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Musique classique et opéra par Classissima

Maurice Ravel

jeudi 30 octobre 2014


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27 octobre

Parfums latinos avec Diego Matheuz

Resmusica.com L’Orchestre national de Lyon a eu l’heureuse idée de convier le chef vénézuélien Diego Matheuz . Produit d’une école de direction qui nous déjà offerts plusieurs jeunes « prodiges » comme le planétaire Gustavo Dudamel , le brillant Christian Vásquez ou les sérieux Rafael Payare et Domingo Hindoyan , Diego Matheuz est l’un des jeunes chefs que l’on s’arrache : il est déjà directeur musical de La Fenice de Venise et chef invité auprès de l’Orchestre symphonique de Melbourne. Pour ce concert intitulé « parfums latinos », il se présentait, seul face à l’orchestre, dans un programme latino composé d’un tube et de deux raretés. Les « Danses symphoniques » tirées de West Side Story sont l’un des chevaux de bataille des orchestres, surtout des orchestres de jeunes. Fuyant le côté imagerie de carte postale, le chef impose une lecture assez noire de ton, dramatique dans ses effets et concentrée sur la gestion d’un flux orchestral assez massif (et qui vire trop souvent au bastringue débraillé avec des baguettes moins compétentes). Sa précision rythmique met en valeur les pupitres, très concernés de l’Orchestre lyonnais. On peut reprocher au chef un ton un peu trop sérieux, mais sa lecture possède le mérite de la constance et de la solidité. Deux petites piécettes complétaient la partie purement symphonique de ce concert : la pittoresque rapsodie Huapango de Moncayo et la transe infernale Sensemayà de Revueltas, deux compositions mexicaines. Diego Matheuz sait garder l’essence de cette musique sans en forcer le trait. Dans Revueltas, il déchaine une mécanique orchestrale carénée et tellurique digne d’une Valse de Ravel ou de Pacific 231 d’Honegger. L’orchestre se montre très à son aise dans cette musique assez éloignée de son cœur de répertoire mais qui permet aux vents, aux cuivres et surtout aux percussions de s’en donner à cœur joie. Tête d’affiche de la soirée l’inénarrable duo de formé de Katia et Marielle Labèque aura drainé un public de groupies nombreux (et plus tout jeune). Côté musical, l’oreille reste dubitative devant un Concerto pour deux pianos Poulenc loin, très loin, de sa gouille naturelle et de son côté polisson. Poulenc en devient un ersatz de Rachmaninov et de Stravinsky en perdant sa logique et son naturel. Fort heureusement, la Rapsodie espagnole de Maurice Ravel, jouée en prolongement du concerto, était plus belle de texture et plus vraie de style. Un petit extrait jazzifiant de Milhaud à travers la « Brazileira » du Scaramouche était un bis bienvenu qui se fondait dans l’essence de ce programme latino. On retiendra donc de ce concert la personnalité du chef d’orchestre Diego Matheuz, ce tout juste trentenaire témoigne d’un sérieux et d’une capacité à transcender un orchestre, mais l’on espère le revoir très rapidement à Lyon pour le « jauger » dans un répertoire plus conséquent. Crédits photographiques : Marco Caselli Mirmal

Carnets sur sol

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[Sélection lutins] — Les plus beaux concertos pour piano

… une nouvelle remise des putti d'incarnat, sur le terrain abondant mais inhospitalier des concertos pour piano. Principe Le concerto est, de façon parfaitement explicite (au même titre que l'opéra seria ), le lieu de la virtuosité, avant d'être celui de la musique. Mais autant le concerto pour violon peut s'échapper de la contrainte par des mélodies rêveuses et des atmosphères orchestrales prégnantes , autant celui pour piano, à cause même de la nature de l'instrument (harmonique) et de l'expression de sa virtuosité (en général du remplissage par gammes et arpèges), laisse moins de place à l'évocation… le piano s'impose dans le discours, et ne peut pas être un prétexte de second plan — cela arrive rarement en tout cas, et l'on voit bien pourquoi. En conséquence, le concerto pour piano est un univers pas toujours très exaltant musicalement, sauf à aimer le piano comme d'autres aiment la glotte — et c'est pourquoi, depuis quelque temps déjà, j'ai soigneusement relevé le nom de ceux qui me paraissaient dignes d'être découverts ou réécoutés. Les voici pour vous. Détail tiré de L'Audition du concerto, tableau allégorique de Lagrenée l'Aîné. Huile sur toile, 1766. Collection particulière. -- Liste Comme il est excessivement rare qu'un compositeur post-1800 écrive plus de six concertos (et encore plus qu'il y en ait plus de trois d'intéressants !), on peut se payer le luxe d'une présentation par date de composition (quelquefois d'édition, mais j'ai tâché de faire attention aux grands écarts), plus féconde à mon sens. Comme (parce que) c'est l'usage , la sélection est fondée sur ma subjectivité (les astérisques aussi). 1777 – **Mozart n°9 en mi bémol (K.271) 1786 – *Mozart n°22 en mi bémol (K.486) 1786 – **Mozart n°23 en la (K.488) 1786 – Mozart n°24 en ut mineur (K.491) 1788 – Mozart n°26 en ré (K.537) ???? – Dittersdorf unique concerto pour piano 1795 – Beethoven n°1 en ut (Op.15) 1797 – *Cramer n°2 en ré mineur (Op.16) 1806 – Beethoven n°4 en sol (Op.58) 1809 – **Beethoven n°5 en mi bémol (Op.73) 1816 – *Hummel Concertino en sol, adaptation du concerto pour mandoline de 1799 (Op.73) 1816 – *Hummel n°2 en la mineur (Op.85) 1823 – Kalkbrenner n°1 en ré mineur (Op.61) 1825 – Cramer n°8 en ré mineur (Op.70) 1826 – *Mendelssohn Capriccio brillant (Op.22) 1830 – **Chopin n°2 en fa mineur (Op.21) 1830 – **Chopin n°1 en mi mineur (Op.11) 1833 – *Chopin Rondeau à la Krakowiak (Op.14) 1833 – Hummel Introduction & rondo brillant, en fa mineur (Op.127) 1834 – *Mendelssohn Rondo brillant (Op.29) 1835 – Wieck-Schumann en la mineur (Op.7) 1837 – Mendelssohn n°2 en ré mineur (Op.40) 1838 – Mendelssohn Sérénade et Allegro giocoso (Op.43) 1845 – *Schumann en la mineur (Op.54) 1858 – **Saint-Saëns n°1 en ré (Op.17) 1859 – *Brahms n°1 en ré mineur (Op.15) 1869 – *Saint-Saëns n°3 en mi bémol (Op.29) 1875 – Saint-Saëns n°4 en ut mineur (Op.44) 1875 – Tchaïkovski n°1 en si bémol mineur (Op.23) 1881 – **Brahms n°2 en si bémol (Op.83) 1884 – Tchaïkovski Fantaisie de concert en sol (Op.56) 1885 – *Franck Variations symphoniques (FWV 46) 1889 – Lalo en fa mineur 1890 – *Debussy Fantaisie (L.73) 1892 – *Tchaïkovski-Taneïev Andante & Finale 1893 – Tchaïkovski n°3 en mi bémol (Op.75) 1893 – Stenhammar n°1 en si bémol (Op.1) 1901 – Rachmaninov n°2 en ut mineur (Op.18) 1907 – Stenhammar n°2 en ré mineur (Op.23) 1908 – X. Scharwenka n°4 en fa mineur (Op.82) 1909 – Rachmaninov n°3, en ré mineur (Op.30) 1913 – Prokofiev n°2, récrit en 1923 (Op.16) 1920 – Marx en mi 1923 – Schulhoff n°2 (Op.43) 1923 – Korngold pour la main gauche, en ut dièse (Op.17) 1927 – Medtner n°2 en ut mineur (Op.50) 1930 – *Ravel pour la main gauche, en ré (M.82) 1930 – Ireland en mi bémol 1931 – *Schmitt symphonie concertante 1932 – Cras unique concerto pour piano 1942 – Schönberg (Op.42) 1943 – Medtner n°3 (Op.60) 1944 – Egge n°2 avec orchestre à cordes (Op.21) 1954 – *Tveitt n°5 (Op.156) 1967 – Stockhausen, concerto en sol majeur (S.666) 1988 – *Ligeti unique concerto pour piano 1993 – *Fedele unique concerto pour piano 1996 – Silver unique concerto pour piano -- Infra-sélections Ici, pas d'hésitation pour moi, Mozart et Brahms (et Chopin dans un genre quasiment sans orchestre) écrasent tout. Dans le genre ultime, j'adjoins donc un surtout un Beethoven et un Saint-Saëns. Mais dans ce répertoire assez centré sur la virtuosité, assez peu d'œuvres majeures à distinguer. C'est pourquoi j'ai favorisé (œuvres à un astérisque) soit des pièces pourvues d'une originalité forte (Tveitt et Ligeti décoiffent vraiment), soit des piécettes charmantes qui valent un peu plus que ce qu'on pourrait croire (les Cramer, Hummel, Mendelssohn et Debussy). Évidemment, en valeur musicale absolue, la hiérarchie serait assez sensiblement différente. Dans le même registre, je n'ai pas mis tous les Rachmaninov, Prokofiev et Medtner, mais il va de soi que leurs moins bons concertos valent largement les meilleurs d'autres que j'ai cités. Mais le but étant de privilégier les découvertes, il serait fastidieux de noyer les pépites plus inattendues sous les catalogues intégraux de compositeurs déjà renommés. Il manque aussi quelques grands noms du piano brillant (Field et Moscheles, par exemple), mais j'ai eu quelque difficulté à me persuader de les inclure : sans même mentionner Chopin, une fois qu'on a écouté les concertos en mineur de Cramer et Hummel, on n'a pas grand'chose à y gagner. De même pour Haydn, je trouve dur de se passionner pour eux dans l'absolu, mais alors qu'on a une dizaine de grands Mozart à disposition, ça paraît un peu une perte de temps. Bien sûr, il faut les écouter pour essayer et se faire une image plus complète de l'univers de Haydn ; mais je ne me vois pas les recommander. Et puis, comme toujours, les biais de mes goûts personnels : pour ne pas se retrancher derrière des arguments absolus discutables, autant assumer ce que ses goûts ont de détour et de difformité. Pour finir, si l'on veut vraiment explorer un peu l'univers des concertos pour piano (pas la plus nourrissantes des formes canoniques, c'est entendu), suggérons un exemple de parcours express : un Mozart, Cramer n°2, Beethoven n°5, Chopin n°1, Schumann, Saint-Saëns n°1, les deux Brahms, Tchaïkovski n°1, Franck, un Rachmaninov, un Prokofiev n°2, Schulhoff, les deux Ravel, Schmitt, Schönberg, Tveitt n°5, Ligeti. Avec ça, on a une vue assez riche de ce qu'il est possible de faire de l'objet concerto, avec rien que des chefs-d'œuvre, et en évitant largement les doublons esthétiques. ¶ Retrouvez toutes nos sélections parmi les autres remises des putti d'incarnat : piano, sonates avec violon, trios, quatuor avec ou sans piano, quintette, symphonie, chœurs a cappella, musique sacrée, opéras rares, opéra contemporain, lieder…




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28 octobre

Les moissons de novembre

Comme chaque année, novembre est un mois particulièrement riche en découvertes potentielles… faites votre marché ! 1er — Saint-Louis-en-L'Île, 16h — Polyphonies géorgiennes. Un beau répertoire qui mérite d'être découvert. 2 — Musée d'Orsay, 15h — Les Lunaisiens, l'ensemble d'Arnaud Marzorati, proposent les chansons du pacifisme de 1840 à 1918 (j'espère un disque, même si l'émission lyrique de Marzorati n'est pas idéale du tout pour les détails expressifs du répertoire chansonnier). 4 — Versailles — Scylla & Glaucus de Leclair par Les Nouveaux Caractères. Un opéra du milieu du XVIIIe, mais où la déclamation prime encore sur la galanterie, malgré la présence abondante de (très belles) danses. Les invocations infernales de Circé sont particulièrement impressionnantes, il n'y a guère que Charpentier qui puisse s'y comparer, dans sa Médée (mais plus de soixante ans les séparent !). 4 — Centre Culturel Tchèque — Dagmar Šašková interprète des chansons jazzistiques de compositeurs tchèques : Jaroslav Ježek, Josef Kainar, Jiří Suchý & Jiří Šlitr, Jiří Bulis, Milan Dvořák. 4 — Saint-Quentin-en-Yvelines — Le Winterreise mis en scène par Oida dans le bel arrangement chambriste de Nemoto , avec le très grand schubertien Samuel Hasselhorn et Didier Henry (toujours en grande forme). 5 — Louvre — Le Trio Wanderer dans La Tombelle, Saint-Saëns et Chausson ! 6 — Louvre, 12h30 — Trio avec piano n°1 de Dubois (une de ses meilleures œuvres), et aussi Fauré et Lili Boulanger. Quel dommage que ce ne soit accessible qu'aux travailleurs des environs… 6 — Oratoire du Louvre — Romina Basso chante avec basse continue (théorbe, viole de gambe, clavecin) la première génération du baroque italien : Carissimi, Kapsberger, Rossi, Merula… 6 — CiMu — Sensamayá de Revueltas, sorte de sous-Sacre du printemps du Nouveau Monde à l'honneur cette année (plusieurs orchestres le programment). Couplage avec le Sacre, par l'Orchestre des Jeunes de Caracas. 7 — Chapelle du lycée Henri IV — Motets italiens et français rares (Boësset, du Mont) par l'ensemble Tirsi & Clori. 10€. 7 — Saint-Michel-des-Batignolles — Mélodies (et airs ?) russes, de Tchaïkovski à Medtner, pour ténor et piano. 7 — Billettes — Benjamin Alard (merveilleux, mais peu aventureux côté répertoire) propose un problème plus varié que d'ordinaire : Forqueray, Couperin, Rameau et… Bach. 7 — CiMu — Reich et Feldman. 8 — Billettes — Petits motets de Nivers, du Mont, Lully, Clérambault et Lorenzani par l'ensemble féminin (chœur à 6 et continuo) Athénaïs. Libre participation. 8 — Théâtre de la Ville — Staier joue Schumann sur piano d'époque (à en juger par les disques correspondants, ce n'est pas incommensurable, mais ça change un peu). 11 — CiMu — Jean-François Heisser joue au piano des d'Indy, Debussy, Saint-Saëns et Stravinski rares. 12 — Mairie du IXe, 13h — Schumann et Debussy, mais surtout Scriabine et Rautavaara au piano. Gratuit. 12 — CiMu — Lionel Peintre et l'ensemble Ictus dans Aperhis (Le Soldat inconnu). Couplé avec l'Histoire du Soldat de Stravinski, bien sûr. 12 — Cortot — Duo de pianos : Variations de Brahms sur Haendel, Deux contes de Medtner, La Valse de Ravel, transcription d'extraits du ballet Cendrillon de Prokofiev. 12 — Pleyel — Le pianiste Volondin joue notamment Prokofiev (opus 12, Sonate n°3) et Medtner (Reminiscenza), parmi d'autres choses plus traditionnelles – Scarlatti, Chopin. 13 — Favart — Ouverture de saison : raretés d'opéra comique et grands standards, par Antonacci, Petibon, Devieilhe, Degout et quelques autres (chanteurs de l'Académie notamment). Ce qui sera particulièrement intéresserant sera la présence des Siècles, qui interpréteront donc tout le programme d'une façon philologique inhabituelle. 14 — Invalides, 12h15 — Quatuor de guitares. 14 — Invalides — Musique de chambre et mélodie françaises : Dubois, Bonis, Hahn… Avec Isabelle Druet pour les parties chantées. 9€-15€. 14 — Théâtre de la Ville — Programme tout Nono. 15 — Temple de Passy — L'ensemble (amateur, mais les timbres sont beaux ) Le Miroir ose un programme Kodály, Rautavaara, Dutilleux, Aperghis. 15 — Pleyel — Nelson Freire sort de sa réserve pour jouer un vrai programme original avec Villa-Lobos et Kabalevski… avant de jouer Bach, Beethoven et Chopin, bien sûr (sinon ce ne serait pas un récital de piano). 15 — CiMu — Simplement pour préciser qu'In memoriam mortuorum n'est pas une œuvre majeure de Dubois, pas de quoi vous déplacer. Moi, ce serait plutôt la Marche Funèbre de Manoury qui attiserait ma curiosité. 16 — Le Perreux, 11h — Pour entendre une fois dans sa vie Barbara Hendricks accompagnée au théorbe ! 16 — TCE — Pahud-Meyer-Le Sage dans Saint-Saëns, Fauré, Poulenc et Jolivet (plutôt une alternance de sonates que des trios, je crains). 16 — Saint-Trinité, 16h — Deux œuvres de Florentz, un Messiaen, un arrangement de Debussy (tiré des Nocturnes) par Thomas Monnet à l'orgue. 16 — Abbaye de Port-Royal, 17h — Raphaël Pidoux dans des duos avec piano de Saint-Saëns, Pierné et Debussy. 16 — Le Perreux, 17h — Le grand Julien Cigana et le non moins respectable Olivier Baumont dans des contes de Perrault sur de la musique baroque française, le tout dans une déclamation et une atmosphère archaïsante (miam). 16 — Maison de la Radio, 18h — Noye's Fludde de Britten (tiré d'une pièce médiévale sur l'Arche de Noé, et confié à des enfants) par la Maîtrise de Radio-France. Avec des flûtes à bec dans l'orchestre ! (si ce n'est pas une réduction piano, je n'ai pas vérifié) 16 — Bondy — Concert de Noël de la pré-maîtrise de Radio-France. Superbe programme français (j'y serai le 2 novembre, à la Maison de la Radio). -- Medtner a trois concerts en une semaine… le quota est fait pour l'année. Dommage, je ne pourrai aller à aucun et j'aime beaucoup cette sorte de Rachmaninov intello. Pour ma part, j'ai prévu : Glaucus le 4, motets le 7, motets le 8, Druet le 14, Le Miroir le 15, Florentz le 16, Noé un peu plus tard le 16. Et peut-être Basso le 6 et l'ouverture de l'Opéra-Comique le 13 (sinon, j'aurai une place à vendre, et comme c'est tout à fait complet, n'hésitez pas à le signaler dès à présent si vous êtes intéressé). On vous laisse digérer cette quinzaine déjà riche, et on vous proposera la suite en temps utile.

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26 octobre

Maison de fous, triomphe oublié des Ballets Suédois

Maison de fous créé en 1920 par les Ballets Suédois sur une musique de Viking Dahl marqua d’une croix blanche la vie musico-chorégraphique moderne parisienne. A la fin de la Première Guerre mondiale les Ballets suédois tentèrent avec succès une percée parisienne véritable passeport pour la célébrité internationale à l’image de la réussite antérieure du Ballet russe. Leur intense activité s’étendit sur quelques années seulement, de 1920 à 1925, en plein cœur de la capitale française, précisément au Théâtre des Champs-Elysées. Ce projet à risque put se concrétiser grâce aux fonds mis à disposition par l’enthousiaste Rolf de Maré qui, en collaboration avec le chorégraphe Jean Börlin, assura un véritable renouveau de la danse. Le nom de Viking Dahl (1895-1945) connut une renommée aussi puissante que courte, incomparable avec la lumière médiatique qui s’abattit sur le ballet dont il avait composé la musique : Maison de fous. Cet élève du conservatoire de Stockholm (orgue) choisit la composition et manifesta très tôt un vif intérêt pour la culture française (et russe). D’ailleurs, il écrivit une Suite orientale pour orchestre (1916-18) où l’on décèle une influence exotique proche de Debussy. En décembre 1919, Viking Dahl se rendit à Paris et suivit des leçons de composition avec Paul Vidal. Au printemps 1920, à Paris, il assista à une première représentation dansée d’un autre jeune suédois Jean Börlin. Entré en contact avec son compatriote (et après avoir critiqué le choix musical du spectacle) il lui soumit des pages de sa propre musique pensée spécifiquement pour la danse. L’idée d’un ballet naquit et commande fut passée. Dahl travailla intensément durant le printemps et l’été 1920 et les répétitions commencèrent. La création se déroula pendant la saison des Ballets suédois le 8 novembre suivant. Maison de fous triompha et marqua d’une croix blanche la vie musico-chorégraphique moderne parisienne. Ce spectacle très innovant vint s’ajouter aux succès enregistrés précédemment par la Création du monde (Musique de Darius Milhaud), Les Mariés de la Tour Eiffel (Groupe des Six et Cocteau), sans compter les contributions plus traditionnelles de Debussy, Ravel, sans oublier les Suédois Hugo Alfvén et Kurt Atterberg. Les décors et les costumes audacieux de Maison de fous ajoutés à l’argument (le ballet se situe dans un hôpital psychiatrique et met en scène des personnages bizarres et déjantés au cours d’une succession agitée de situations cocasses, loufoques, folles… Dahl parla d’ « une description symbolique de la folie humaine, du narcissisme, de l’érotisme, de l’envie, de l’orgueil etc. – une allégorie de la vie chaotique du monde actuel. » Maison de fous provoqua des réactions nombreuses et violentes de la presse parisienne (défendant surtout une position conservatrice) provoquant l’attention du monde artistique. Des éloges s’exprimèrent aussi parlant de chef-d’œuvre. Toutefois les qualités de la musique (une introduction suivie de 17 scènes d’une durée de 36’) produite par un jeune suédois de 25 ans passèrent presque sous silence. Néanmoins, Milhaud et Ravel soulignèrent les potentialités du jeune compositeur. Mais bientôt Viking Dahl, à court d’argent, quitta définitivement Paris pour la Suède en mai 1921 afin de s’y établir et d’y gagner sa vie. Là, il retomba dans l’ombre et l’anonymat, ne retrouvant jamais les recettes qui, trop modernes sans doute, avaient contribué au succès de Maison de fous à Paris. Sa musique qu’il voulait sans concession fut considérée comme trop moderne pour l’intelligenstia scandinave. Son libre traitement des dissonances, son instrumentation influencée par les écoles russe et française, sa tonalité mélancolique, sa composition proche du collage, son absence de progression dramatique vers un acmé, son manque d’aboutissement du développement musical heurtèrent ses contemporains nordiques. « Tout le temps on attend quelque chose qui n’arrive jamais », regretta un critique. Photo : Jean Börlin dans Maison de fous, 1920, ©BnF, Bibliothèque-musée de l’Opéra



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24 octobre

La Fauvette passerinette – Un catalogue – Ravel à Fontainebleau – Le retour de L’Enlèvement au Sérail – Zabou Breitman et Jean-Marc Stehlé – Costumes à vendre

Zézayerait-elle cette jolie Fauvette ? (DR) Cet oiseau, qui appartient à l’une des douze mille espèces présentes sur notre planète, est la Fauvette passerinette, Sylvia cantillans pour les ornithologues, lesquels considèrent cette Fauvette comme la meilleure artiste des régions méridionales…C’est tout dire ! Le catalogue abandonné Messiaen avait naturellement tendu l’oreille ; il avait été séduit par de grêles tac-tac, avait détecté des “tectectectectectec” en séries rapides qui marquent l’inquiétude, reconnu des bruissements zézayants. Puis il prit des notes et décida de les utiliser dans son nouveau Catalogue d’oiseaux. C’était en 1961, deux ans après la création intégrale à Paris du (premier) Catalogue par Yvonne Loriod. Mais d’autres projets étaient en chantier, le second Catalogue ne vit pas le jour et les esquisses de la brave Fauvette passerinette furent abandonnées. Or, un disciple veillait au grain ; pianiste, il avait travaillé avec Olivier Messiaen avant de lui consacrer de précieuses études. Il est sujet britannique et s’appelle Peter Hill ; il a cosigné avec Nigel Simone pour Fayard un Olivier Messiaen qui fait autorité et vient d’enregistrer sous la marque Delphian un CD (« Oiseaux, Paysages et hommages ») dont notre Fauvette est la vedette. Quand Messiaen notait les chants d’oiseaux… (DR) Un hommage Peter Hill ayant décidé d’utiliser ce matériau en jachère, il fit au préalable toutes les démarches nécessaires auprès des ayant-droits, notamment le conseil d’administration de la Fondation Olivier Messiaen, dont j’ai le privilège de faire partie. Car, en quelque sorte, les chants d’oiseaux sont protégés. Quant à Peter Hill, co-auteur de cette Fauvette égarée dont Messiaen avait transcrit le chant, il n’a pas triché, ce dont confirme l’écoute de ces onze minutes que Messiaen aurait pu signer. Pas un pastiche, toute idée humoristique étant exclue de la démarche de notre pianiste britannique, plutôt un hommage et/ou un jeu. Réussi. Sur ce même CD, les Oiseaux tristes de Maurice Ravel (extraits des Miroirs) — « J’y évoque, a précisé le compositeur, des oiseaux perdus dans la torpeur d’une forêt sombre aux heures les plus chaudes de la journée. » Ravel a composé cette petite pièce, dédiée au pianiste Ricardo Viñes, à Fontainebleau mais l’histoire ne dit pas s’il avait erré dans la forêt afin d’y traquer quelque Fauvette passerinette… Une chasse ininterrompue… Ici, dans les Canyons du Colorado. Pas de photographe en ce lieu assez désertique ; c’est Yvonne Loriod qui a fixé ce cliché. Turquerie C’est une turquerie que l’Opéra de Paris présente à Garnier en ce début de saison. Une turquerie, inscrite dans la catégorie « Singspiel » et signée Mozart lequel, en ces années 1780, suivait la mode. Aujourd’hui, sans doute aurait-il triomphé dans la comédie musicale. À chaque époque, ses hochets préférés. Voici donc, après une trop longue absence sur la scène parisienne, cet Enlèvement au Sérail qui fut créé avec succès au Burgtheater de Vienne le 16 juillet 1782 et valut au compositeur ce célèbre jugement de l’Empereur Joseph II : « Trop beau pour nos oreilles, mon cher Mozart, et, beaucoup trop de notes ! » « Juste ce qu’il faut », avait répliqué l’auteur. « Beaucoup trop de notes ! »… Un “Enlèvement” parisien de la Belle Époque (DR) Des airs acrobatiques Eclipsé par Don Juan, La Flûte enchantée, Les Noces de Figaro et, plus récemment, par Cosi fan tutte, L’Enlèvement au Sérail n’a pourtant rien à envier à ces ouvrages justement fameux, sinon un argument où la philosophie, la métaphysique et la politique peuvent se glisser. L’Enlèvement est un grand divertissement, une bouffonnerie pour laquelle Mozart a composé une merveilleuse partition, brillante et fluide, pleine de rebondissements, agrémentée d’une série d’airs acrobatiques dont il avait le secret. De la musique, rien que de la musique ! Et une bonne dose de clownerie, Mozart étant, comme on le sait, le plus espiègle de nos génies musicaux… Peut-on reprocher à Zabou Breitman, responsable de cette production, d’avoir joué le premier degré dans les décors très plaisants que Jean-Marc Stehlé avait réglés avant sa récente disparition ? On imagine, non sans frémir, comment l’actualité aurait pu inutilement enrichir le livret de Johann Gottlieb Stephanie auquel le compositeur a largement collaboré… Divertir ! Une distribution qui, sans inoubliables éclats, fait honnêtement le travail sous la direction attentive de Philippe Jordan. N’arrivez pas en retard car vous manqueriez les très savoureuses images projetées de Gilles Février et Sylvie Cruguet qui annoncent que cet Enlèvement-là est fait pour vous divertir. La Blondchen d’Anna Prohaska dans ses délassements… (© Agathe Poupeney / ONP) La braderie de Favart Et si vous avez décidé, par hasard, de faire concurrence à l’Opéra en organisant une représentation dans votre salon, prévoyez déjà les costumes de Donna Anna et de Leporello. Facile : à l’occasion de son tricentenaire, la Salle Favart bradera pendant le week-end de la Toussaint trois mille costumes et mille accessoires (chapeaux, gants et masques). On prévoit la grande foule. Il est préférable de s’inscrire pour acquérir quelques-unes de ces merveilles… Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans Diapason, numéro de octobre 2014 : « Ce jour-là, 28 octobre 1949 : La mort de Ginette Neveu »

La lettre du musicien (Comptes rendus)

24 octobre

Dominique Merlet et un piano "historique" au Petit Palais

Fidèle à sa devise (« l'élitisme pour tous ! »), l'association Jeunes Talents dévoilait pour la première fois en concert le piano historique dont elle vient d'entrer en possession De nombreuses personnalités - anciens ministres, chefs d'entreprises, professeurs au Conservatoire, solistes réputés - s'étaient assemblées dans l'auditorium du Petit Palais à Paris pour découvrir ce grand Steinway de concert numéroté 87 264 (construit à New York en 1897 mais acquis à Aix auprès d'un compositeur français) qu'Alexandre Bouaziz et les équipes de Pianos Prestige ont patiemment restauré. Deux belles heures d'un programme varié conçu en fonction de l'instrument ont permis d'en goûter les caractéristiques : étagement sensible des registres, richesse des timbres (basses caverneuses, aigus dépourvus d'acidité), longueur de résonnance, assise de la projection. Dans cette acoustique plutôt sèche l'ensemble manquait peut-être un peu de complexité harmonique. On regrettera surtout, question de toucher, que ce vénérable produit de manufacture n'ait été doté du clavier en ivoire qu'il méritait. Shéhérazade de Ravel, Sept Lieder sur des poèmes d'Eduard Mörike (Wolf) et les Ariettes oubliées de Debussy furent dits par les sopranos Marie-Laure Garnier, Raquel Camarinha (remarquablement accompagnée par Yoan Héreau) et le ténor Fabien Hyon, jeunes professionnels en devenir. Musicalité réelle, techniques vocales abouties, intonations sans défaut majeur : la diction demeure bien le point faible des générations actuelles. C'est avec plaisir que nous avons vu ensuite Dominique Merlet appliquer lui-même les excellents principes (doigtés, production sonore, phrasé) qu'il aura transmis à tant d'élèves devenus depuis célèbres. Aux couleurs sombres des rhapsodies de Brahms (op. 79), à la méditation du Sonetto 104 del Petrarca (Liszt, Années de pélerinage) succédèrent les gongs cuivrés, les battants hypnotiques, les vibrations subtiles de la Vallée des cloches, dernière pièce des Miroirs de Ravel dont le texte fut admirablement traduit. (22 octobre)

Maurice Ravel
(1875 – 1937)

Maurice Ravel (7 mars 1875 - 28 décembre 1937), était un compositeur français de l’époque moderne. Avec son aîné Claude Debussy, Ravel fut la figure la plus influente de la musique française de son époque et le principal représentant du courant dit impressionniste au début du xxe siècle. Son œuvre, modeste en nombre d'opus (quatre-vingt-six œuvres originales, vingt-cinq œuvres orchestrées ou transcrites), est le fruit d'un héritage complexe s'étendant de Couperin et Rameau jusqu'aux couleurs du jazz et d'influences multiples dont celle, récurrente, de l'Espagne. Caractérisée par une grande diversité de genres, la production musicale de Ravel respecte dans son ensemble la tradition classique et s'étale sur une période créatrice de plus de quarante années qui la rendent contemporaine de celles de Fauré et Debussy mais aussi de Stravinski, Bartók ou Gershwin. La grande majorité de ses œuvres a intégré le répertoire de concert. Parmi celles-ci le ballet symphonique Daphnis et Chloé (1909-12), le Boléro (1928), les deux concertos pour piano et orchestre (pour la main gauche, 1929-31 ; en sol majeur, 1930-31) et l’orchestration des Tableaux d'une exposition de Moussorgski (1922) sont celles qui ont le plus contribué, depuis des décennies, à sa renommée internationale. Reconnu comme un maître de l’orchestration et un artisan perfectionniste, Ravel ne s'est jamais départi d'une sensibilité et d'une expressivité particulière.



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