie témérairement sur une reprise plus avenante.) Voici le calendrier en images : -- -- -- --

Le blog d'Olivier Bellamy

24 mars

Jean-Luc Oboman Fillon, jazz à tous les étages

Le beau mariage du hautbois et du jazz avec Jean-Luc Fillon. Voici son programme : 3 Madeleines : 1. “Liberty City” extrait de l’album Word of Mouth de Jaco Pastorius (1981 Warner) 2. “Don’t Worry, Be Happy” extrait de l’album Simple Pleasures de Bobby Mc Ferrin (1988) 3. “Novitango” d’Aztor Piazzola extrait de l’album Alborada sextuor (1997) 4 Morceaux classiques : 1. “Prélude” du Tombeau de Couperin de Maurice Ravel ou “Pan”, la 1ère des 6 Métamorphoses pour hautbois solo de Benjamin Britten interprétée par Heinz Holliger. 2. “Danse infernale du roi Kachtcheï” extrait de L’oiseau de feu d’Igor Stravinsky (environ 4′20) 3. “Variations For Winds, strings & Keybords” de Steve Reich 4. “Un Américain à Paris” de George Gershwin




Carnets sur sol

22 mars

[Carnet d'écoutes n°70] — Médée-Kožená, Barber-Roe, nouveau Rossignol éperdu, les meilleurs Wesendonck, Sextuors germaniques décadents, Quatuors de Haydn et Katzer…

Cette fois-ci : Spectacle vivant : Médée de Charpentier à Bâle avec Magdalena Kožená. Re-création de Nausicaa de Hahn à l'Hôtel de Birague. Trois nouveautés (très réussies !) : Récital « Révolution » d'Emmanuel Pahud consacré à la fin du XVIIIe français, dirigé par Giovanni Antonini (Warner). Parution d'une quatrième version du Rossignol éperdu, vaste cycle pour piano en quatre parties de Reynaldo Hahn, par le spécialiste Billy Eidi (Timpani). Récital Barber-Britten d'Elizabeth Joy Roe, du formidable duo Anderson & Roe (Decca). De grandes versions de Haydn (quatuors) et Mozart (concertos). Chefs-d'œuvre du répertoire romantique et postromantique pour quintette et sextuor à cordes : Brahms, Wagner, Tchaïkovski, Bruckner, Rimski-Korsakov, Zemlinsky, Braunfels, Korngold… … dont la plus belle version des Wesendonck jamais enregistrées (Breedt / Sextuor à cordes de Vienne). Du contemporain : symphonique pour Lachenmann, quatuors pour Katzer. Arrangements divers pour cor et guitare ; arrangements de Schubert pour guitare solo. … et quelques autres (bonnes) choses. Dimanche 8 mars ¶ Lachenmann – Tableau pour orchestre – Berliner Phkr, Rattle Agréable, mais pas très audacieux pour du Lanchenmann, on retrouve le langage standard de l'atonalité internationale, avec un langage et des outils symphoniques très habituels… Beau, mais très banal – il s'embourgeoise décidément ! ¶ Britten – Concerto pour piano – Elizabeth Joy Roe, LSO, Tabakov ¶ Barber – Concerto pour piano – Elizabeth Joy Roe, LSO, Tabakov + ¶ Barber – Nocturne d'hommage à John Field – Concerto pour piano – Elizabeth Joy Roe ¶ Britten – Night Piece – Elizabeth Joy Roe + Passé la surprise de voir en si bonne place Roe (alors que je misais bien davantage sur Greg Anderson dans leur formidable duo , dont les qualités individuelles de son et de discipline me frappaient davantage), c'est bien sûr un enchantement de la voir atteindre à ce degré de notoriété… Et, alors que je la trouvais un brin frêle dans le duo, on n'entend pas la moindre faiblesse ici. Surtout, Elizabeth Roe ne s'est pas vendue à DECCA pour jouer du Chopin ou du Liszt : on a le droit à un album qui met opportunément en regard les deux grandes figures anglo-saxonnes du milieu du XXe siècle. Et si les concertos sont beaux (en particulier le Barber, qui évoque la fulgurante Sonate en légèrement plus sucré), les deux pièces nocturnes en complément (de vraies raretés) constituent deux bijoux de poésie très intenses (en particulier le Britten avec lequel l'album culmine tout en délicatesse). Recommandé ! ¶ Mozart – Concerto pour piano n°9 – Northern Sinfonia, Imogen Cooper (piano et direction) ¶ Mozart – Concerto pour piano n°23 – Northern Sinfonia, Imogen Cooper (piano et direction) ¶ Mozart – Concerto pour piano n°22 – Northern Sinfonia, Imogen Cooper (piano et direction) Grande accompagnatrice à la musicalité éprouvée, Imogen Cooper fait ici valoir tout son talent d'équilibre et de juste mesure avec des concertos à la fois primesautier et mélancoliques ; à la fois nets, lyriques et sobres. Malgré le son un peu flou du Northern Sinfonia, le disque couplant les deux plus beaux concertos de Mozart (9 & 23) est, pour moi, le disque ultime pour ce corpus. Je n'écoute quasiment plus que celui-là. ¶ Massenet – Manon, acte I (en allemand) – Jurinac, Dermota, NDR, Schüchter Toujours très sucré, mais chanté et joué comme ça, a tout de même de l'allure ! ¶ Charpentier – Médée – M. Hartmann, Kožená, Dahlin, Tittolo, La Cetra, Marcon Dépaysement d'entendre à Bâle un ensemble plutôt spécialisé dans le répertoire italien (et dirigé par Andrea Marcon !) jouer avec beaucoup de style cette œuvre qu'on joue parfois hors de France, mais qu'on n'entend jamais retransmis jusqu'ici. Le Prologue (sans lien avec l'action et peu intéressant musicalement) est coupé (ainsi que quelques morceaux des divertissements), et la mise en scène de Nicolas Brieger transpose assez habilement dans une autre forme de palais plus récent, avec un grand soin apporté à la direction individuelle des acteurs ; très opérant. Distribution fantastique : Kožená très en mots (« Dieux du Cocyte et des royaumes sombres » à couper le souffle), Dahlin toujours plus à l'aise dans le rôle au fil des ans, Meike Hartmann tout en rondeurs mordorées (et pourvue d'une très bonne diction… superbes duos)… C'est encore visible sur CultureBox, ne le manquez pas : http://culturebox.francetvinfo.fr/live/musique/opera/medee-de-charpentier-au-theatre-de-bale-211445 . ¶ Massenet – Manon (acte I) – Los Ángeles, Gedda, Met, Morel Ne croyez pas que je prenne du plaisir à multiplier ces expériences — on m'a forcé. (Surtout si c'est pour écouter Gedda en voix pleine dans un rôle qui réclame de l'élégance…). C'est disponible sur Musique Ouverte . ¶ François Devienne – Concerto n°7 en mi mineur – Pahud, Chambre de Bâle, Antonini ¶ Luigi Gianella – Concerto n°1 en ré mineur – Pahud, Chambre de Bâle, Antonini + ¶ Gluck – Concerto Op.4 en sol majeur – Pahud, Chambre de Bâle, Antonini ¶ Ignaz Pleyel – Concerto B.106 en ut majeur – Pahud, Chambre de Bâle, Antonini + ¶ Antoine Hugot – Rondeau en sol majeur – Pahud, Chambre de Bâle, Antonini Nouveauté. En réalité écoutée au fil de la semaine, concerto par concerto… Le princip est simple : des concertos pour flûte dans le goût français, écrits à la fin du XVIIIe siècle… tous dans une veine tempêtueuse, traversée d'éclairs de lumière… pas forcément évidents à différencier, mais chacun a ses beautés, vraiment un choix de très belles pièces : l'étrange palpitation militaire des bois au sein d'un mouvement final plus léger et lumineux chez Gianella, le mouvement lent galant (mais à la manière romantique) suivi d'un final qui hésite entre l'allégresse mozartienne et quelque chose de plus tournoyant et tourmenté chez Pleyel… Très beau corpus, rarement parcouru… un plaisir qu'un artiste de cette notoriété s'y prête au lieu de réenregistrer Haydn et Mozart, surtout avec un accompagnement aussi adéquat et ardent. ¶ Schubert – Quatuor n°8 – Voce SQ + ¶ Schubert – Quartettsatz – Voce SQ Pas aussi neuf et bouleversant que leur participation au concours d'Évian-Bordeaux (avec le Quartettsatz à une prise de risque maximale), mais très beau tout de même ! Vraiment un ensemble doté d'une personnalité, qu'on se réjouit d'entendre à chaque fois… Lundi 9 mars ¶ Wagner – Die Meistersinger (acte I, final) – Kónya, Stewart, Crass, Radio Bavaroise, Kubelik ¶ Wagner – Die Meistersinger (acte II, début) – Janowitz, Fassbaender, Unger, Kónya, Stewart, Crass, Radio Bavaroise, Kubelik + ¶ Hahn – Nausicaa – Compagnie de L'Oiseleur (Hôtel de Birague) + Concert. Vrai bijou ; œuvre et contexte présentés dans la notule correspondante . ¶ Schubert – Quatuor n°8 – Voce SQ + Mardi 10 mars ¶ Wagner – Die Meistersinger (acte II) – Janowitz, Fassbaender, Unger, Kónya, Stewart, Crass, Radio Bavaroise, Kubelik + ¶ Mahler – Symphonie n°3 (IV-V-VI) – Lucerne, Abbado Je suis toujours surpris par le refus de la tension continue dans cette version, qui privilégie l'exaltation du détail des petits épisodes. Magnifique lecture, mais j'avoue que j'aime encore davantage lorsque l'étau ne se desserre pas, comme chez Kondrachine, Rögner, Ozawa, Salonen, Litton, Chailly… ¶ Brahms – Quintette à cordes n°1 Op.88 – Bartók SQ (Hungaroton) Voilà une interprétation qui a du grain. Les ensembles choisis comme les prises de son chez Hungaroton sont en général dans cette veine : robuste, proche, réaliste, légèrement rugueuse. J'aime beaucoup. Ce coffret inclut toutes les œuvres à cordes, des quatuors aux sextuors ; les Quintettes en sont les parents pauvres, rarement programmés et moins enregistrés, mais ce n'est pas justice : moins ouvertement mélodiques que les Sextuors, ils ont peut-être davantage de matière interne pourtant. Mercredi 11 mars ¶ Gluck – Concerto en sol majeur Op.4 – Pahud, Basel ChbO, Antonini (Voir plus haut.) ¶ Brahms – Quintette à cordes n°1 Op.88 – Sextuor de Vienne (Pan Classics) + ¶ Brahms – Quintette à cordes n°2 Op.111 – Sextuor de Vienne (Pan Classics) Joué avec la finesse de cet ensemble spécialiste, devient assez formidable. ¶ Brahms – Abendständchen (arrangement Rudolf Leopold) – Sextuor de Vienne (Pan Classics) + ¶ Brahms – Nachtwäche I (arrangement Rudolf Leopold) – Sextuor de Vienne (Pan Classics) + Toute la beauté des harmonies chorales de Brahms dans l'écrin d'un sextuor à cordes. Assez bouleversant. ¶ Debussy – La Cathédrale engloutie (arrangement Rudolf Leopold) – douze violoncellistes des Berliner Phkr + ¶ Braunfels – Quintette à cordes – Quatuor Gringolts + A ses moments dramatisés – l'œuvre commence comme si on débutait sur la pointe des pieds un opéra, avec un personnage qui entrerait (façon Fiorello ?). Le reste est du Braunfels standard, du germanisme bien robuste, assez abstrait tout de même. ¶ R. Strauss – Metamorphosen (arrangement pour septuor de Ruldolf Leopold) – Sextuor de Vienne ¶ Korngold – Sextuor à cordes – Sextuor de Vienne + ¶ Zemlinsky – Quintette à cordes – Sextuor de Vienne + Moins célèbre que ses Quatuors, mais largement du même niveau, une œuvre tout à fait majeure et formidable, sombre mais généreuse. ¶ Zemlinsky – Maiblumen blühten überall – Banse, Sextuor de Vienne + Là aussi, l'une des plus belles œuvres de Debussy, à la beauté capiteuse ineffable. ¶ Tchaïkovski – Souvenir de Florence – Sextuor de Vienne Une lecture très énergique et élancée, avec toute la finesse propre à cet ensemble. ¶ Rimski-Korsakov – Sextuor à cordes – Sextuor de Vienne ¶ Album « La Résonance », par Tsutomu Maruyama (cor) et Shunsuke Matsuo (guitare). + Arrangements d'œuvres de Gervaise, Corrette, Mozart, Glière, Scriabine, Rachmaninov, Françaix, Granados, Kurijama pour cor et guitare… D'une grande élégance, de beaux équilibres, des couleurs nouvelles… la mélodie de Rachmaninov est superbe, et même l'espagnolade déformée et assombrie de Kuriyama fonctionne à merveille. Très chouette disque. ¶ Katzer – Quatuor n°1 – Sonar SQ + ¶ Katzer – Quatuor n°3 – Sonar SQ ¶ Katzer – Quatuor n°4 – Sonar SQ Quelle allégresse de découvrir cette parution dans la maigre discographie de Katzer, que je n'avais pas vérifiée depuis quelques années. La musique de chambre est un genre particulièrement périlleux pour les nouveaux langages du XXe siècle, exposant les difficultés d'intelligibilité sans permettre les jolis expédients d'orchestrations (beaucoup de compositeurs bien en cour, à commencer par Boulez d'ailleurs, sont avant tout de grands orchestrateurs, plus que des constructeurs à la fois talentueux et suffisamment accessibles) ; même un compositeur soucieux de lisibilité comme Rihm se noie un peu dans le trio avec piano (et n'est pas particulièrement limpide dans ses quatuors, même s'ils valent mieux que bien d'autres). Chez Katzer, justement, on retrouve dans les quatuors les mêmes qualité que dans le trio avec piano : directionnalité limpide, soli expressifs, écriture en accords, construction de climax grâce à des tuilages harmoniques progressifs, un peu comme chez Mahler… et même un certain lyrisme ! Vu les intervalles mélodiques utilisés, pourtant, cela sent fort la série dodécaphonique ! Tout cela vaut surtout pour le Premier Quatuor : le Troisième et le Quatrième ont aussi ces qualités, mais à un degré moindre, usant d'avantage de stridences (et même d'un certain minimalisme assez peu à mon gré, dans la Quatrième). En tout cas, si vous vous intéressez au quatuor contemporain, vraiment un corpus à découvrir ! ¶ Elgar – Concerto pour violoncelle – vidéo Du Pré & Barenboim + Il y avait longtemps que je n'avais pas écouté cette version, un peu occupé ailleurs . Un peu plus expansif et moins fin qu'avec Barbirolli, sans doute, mais quand même toujours très intense et beau — il faut surtout être dans l'humeur, bien préparée par le voisinage plkus ascétique de Katzer. ¶ Herzogenberg – Requiem Op.72 – Chœur Monteverdi de Würzburg, Philharmonique Thuringien de Gotha-Suhl, Matthias Beckert Proche de Brahms, et musicalement une fois encore : l'ensemble ressemble assez fort à un agréable sous-Requiem allemand (en latin), où seul intervient le chœur. L'enregistrement est défavorisé, il est vrai, par le Chœur Monteverdi, manifestement amateur, qui assume la tâche mais manque absolument de relief (les voix assez blanches et plates ne peuvent pas fournir des contrastes comme des voix éduquées). On perçoit tout de même une spectaculaire pointe à quatre tartelettes dans un endroit généralement peu choyé par les compositeurs : l'Hostias développe un langage assez différent du reste, beaucoup moins épais, qui évoque beaucoup les chœurs féminins de Brahms ! ¶ Bruckner – Quintette à cordes – Sextuor de Vienne Superbe version d'une œuvre qui tire le meilleur du Bruckner symphonique (même langage, mais pas de lourdeurs possibles). Toujours cette finesse du sextuor viennois. ¶ Wagner – Wesendonck-Lieder (arrangement Rudolf Leopold) – Michelle Breedt, Sextuor de Vienne (Pan Classics) Meilleure version de tous les temps. Toute l'épaisseur un peu gourde de la version orchestrale, même les parties écrites par Wagner, même dans les réductions pour ensemble, disparaissent, pour laisser place à la finesse de l'aventure harmonique. En plus, Michelle Breedt, à la fois suspendue et éloquente, est une fois de plus idéale. L'œuvre s'en trouve haussée, à mon sens. Prise de son étrange : les cordes sont nettes, mais la voix est réverbérée. C'est agréable et opérant, mais un peu bizarre lorsqu'on y prête attention. ¶ Schubert – Lieder des trois grands cycles arrangés pour guitare (sans voix) par Johann Kaspar Mertz – Alberto Mesirca (Paladino Music) + Jeudi 12 mars 2015 ¶ Korngold – Sextuor à cordes (I,II) – Sextuor de Vienne + ¶ Wagner – Tristan und Isolde (fin du I, tout le II et le III) – Karajan studio On peut redire sur les solistes (aucun n'est à mon gré, en fait, excepté Ridderbusch), mais c'est l'une des versions les plus captivantes de toutes. Vendredi 13 mars 2015 ¶ Wagner – Tristan und Isolde (fin du I, début du II) – Böhm 1966 Autre classique indémodable de la discographie, là aussi malgré une distribution qui n'a pas forcément ma faveur sur le principe. ¶ Haydn – Quatuor Op.33 n°5 – Terpsycordes SQ ¶ Haydn – Quatuor Op.33 n°2 – Terpsycordes SQ + Sur instruments d'époque, on n'a pas fait mieux, et de très loin : l'une des lectures les plus spirituelles de ce groupe. Depuis que je les ai entendus pour la première fois (jouer le Premier de Ligeti !) pendant le Concours d'Évian-Bordeaux, où je ne m'étais pas expliqué leur élimination au premier tour, je les suis avec plaisir, et je n'espérais pas alors une telle discographie, très méritée d'ailleurs (leur Treizième de Schubert est merveilleux aussi, et leurs Sept Dernières Paroles, et la plupart du reste…). Au demeurant, l'opus 33 est, avec les deux derniers cycles, le plus intéressant des quatuors de Haydn (étrange baisse d'intérêt dans les opus des quarantaine et cinquantaine…). Samedi 14 mars 2015 ¶ Gluck – Concerto Op.4 en sol majeur – Pahud, Chambre de Bâle, Antonini ¶ Ignaz Pleyel – Concerto B.106 en ut majeur – Pahud, Chambre de Bâle, Antonini + (Voir précédemment.) ¶ Czerny – Thème et variations sur Haydn pour piano et orchestre – Felicja Blumental, Chambre de Vienne, Froschauer (Brana Records) + (En réalité le mouvement lent du quatuor Op.76 n°3. Chouette réalisation de Czerny.) ¶ Stamitz – Concerto pour piano en fa majeur – Felicja Blumental, Chambre de Vienne, Froschauer + Agréable, comme les concertos moyens de Mozart. Du Stamitz, en somme. ¶ __Abbé Vogler – Variations sur Malborough – F. Blumental, Chambre de Vienne, Zedda Le choix du thème (déjà rapidement pénible) n'était pas forcément judicieux, et la réalisation n'en est pas forcément intéressante… ¶ Haydn – Quatuor Op.76 n°4 – Takács SQ ¶ Haydn – Quatuor Op.76 n°5 – Takács SQ ¶ Haydn – Quatuor Op.76 n°6 – Takács SQ ¶ Haydn – Quatuor Op.76 n°3 – Takács SQ Des merveilles. Et la robustesse du spectre des Takács s'allie avec une réelle souplesse et une espièglerie non feinte. Le tout culminant dans les murmures blancs de la dernière variation du thème patriotique, ou leur archet allant et leurs portamenti dans le menuet. Il s'agit des musiques qui mettent le plus à nu le savoir-faire et l'imagination d'un ensemble, dont les très grands représentants, de tout temps, sont rares. En voilà quelques-uns. ¶ Schubert – Symphonie n°8 – Orchestre du Festival Menuhin, Menuhin ¶ Schubert – Ouverture d'Alfonso und Estrella – Orchestre du Festival Menuhin, Menuhin Toujours une valeur sûre, même avec la lenteur pour Estrella, la tension demeure (et quelle gestion des traits de cordes !). ¶ Hahn – Le Rossignol éperdu – Billy Eidi Cette quatrième version d'un cycle majeur du répertoire pour piano vient de sortir chez Timpani. Pas forcément de différence majeure avec les précédentes, mais les parties archaïques sont plus réussies, les phrasés moins romantisants que chez Earl Wild , la prise de son moins réverbérée chez Cristina Ariagno (dont je parlerai dans les prochains carnets d'écoutes). Un siècle de piano, de Schumann jusqu'à Roussel en passant par Liszt, passe dans le piano de Hahn, sans parler des archaïsmes pseudo-baroques… dans ce genre plastique et « totalisant », les exemples n'abondent pas en musique française. [Autre cycle majeur chez lui, La Création du Monde, dans le goût des Clairs de lune d'Abel Decaux… mais j'en reparlerai plus tard également.] ¶ Schubert – Trio avec piano n°2 – Stern, Rose, Istomin Fableux d'énergie, et Istomin est vraiment intéressant cette fois-ci. Interprétation considérablement meilleure qu'il m'avait autrefois semblé, tout de bon une référence en réalité. -- -- Comment ça marche ? La cotation est complètement subjective et ne prend pas en compte la qualité mesurable de l'oeuvre, seulement le plaisir que j'ai à l'écouter (à ce moment précis). L'interprétation n'est pas prise en compte. Une tartelette au citron (ou un putto d'incarnat selon les jours) est signe que ça m'a plu. Une oeuvre agréable, qui n'appelle pas forcément la réécoute. Exemple : Le trio avec piano de Rihm. Une oeuvre intéressante, qui méritera d'être réécoutée de temps à autre. Exemple : Les premiers trios de Beethoven. Une très belle oeuvre, qui appelle des écoutes régulières. Exemple : Les trios de Debussy et Ravel. Un chef-d'oeuvre, une des oeuvres importantes de ma discothèque, à réécouter abondamment. Exemple : Les trios de Théodore Dubois. L'une des quelques oeuvres qui me sont extrêmement chères. Exemple : Les quatuors de Czerny. Ainsi, à part la tartelette esseulée qui est un peu mitigée (oeuvre agréable mais oubliable, ça va bien si le temps ne nous est pas compté), la seule présence de portion citronnée indique que j'ai aimé. Le principe n'a donc rien à voir avec les étoiles « objectives » des magazines qui donnent ou pas la moyenne aux enregistrements. Exceptionnellement, si je suis vraiment en colère, je peux aussi le signaler. Je distribue alors des tartelettes au citron meringué, qui sont à la vraie tarte au citron ce que les persécutions nazies sont à l'Éphèse classique. Je n'ai pas aimé du tout, du tout. Ça ne me parle pas. Exemple : L'oeuvre orchestrale d'Olga Neuwirth. C'est insupportable, grotesque, scandaleux. Et surtout ça fait mal. Exemple : L'oeuvre pour orgue de Philip Glass. Je suis mort.

Carnets sur sol

21 mars

[indiscrétions] – Philharmonie de Paris : programmation 2015-2016

Eu égard à ses nombreux agents dormants disséminés dans toutes les allées du Pouvoir, Carnets sur sol dispose du contenu de la saison prochaine de la Philharmonie, qui ne sera annoncée officiellement que dans un mois. Comme il ne nuit à personne d'en dire un peu plus et que les milieux informés vont bientôt bruisser d'informations, ouvrons le ban. 1. Confirmation des principes Conformément à ce que laissait percevoir cette première saison, la Philharmonie ne sera pas l'exacte addition de Pleyel et de la Cité de la Musique. Les sièges en petits marteaux du second balcon de la Philharmonie. On y verra de grands événements monumentaux qui n'étaient envisageables dans aucune des deux salles précédentes (en particulier les événements hybrides, comme cette saison la Jeanne d'Arc semi-mise en scène ou les Feux d'artifice façon « son & lumière ») ; mais dans le même temps, disparaîtront les programmes plus pointus de Pleyel (moins d'œuvres rares insérées dans les concerts) et surtout (complètement !) les programmes thématiques de la Cité de la Musique — je n'allais pas forcément voir ces derniers, justement parce qu'ils étaient très mêlés, dans des thématiques parfois lâches (la dernière, « guerre et paix », franchement !), ce qui imposait de changer de posture d'auditeur plusieurs fois dans la même soirée, sans pouvoir vraiment s'installer, ou de mélanger des pièces exaltantes avec d'autres qui font moins envie. D'une manière générale, l'évolution va dans le sens du projet annoncé, de la musique classique qui s'ouvre davantage au grand public : plus de programmes spectaculaires (au sens le plus littéral du terme), et un peu moins de niches disséminées (les soirées sont en général plus homogènes dans leur programme, ce qui n'est pas forcément un mal de mon point de vue). 2. Bruyante hilarité À la découverte du programme, je dois le confesser, j'ai ri ; tellement l'ensemble caricature l'image branchouille parfois (souvent) reprochée à la Cité de la Musique et au Centquatre, naviguant entre l' « ouverture aux des musiques populaires » et le concert-prétexte-à-faire-du-concept, permanent va-et-vient entre une forme de facilité (donner au public ce qu'il veut, les artistes à la mode et le Boléro de Ravel) et à l'opposé l'imposition massive de niches qui n'intéressent personne (musique contemporaine d'il y a longtemps, spectacles-concepts…) ; on aurait dit que les programmateurs se parodiaient eux-mêmes. Lignes de force. 3. Présence hors classique Ouverture aux autres genres. ¶ Chanson française chic : Jacques Higelin, Mathieu Boogaerts, « Piaf-Cocteau », « Hommage à Barbara », Émilie Loizeau (reprises de Lou Reed, sous quelle forme ?)… ¶ « Musiques du monde » vaguement starisées : Toumani Diabaté, Ibrahim Maalouf, Les Ambassadeurs (du Mali) — essentiellement des représentants « internationaux » (diversement authentiques), en général mentionnés par leur nom et non par leur style. ¶ Et même un peu de musiques amplifiées : le DJ Todd Terje. 4. Concerts très grand public Beaucoup de concerts soit vendus avec une étiquette accrocheuse, soit réellement constitués autour d'une thématique propre à motiver les profanes. ¶ Des concerts spécifiquement conçus pour les enfants (incluant même un opéra d'Aboulker et un opéra de Dupin !). ¶ Des thématiques grand public : « les balades littéraires de Robert Doisneau », « Orient-Occident » (avec du Bach…), deux programmes « Chagall », « Paris-Bamako », « Piaf-Cocteau », « Boléro » (incluant le Concerto pour violon de Tchaïkovski et le Mandarin merveilleux – heu), « Le choc des titans » (Beethoven-Mahler… vraiment un titre a posteriori, le premier étant représenté par le très mineur et rétro Deuxième concerto !), « American Dream » (des Gershwin aux Miz ), « Shakespeare », « Nouvel an chinois »… ¶ Concerts cinéma : ciné-concerts proprement dits, mais aussi des concerts autour des musiques composées par John Williams (par l'Orchestre Colonne, comme chaque saison) ou Alexandre Desplats (LSO !), des musiques utilisées par David Lynch, soirées « Standards du cinéma », « Mickey Mouse », « Pixar »… 5. Scies Classiques éternels L'essentiel de la programmation (une bonne moitié des concerts) reste extrêmement traditionnelle : on y retrouve les mêmes compositeurs sans cesse au programme au fil des saisons, dans la même organisation (que la nouvelle programmation n'a pas servi, hélas, à briser) de type ouverture-concerto-symphonie — ce qui constitue vraiment un non-sens pour moi, le public qui a envie d'entendre un virtuose prendrait volontiers deux ou trois concertos, tandis que celui venu pour la musique plus symphonique n'est pas toujours très intéressé par ce pan du répertoire. Sans parler des contraintes supplémentaires en matière d'adéquation entre le soliste, le chef, l'orchestre et le programme, et du temps beaucoup plus contraint pour les œuvres à représenter (il reste de la place pour une œuvre courte en première partie et une œuvre moyennement longue en seconde partie). ¶ Les germaniques romantiques cardinaux : énormément de Beethoven (concertos pour piano partout, intégrale des symphonies par les Berliner Philharmoniker…), Mendelssohn (intégrale par le Chamber Orchestra of Europe), Brahms (concertos, symphonies, musique de chambre), Mahler (une fois la Cinquième, deux fois la Quatrième et la Septième, trois fois la Première et la Troisième)… ¶ Spécificité parisienne qui peut sembler luxueuse aux provinciaux, mais qui est très commune à Paris, les figures emblématiques du début du XXe siècle (très large public parisien pour remplir ces programmes). Il est vrai qu'on en a profité pour jouer des œuvres ambitieuses à vaste effectif comme le Boléro. On trouvera donc en grande quantité Schönberg (Gurrelieder), Ravel, Bartók (le Prince de bois, le Mandarin merveilleux deux fois, plus un concert monographique), Rachmaninov (culminant avec les rares et spectaculaires Cloches), Stravinski (plein de fois l'Oiseau et le Sacre, comme d'habitude, mais aussi des choses plus rares, comme Le Rossignol – suite d'orchestre ou opéra, je ne suis pas sûr de ce qui a été choisi), Chostakovitch (symphonies, mais surtout l'intégrale des Quatuors à la Biennale de quatuor). 6. Musique contemporaine Dans le même temps, on trouvera beaucoup de concerts de musique contemporaine… avec toujours les mêmes noms qui reviennent. ¶ Vieilles avant-gardes : Varèse, Romitelli, Schnittke, Berio, Nono (Prometeo !), Stockhausen (un cycle, comme tous les ans), Boulez (comme toujours), (Pierre) Henry (une soirée), B.A. Zimmermann, Murail, Grisey, Aperghis (une soirée thématique), Henze, Manoury (multiples commandes), Ferneyhough… ¶ Quelques noms peu connus pour des pièces ponctuelles, sinon on retrouve surtout les noms de gens à la mode (hors Neuwirth et Pintscher, plutôt des gens de qualité… enfin, Ferneyhough rarement, mais il peut… et Lindberg même s'il fait tout le temps la même chose) : Rihm, un opéra de Jolas, Lindberg, Trojahn en assez grande quantité, Jarrell, une soirée Neuwirth, Pintscher, deux concerts avec Unsuk Chin. Et puis, beaucoup moins dans la ligne du Parti, Escaich (à l'occasion de l'inauguration officielle de l'orgue) et P.M. Davies. ¶ Et, pour un public bien différent, les amis planants : deux concerts avec Philip Glass (création française du Concerto pour deux pianos avec les sœurs Labèque, et un spectacle métissé avec Angélique Kidjo) ; et pas moins de huit soirées pour Arvo Pärt superstar (dont trois films, une double soirée monographique de l'Orchestre de Paris et trois autres soirs où il représente le tiers à la moitié du programme) ! Au passage, il doit y avoir un amant fana d'Esteban Benzecry dans l'équipe, parce que voilà deux saisons qu'on en a tout le temps dans plein de compléments de programme (quasiment le seul contemporain à être ainsi mis hors sol) – alors que son jeune âge (né en 1970) et sa musique mignonnette aux échos folklorisants sont assez en décalage à la fois avec les logiques de notoriété et les esthétiques dominantes dans l'écurie Bayle. Cela dit, c'est une musique agréable et bien faite qui a tout pour séduire le public traditionnel, c'est donc à mon avis plutôt un bon service à rendre à l'image publique de la musique contemporaine (même si ce n'est, fondamentalement, pas majeur – mais Berio et Ferneyhough pas forcément non plus, il est vrai). La promotion de Benzecry vis-à-vis d'autres compositeurs tonals (dont certains nettement plus personnels et inspirés, à mon sens) paraît un peu arbitraire, cependant mettre à l'honneur un nouveau nom de façon un peu persistante, à la manière d'une résidence, pour créer une familiarité avec le public ne me paraît, là encore, pas illégitime du tout. Voilà pour le profil majoritaire des programmations. 7. Invitations et résidences Compositeurs : intégrale des quatuors de Chostakovitch. série et week-end Stockhausen. série Pärt. Orchestres & chefs : fin de l'intégrale des Symphonies de Sibelius (3,4,5) par Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris en 3 concerts différents. Simon Rattle et les Berliner Philharmoniker pour 5 concerts d'une intégrale des symphonies de Beethoven (novembre). Yannick Nézet-Séguin et le Chamber Orchestra of Europe pour une intégrale des symphonies de Mendelssohn en 2 concerts (février) Riccardo Chailly et le Gewandhaus de Leipzig pour 3 concerts de couplages Mozart-R.Strauss (octobre). Valery Gergiev et le London Symphony Orchestra pour 2 concerts Stravinski (Symphonie en ut, Rossignol, Sacre du Printemps) et Stravsinski-Bartók (Oiseau de feu, Suites de danses, Mandarin merveilleux), en octobre. Ensembles récurrents : 7 concerts (plus 7 ateliers !) des Arts Florissants : sélection de madrigaux de Monteverdi, Messe en si de Bach, airs de cour français, motets des Bouteiller, deux concerts Louis XIV, une collaboration de solistes du chœur avec l'Intercontemporain. D'ailleurs, leurs spectacles (Cité de la Musique essentiellement) sont très chers (32€ en tarif minimum), pour des œuvres qu'on a l'occasion d'entendre Jordi Savall pour les Vêpres de Monteverdi, La Resurrezione de Haendel et un concert thématique Ibn Batouta. Thématiques : série Louis XIV, à l'occasion de la très audacieuse programmation du CMBV autour de la figure la plus méconnue de cette période. week-end musiques (baroques) religieuses de Pâques. week-end bidouillages : concert à vingt pianos et électronique, ballet de Pierre Henry, Quatre Saisons de Max Richter… week-end vents. week-end féminin (où l'on invite des femmes pour jouer Beethoven et Liszt, c'est sûr qu'on ne fait jamais ça d'habitude). week-end Chagall. série Aix-en-Provence. week-end Avishaï Cohen week-end Piaf. week-end Higelin. week-end Ibrahim Maalouf. week-end arabe. En termes d'invitations massives, rien de très hardi pour les programmes (mais c'est la norme, hélas) ; quant aux thématiques artificielles ou de « bonne conscience » des week-ends, chacun jugera à sa propre aune si c'est sympathique, pénible ou indifférent. [Je n'ai toujours pas compris l'intérêt de grouper les spectacles d'une même esthétique au même moment : des gens qui auraient pu, en une saison, aller deux ou trois fois entendre du Stockhausen ou des griots ne le feront probablement pas en un seul week-end… Est-ce pour créer artificiellement un événément et générer ainsi de la publicité qui, elle, fait encore mieux remplir ?] 8. Disparitions En creux, on note aussi certaines programmations qui s'amenuisent sévèrement. ¶ Beaucoup moins de baroque, en tout cas de baroque italien — l'opéra seria, très représenté à la Cité de la Musique, semble avoir largement disparu (à part Don Chisciotte de Conti, qui est d'ailleurs à part, une œuvre bouffonne, moins fondée sur la virtuosité vocale). Du côté instrumental, les Italiens n'ont plus rien, je crois. Le baroque français est mieux représenté (grâce surtout aux Arts Florissants et à une invitation des Talens Lyriques et d'Amarillis), mais on n'a plus de grosse production de rareté opératique ou balletistique comme autrefois (seulement Armide de Lully – 7 fois en Île-de-France en 7 ans ! –, que Rousset a déjà étrennée en province). Les habituelles productions pionnières de Reyne et Rousset (ce dernier ayant en plus été quasiment rayé de la carte à Versailles, où il avait élu domicile ces dernières années) n'ont pas lieu. Où se retranchent-ils, alors ? Je commence à m'alarmer, je ne les vois nulle part dans les lieux susceptibles de les accueillir. ¶ Toujours très peu de la période classique : Mozart est abondamment représenté, mais essentiellement pour les mêmes concertos pour piano (deux fois 9, puis 19-20-21-24) et surtout beaucoup de musique vocale (opéra – Lucio Silla avec Fagioli et Equilbey –, musique sacrée en abondance, airs de concert, récitals vocaux à plusieurs…). En revanche, pour Haydn, deux symphonies (6 et 49) et un quatuor (Op.50 n°3), en tout et pour tout. Quant aux autres… ¶ Pas de lied. Seulement le Winterreise de Goerne & Hinterhäuser (quelle originalité…) mis en scène par Kentridge pour le Festival d'Aix. Autre gros pan des traditions de la Cité de la Musique qui s'envole — il y avait traditionnellement, en plus, des schubertiades à plusieurs chanteurs, permettant d'entendre les liederspiele de Schumann ou les petits ensembles de Schubert (voire la saynète du Lapin du repas de noces !). Avec la disparition de la série des Convergences à l'Opéra de Paris, il ne va plus guère rester que l'auditorium du Musée d'Orsay (où le lied n'est pas majoritaire par rapport aux mélodies, songs et miniatures vocales d'autres langues) du côté de la saison officielle. Il faudra donc fouiner du côté du Conservatoire Supérieur (avec les aléas de programmations annoncées au dernier moment et d'étudiants qui peuvent être fulgurants ou peu adaptés à l'exercice), des Invalides, de l'Institut Goethe et de petites salles ou divers à-côtés chez des institutions peu spécialisées… Frustrant. ¶ Peu de mise en avant de stars. Oh, bien sûr, les programmes ne contiennent que des célébrités (artistes les plus en vue internationalement ou interprètes à la mode en France – les seconds étant souvent plus intéressants que les premiers, d'ailleurs ; preuve supplémentaire de la vacuité des hiérarchies en la matière), mais les concerts sont présentés selon leur programme (changement agréable par rapport aux habitudes de Pleyel) et non avec seul argument la venue de leur interprète. Seulement deux exceptions pour toute la saison (glottophiles comme il se doit) : Dessay dans de la mélodie française, et le couple Bartoli-Villazón dans Mozart-Rossini-Donizetti-Bellini. Plutôt un changement agréable : ça évite l'ésotérisme inutile pour les profanes, et ça renseigne davantage les mélomanes sérieux. D'une manière générale, à part les répertoires forts cités de §3 à §7, on trouve assez peu des autres styles et genres. J'ai l'impression, d'ailleurs, qu'il y a beaucoup moins de concerts à la Cité de la Musique. 9. Les événements de la saison Quelques moments forts à signaler. D'abord, le sommet absolu de la saison, vraiment le concert rare où il faut être, Berlin : Die Sinfonie der Großstadt, le film de Walter Ruttmann, accompagné par la partition d'Edmund Meisel, l'un des plus beaux exemples de musique postromantique, décadente et mécaniste (à la fois !), une œuvre d'une beauté proprement sidérante (et rarissime en concert). Interprétée par Frank Strobel (spécialiste des musiques de film germaniques décadentes, justement… version de référence pour Huppertz ) et le « Symphonique de Strasbourg » (Philharmonique de Strasbourg ? Symphonique des Jeunes de Strasbourg ?). Et puis pas mal d'autres choses : ¶ Oratorios Saint François de Gounod et Sainte Cécile de Liszt, le même soir ! Deshayes, Barbeyrac, Gautreau, Orchestre de Chambre de Paris, Équilbey. ¶ Intégrale des concertos de Carl Nielsen au fil de la saison ; ils sont très personnels et assez beaux… si ça pouvait donner envie de poursuivre avec une intégrale des symphonies la saison suivante — j'aurai peu de probabilité de pouvoir jamais entendre les deux premières, autrement. ¶ La fin de l'intégrale des symphonies de Sibelius par Paavo Järvi et l'Orchestre de Paris. La lisibilité et la tension de leurs lectures placent leur cycle au sommet de tout ce qui a jamais été produit dans ce répertoire… Il reste les 3, 4 et 5, chacune programmée dans un concert. ¶ Les Cloches de Rachmaninov (Orchestre de Paris, Rozhdestvensky), au sein d'une soirée tout Rachmaninov (Caprice bohémien, Quatrième concerto avec Postnikova). Leur caractère spectaculaire (dans la veine du Prologue de Francesca da Rimini) sied particulièrement au concert. ¶ Intégrale des quatuors de Chostakovitch par les quatuors les plus en vue (Arditti, Jérusalem, Danel, Hagen, Artemis, Casals, Modigliani, Béla, Zaïde, Tetzlaff, Pacifica) ¶ Concert-conférence autour des quatuors de Weinberg/Vainberg, avec les Danel, spécialistes (fulgurants) des quatuors soviétiques. ¶ Le monumental Gruppen de Stockhausen, ses trois orchestres et ses trois chefs obligés (Pintscher, Vis, Fitzsimon), par l'Ensemble Intercontemporain et l'Orchestre du Conservatoire de Paris. Son œuvre la plus immense et paradoxalement l'une de ses plus intelligibles et immédiatement séduisantes (elles ne sont pas si nombreuses dans ce cas !), rarement donnée en raison des effectifs requis. ¶ Autre monument de l'avant-garde d'il y a longtemps, le Prometeo de Nono contient, à la façon de Licht du camarade Sto, des œuvres détachables – dont certaines parmi les meilleures de son catalogue (¿ Dónde estás hermano ? provient de là, par exemple). L'argument d'un Prométhée déconstruit et pas vraiment narratif (mosaïque d'auteurs) n'est pas forcément attirant, mais la musique, dans le détail, en est tellement suggestive que l'aventure est très tentante. Vaste fresque et grande rareté, de surcroît. De mon côté, je ne pourrai par être à Gruppen (La Liberazione di Ruggiero de Francesca Caccini que je veux voir depuis dix ans, encore plus rare – et un peu plus séduisante tout de même – a lieu simultanément à Versailles, dommage). En revanche, je tâcherai d'aller voir tout ça (sauf les concertos de Nielsen, très épars dans les programmes). Curieux aussi de l'opéra de Betsy Jolas, malgré son titre façon resucée conceptualisée des mythes grecs : « Iliade l'Amour ». À cela, j'ajoute quelques non-raretés qui me font personnellement envie : => Armide de Lully par Rousset, dans une distribution à se rouler par terre : Marie-Adeline Henry, Julian Prégardien, Marc Mauillon, Andrew Schroeder, Judith van Waroij, Marie-Claude Chappuis (et Julien Véronèse, Fernando Guimarães et Hasnaa Bennani dans de plus petits rôles). Ça me fera trois Armide de Lully en six ans, bon rendement. => Récital baroque français de Patricia Petibon, avec l'Ensemble Amarillis : magiciennes de Charpentier, Marais, Leclair et Rameau. Donc Médée et Circé en perspective ! Vu sa qualité dans ce registre dans son disque avec les Folies Françoises, et l'évolution plus adéquatement dramatique de sa voix, ce devrait être très persuasif. => Motet (Singet dem Herrn !) et cantates de Bach par l'Ensemble Pygmalion. Vu la qualité hallucinante du chœur, le motet le plus virtuose de Bach promet d'être ébouriffant, le reste bouleversant. Me déplaçant pour du Bach, les habitués mesureront toute la certitude de l'excellence de la chose. => Symphonie fantastique de Berlioz par l'Orchestre du Capitole de Toulouse et Tugan Sokhiev. Je crois que c'est l'orchestre le plus engagé que j'aie vu sur une scène, et dans du Berlioz en plus… Le déplacement s'impose. => Motets de Mendelssohn par l'Orchestre de Paris et Thomas Hengelbrock : Psaume 95, Von Himmel noch et le rare Christus (en entier ?)… que des musiques merveilleuses, par un chef qui claque… (Couplé avec le Magnificat de Bach, bien sûr – ouvertement pastiché par Mendelssohn dans son propre Magnificat.) => Requiem de Verdi par Noseda : avec l'Orchestre de Paris et surtout son Chœur, dans l'acoustique généreuse et confortablement réverbérée de la Philharmonie, voilà qui tente assez fort (Borodina, Meli et Pertusi, qui à défaut d'être mes modèles ne sont pas des manchots de petites glottes, devraient être de la partie). => Lieder contemporains avec ensemble de P.M. Davies, Rihm, Jarrell et David Hudry, par le liedersänger Georg Nigl avec l'Intercontemporain (direction Heras-Casado). Peut-être aussi le concert Louis XIV des Arts Florissants mêlant opéra (Atys, Armide, Médée), petit (Lully) et grands (Charpentier, Lalande, Desmarest) motets, divertissements (Lully, Charpentier, Lalande)… rien que du célèbre, mais un sympathique raccourci de ce qui s'est fait de mieux dans la période. (En tout cas, pour ce qui est du pionnier, l'ensemble est vraiment dans une période gaste.) 10. Bilan D'abord, bien sûr, il ne s'agit que d'informations indirectes, de recoupements de bruits de couloir et d'indiscrétions… je ne puis pas garantir qu'elles soient toutes exactes, ni qu'il n'y ait pas de changement avant l'annonce officielle de la saison. Mais, dans l'ensemble, ça devrait assez ressembler à ça (Prometeo est déjà annoncé par le Festival d'Automne, par exemple). Ensuite, entendons-nous bien sur les râleries quant à l'orientation des programmes : il est très normal qu'un projet aussi vaste, avec une ambition affichée aussi vigoureuse, mène à des changements. Et, on peut le voir, vu la quantité de l'offre, j'ai en ce qui me concerne largement de quoi remplir mon calendrier, et même de quoi renoncer à pas mal d'entre ces concerts. Je suppose que pour ceux qui s'y rendent moins souvent, ou qui sont un peu moins grincheux, la mission est d'autant plus facile. Mon amusement porte surtout sur la structuration très caractéristique de l'offre musicale, selon un schéma très familier du discours des élites politiques actuelles sur la musique classique : on lit littéralement la note d'intention dans le grand écart qui enjambe des styles entiers, mais bichonne simultanément la chanson à la mode et les compositeurs du sérail. Car mes doutes portent davantage sur la justification des choix idéologiques des programmateurs : je ne suis pas persuadé que mettre Higelin à deux jours d'intervalle de Neuwirth crée la moindre porosité entre les genres… on y parviendrait plus facilement avec des concerts de format moins traditionnel (toutes les thématiques cinéma proposées sont à mon avis infiniment plus efficaces de ce point de vue) ou avec la présentation de compositeurs contemporains moins solipsistes, accessibles avec un bagage auditif standard. Mais c'est une très vaste question, où il faut forcément prendre un parti et faire de l'idéologie à un moment donné… en ce sens, d'accord ou pas, la position choisie n'est pas illégitime. Et personne n'a jamais cru que la construction d'une nouvelle salle règlerait d'emblée tous les enjeux de l'accès à la musique classique et de la pénétration de la création contemporaine.



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17 mars

Pablo Marquez et la Zamba indomptable

« Une Zamba est une oeuvre d’art total, en miniature » RM: Qu’est-ce qu’une Zamba ? ResMusica: On pourrait dire que c’est une œuvre d’art total, en miniature. En plus de la musique, c’est un texte poétique, et en même temps une danse. Gustavo Leguizamón en a écrit plus d’une quarantaine. Il ne faut pas les confondre avec les sambas brésiliennes, binaires, venues des traditions de la musique africaine. La zamba a un rythme ternaire. Cuchi disait que dans chaque zamba, se cache une baguala endormie, comme une sorte de mémoire génétique. C’est un mot qui veut dire indomptable, en quechua, la langue des anciens Incas. RM: Pourquoi consacrer un album à Cuchi ? PM: Gustavo Leguizamón, Cuchi, était un homme d’une culture exceptionnelle, musicien et poète, grand lecteur et aussi, par hasard, mon professeur d’Histoire au Colegio Nacional quand j’avais 13 ans. Lorsque je l’ai vu entrer pour la première fois dans la classe, j’ignorais complètement que c’était l’un des plus grands musiciens de l’Argentine, l’auteur de zambas archi connues que je chantais depuis mon enfance. Peu à peu je me suis aperçu que ce prof fantasque, drôle, hypercultivé, était l’auteur de chansons dont je n’imaginais même pas qu’elles aient eu un auteur. Lui-même disait souvent que « l’éloge suprême pour un artiste est que son œuvre soit considérée comme anonyme ». RM: Comment situez-vous son apport à la musique argentine ? PM: Cuchi est l’un des plus important représentants de la musique traditionnelle argentine, moins connu qu’Atahualpa Yupanqui ou Edoardo Falu, mais sa liberté harmonique exceptionnelle, a bousculé tous les canons de l’époque. Dans une alchimie prodigieuse et surprenante, il a réussi à incorporer des idées mélodiques et harmoniques dans la musique traditionnelle argentine sans jamais en perdre l’essence ni la force tellurique. Érudit et populaire à la fois, il est un lien entre la musique savante et la tradition orale. RM: Quel est son lien avec la musique savante? PM: C’était un grand mélomane qui admirait aussi les grands classiques, Beethoven surtout, mais aussi les compositeurs du début du XXème siècle – Debussy, Ravel, Stravinsky ou Schoenberg – qu’il a étudiés passionnément en autodidacte. Bien que la filiation avec Debussy et Ravel soit assez apparente –notamment du point de vue harmonique- celle avec Schoenberg est plus difficile à détecter. Néanmoins, en plus d’oser une pièce sans tonalité comme Chacarera del holgado (Cuchi la définissait comme une « chacarera cubiste »), il construit sa Zamba del carnaval sur une mélodie qui comporte les douze notes d’une série dodécaphonique. Le contraste avec les pièces diatoniques en est d’autant plus saisissant. RM: Quel rapport entre cet album et le Clavier bien tempéré ? PM: C’est un peu par hasard que j’ai eu l’idée de parcourir tout le spectre tonal. Mon projet original était de représenter la part importante des zambas dans la production de Cuchi en alternant huit zambas avec huit autres pièces dans d’autres formes et rythmes. Pour éviter la monotonie et offrir une profusion de couleurs, je me suis mis au défi de ne répéter aucune tonalité. Vers la fin de mon travail d’arrangement, dans l’une des pièces –Chilena del solterón- je me suis mis à moduler, et à partir de là il n’y avait plus qu’un pas pour compléter le cycle des 24 tonalités. Au fur et à mesure que j’avançais dans ce travail d’arrangement j’ai acquis la certitude que c’était le juste chemin, au vu du peu de tonalités courantes dans la guitare traditionnelle soliste – à moins d’avoir recours à un capodastre. C’était ma manière d’enrichir la pratique du folklore. Mon choix de visiter toutes les tonalités est aussi une revendication de ma formation classique face à la musique traditionnelle car, même si la spontanéité et la facilité improvisatrice des guitaristes traditionnels m’est étrangère, je peux dire que je porte cette musique dans mon sang. Photo : Pablo Marquez par Juan Hitters

Maurice Ravel
(1875 – 1937)

Maurice Ravel (7 mars 1875 - 28 décembre 1937), était un compositeur français de l’époque moderne. Avec son aîné Claude Debussy, Ravel fut la figure la plus influente de la musique française de son époque et le principal représentant du courant dit impressionniste au début du xxe siècle. Son œuvre, modeste en nombre d'opus (quatre-vingt-six œuvres originales, vingt-cinq œuvres orchestrées ou transcrites), est le fruit d'un héritage complexe s'étendant de Couperin et Rameau jusqu'aux couleurs du jazz et d'influences multiples dont celle, récurrente, de l'Espagne. Caractérisée par une grande diversité de genres, la production musicale de Ravel respecte dans son ensemble la tradition classique et s'étale sur une période créatrice de plus de quarante années qui la rendent contemporaine de celles de Fauré et Debussy mais aussi de Stravinski, Bartók ou Gershwin. La grande majorité de ses œuvres a intégré le répertoire de concert. Parmi celles-ci le ballet symphonique Daphnis et Chloé (1909-12), le Boléro (1928), les deux concertos pour piano et orchestre (pour la main gauche, 1929-31 ; en sol majeur, 1930-31) et l’orchestration des Tableaux d'une exposition de Moussorgski (1922) sont celles qui ont le plus contribué, depuis des décennies, à sa renommée internationale. Reconnu comme un maître de l’orchestration et un artisan perfectionniste, Ravel ne s'est jamais départi d'une sensibilité et d'une expressivité particulière.



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