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Musique classique et opéra par Classissima

Maurice Ravel

lundi 27 avril 2015


Classiquenews.com - Articles

23 avril

CD, compte rendu critique. If the owl calls again. … récital de Christianne Stotjin, mezzo soprano (1 cd Warner classics)

Classiquenews.com - Articles CD, compte rendu critique. If the owl calls again. … récital de Christianne Stotjin, mezzo soprano (1 cd Warner classics). La mezzo néerlandaise née à Delft patrie de Vermeer, Christianne Stotjin cultive des couleurs chambristes souvent embrasées qui lui conviennent idéalement d’autant qu’elle s’entoure de partenaires instrumentistes (pointures chambristes du groupe Oxalys dont le flûtiste requis pour Delage entre autres, Ton Fret…) ; aux côtés de la cantatrice au souffle capiteux, les musiciens partagent un même feu crépitant, précis et allusif composant des paysages introspectifs comme une série d’illuminations … atmosphère du songe et de la prière aussi comme de la nuit mystérieuse : la cantatrice superbe diseuse (ses disques précédents en témoignent : outre Mahler, elle a chanté Schubert et Wolf…), exprime par son timbre capiteux et chaud, sa diction parfaite même en français pour Delage et Ravel, l’essence poétique, suggestive, enivrée et sensuelle des textes assemblés. Dans ce parcours serti (baudelairien), aux sons et mots qui se répondent, avouons notre totale enthousiasme pour les quatre poèmes hindous de Maurice Delage, immersion impresionniste constellée des perles vocales où la mezzo sait conserver toujours l’intelligibilité linguistique, tout en soignant la tension et la ciselée poétique requise. Les Delage forment un préambule idéal pour sa propre lecture des deux Ravel : Kaddisj et L’énigme éternelle d’un raffinement expressif semblable (avec duduk pour le premier chant : ajout pertinent qui creuse la couleur doloriste). La limpidité des 3 mélodies de Martin; puis le lyrisme embrasé des trois songs de Frank Bridge, trois ponts vers une extase nocturne à la voluptueuse et tenace étrangeté, ferment le récital en tout point superbement habité. Le timbre soyeux et rugueux et pourtant aux aigus clairs de Christianne Stotjin sait développer une articulation précise et suggestive qui pourrait la conduire vers Charlotte, Carmen. Sa maîtrise des mondes clos et itnérieurs, son sens de la mélodie et du lied convainquent. Le soin des chansons ainsi collectées, la complicité des instrumentistes, la profonde originalité du parcours sous l’aile d’un hibou initiateur et protecteur (voir le visuel de couverture et lire la notice) affirme ici un tempérament et une nature musicienne superlative, amoureuse des mots. Envoûtant. C’est naturellement un nouveau CLIC de classiquenews. CD, compte rendu critique. If the owl calls again. Récital de Christianne Stotjin, mezzo soprano. Mélodies et songs de Marx, De Kanter, Moussorgski, Maurice Delage, Ravel, Frank Martin, Caplet, Frank Bridge. Joseph Breinl (piano), Antoine Tamestit (alto), Rick Stotijn (contre basse), Toon Fret (flûte), Oxalys Ensemble. 1 cd Warner classics.

Musique classique et orgue

Hier

Le Quatuor Equinox à Thomery (77)

Concert du Quatuor Equinox à Thomery. Le concert "prestige" du Quatuor Équinoxe aura lieu le samedi 30 mai 2015 à 20h30 salle de la Chapelle de Thomery. Au programme, des oeuvres de Mozart, Verdi et Ravel. Tarif : de 6 à 10 €. Réservations : Service Culture...




Le blog d'Olivier Bellamy

25 avril

Jean-Louis Debré : Chirac, Musset et moi

Voici le poème cité par Jean-Louis Debré pendant l’émission : J’étais seul, l’autre soir, au Théâtre Français, Ou presque seul ; l’auteur n’avait pas grand succès. Ce n’était que Molière, et nous savons de reste Que ce grand maladroit, qui fit un jour Alceste, Ignora le bel art de chatouiller l’esprit Et de servir à point un dénoûment bien cuit. Grâce à Dieu, nos auteurs ont changé de méthode, Et nous aimons bien mieux quelque drame à la mode Où l’intrigue, enlacée et roulée en feston, Tourne comme un rébus autour d’un mirliton. J’écoutais cependant cette simple harmonie, Et comme le bon sens fait parler le génie. J’admirais quel amour pour l’âpre vérité Eut cet homme si fier en sa naïveté, Quel grand et vrai savoir des choses de ce monde, Quelle mâle gaieté, si triste et si profonde Que, lorsqu’on vient d’en rire, on devrait en pleurer ! Et je me demandais : Est-ce assez d’admirer ? Est-ce assez de venir, un soir, par aventure, D’entendre au fond de l’âme un cri de la nature, D’essuyer une larme, et de partir ainsi, Quoi qu’on fasse d’ailleurs, sans en prendre souci ? Enfoncé que j’étais dans cette rêverie, Çà et là, toutefois, lorgnant la galerie, Je vis que, devant moi, se balançait gaiement Sous une tresse noire un cou svelte et charmant ; Et, voyant cet ébène enchâssé dans l’ivoire, Un vers d’André Chénier chanta dans ma mémoire, Un vers presque inconnu, refrain inachevé, Frais comme le hasard, moins écrit que rêvé. J’osai m’en souvenir, même devant Molière ; Sa grande ombre, à coup sûr, ne s’en offensa pas ; Et, tout en écoutant, je murmurais tout bas, Regardant cette enfant, qui ne s’en doutait guère : ” Sous votre aimable tête, un cou blanc, délicat, Se plie, et de la neige effacerait l’éclat.” Puis je songeais encore (ainsi va la pensée) Que l’antique franchise, à ce point délaissée, Avec notre finesse et notre esprit moqueur, Ferait croire, après tout, que nous manquons de coeur ; Que c’était une triste et honteuse misère Que cette solitude à l’entour de Molière, Et qu’il est pourtant temps, comme dit la chanson, De sortir de ce siècle ou d’en avoir raison ; Car à quoi comparer cette scène embourbée, Et l’effroyable honte où la muse est tombée ? La lâcheté nous bride, et les sots vont disant Que, sous ce vieux soleil, tout est fait à présent ; Comme si les travers de la famille humaine Ne rajeunissaient pas chaque an, chaque semaine. Notre siècle a ses moeurs, partant, sa vérité ; Celui qui l’ose dire est toujours écouté. Ah ! j’oserais parler, si je croyais bien dire, J’oserais ramasser le fouet de la satire, Et l’habiller de noir, cet homme aux rubans verts, Qui se fâchait jadis pour quelques mauvais vers. S’il rentrait aujourd’hui dans Paris, la grand’ville, Il y trouverait mieux pour émouvoir sa bile Qu’une méchante femme et qu’un méchant sonnet ; Nous avons autre chose à mettre au cabinet. Ô notre maître à tous, si ta tombe est fermée, Laisse-moi dans ta cendre, un instant ranimée, Trouver une étincelle, et je vais t’imiter ! J’en aurai fait assez si je puis le tenter. Apprends-moi de quel ton, dans ta bouche hardie, Parlait la vérité, ta seule passion, Et, pour me faire entendre, à défaut du génie, J’en aurai le courage et l’indignation ! Ainsi je caressais une folle chimère. Devant moi cependant, à côté de sa mère, L’enfant restait toujours, et le cou svelte et blanc Sous les longs cheveux noirs se berçait mollement. Le spectacle fini, la charmante inconnue Se leva. Le beau cou, l’épaule à demi nue, Se voilèrent ; la main glissa dans le manchon ; Et, lorsque je la vis au seuil de sa maison S’enfuir, je m’aperçus que je l’avais suivie. Hélas ! mon cher ami, c’est là toute ma vie. Pendant que mon esprit cherchait sa volonté, Mon corps savait la sienne et suivait la beauté ; Et, quand je m’éveillai de cette rêverie, Il ne m’en restait plus que l’image chérie : ” Sous votre aimable tête, un cou blanc, délicat, Se plie, et de la neige effacerait l’éclat. ” Et son programme : Aznavour : Je m’voyais déjà Dutronc : Le temps des copains / L’opportuniste et Symphonie Pastorale de Beethoven L’oiseau de feu de Stravinsky Boléro de Ravel

Resmusica.com

22 avril

Joseph Jongen, pages intimes

Avec l’aide du superbe Orchestre Philharmonique Royal de Liège sous la baguette de l’excellent Jean-Pierre Haeck , et la participation de l’altiste non moins talentueux Nathan Braude , tous familiers de l’œuvre de Joseph Jongen , le label Musique en Wallonie nous en offre encore de ces joyaux dont on s’étonne vraiment qu’ils ne soient pas plus souvent présents en nos salles de concert… Enregistrées en la Salle Philharmonique de Liège en juillet 2014 pour commémorer la Grande Guerre, les œuvres ici présentes ont été composées durant les hostilités alors que Joseph Jongen (1873-1953) était exilé en banlieue londonienne : après un an pendant lequel il se consacre exclusivement à des concerts de musique de chambre, il revient à la composition au printemps 1915 avec sa Suite pour alto et orchestre op. 48 qu’il termine en septembre, avec certainement à l’esprit le jeu ample du grand altiste anglais de la première moitié du XXe siècle, Lionel Tertis (1876-1975), mais il semble bien que le virtuose ne fut guère enclin à la jouer, ce qui amena Jongen, après la guerre, à dédier son œuvre à l’altiste français Maurice Vieux (1884-1951) qui en fut le créateur aux Concerts Colonne parisiens. Avec sa sonorité chaude, généreuse et vibrante coutumière, le jeune altiste belgo-israélien Nathan Braude interprète ici admirablement cette œuvre qui lui est familière, puisqu’il l’avait déjà enregistrée dans sa version avec piano pour Fuga Libera (FUG586) . Les trois Pages intimes, op. 55, composées et orchestrées entre avril 1917 et juillet 1918, sont un peu l’équivalent de Ma Mère l’Oye de Ravel, et dédiée chacune à l’un des trois enfants de Jongen. Elles traduisent à merveille la poésie du monde de l’enfance, exutoire bien compréhensible aux horreurs du conflit. Le même refus de céder au désespoir imprègne les quatre Tableaux pittoresques op. 56 pour petit orchestre, dans lesquels Jongen se tourne vers la nature en des pages apaisées, méditatives, et même joyeuses, comme dans cette Fête populaire qui conclut brillamment l’œuvre « très respectueusement dédiée à sa majesté Élisabeth Reine des Belges ». Seule dans tout ce programme la Sarabande triste op. 58, achevée en août 1918 et qui porte bien son nom, semble refléter cette sorte de résignation temporaire, mais, selon José Quitin, son « austère simplicité atteint à la grandeur ». Dans ce superbe programme Joseph Jongen, tous les musiciens, tant soliste que membres de l’orchestre, se sont surpassés par la ferveur qu’ils ont su transmettre à l’auditeur au travers de leurs interprétations exemplaires : ce disque Musique en Wallonie, l’un des plus remarquables consacrés à Joseph Jongen, grâce à l’ensemble des participants impliqués, rend un vibrant hommage à tous ceux qui ont souffert de la Grande Guerre, et notamment à tous les musiciens qui ont su transcender cette période atroce par la noble beauté de leurs œuvres.



Carnets sur sol

22 avril

Vaste monde (et Gentils) : le CIMCL débute, Guillou s'en va, L'histoire de France selon Facebook, prétéritions, saisons du TCE, de Maillard et de Radio-France, d'autres symphonies à programmer…

Soit maint sujet d'émerveillement disponible pour vos petits yeux plissés (il faut que je voie à élargir la police du thème CSS de CSS), ci-après : -- Le CIMCL (Concours International de Musique de Chambre de Lyon) débute cette semaine Comme chaque année (1 ,2 ,3 ,4 ), Carnets sur sol touche un mot du CIMCL, qui n'a pas son pareil en France, aussi bien pour la qualité du jury que pour l'intérêt des œuvres imposées. Cette année, on trouvera Nanette Schmidt-Seibt (second violon du Quatuor Mandelring), Valentin Erben (le violoncelliste du Quatuor Alban Berg), Roland Pidoux, Pierre Korzilius (directeur de l'association Pro Quartet) et quelques autres artistes, professeurs, directeurs d'institutions : Vladimir Mendelssohn du Quatuor Enesco, Antonello Farulli (altiste et directeur de l'Académie de Fiesole) et Pavel Vernikov (violoniste et professeur). À partir de jeudi, le concours débutera dans l'Amphithéâtre de l'Université Lumière Lyon 2 (ce qui est une autre de ses vertus, portant gratuitement la musique au cœur des lieux où se logent les futurs mélomanes). Parmi les ensembles en lice, je remarque en particulier la présence du Quatuor Hanson, dont l'à-propos et le sens de la structure (en plus d'un très beau son) m'avaient subjugué à l'occasion d'une audition de l'Académie Européenne de Musique de Chambre (ECMA). Je leur souhaite tous les hommages qu'ils méritent – j'écoute pourtant beaucoup de quatuor, mais des diables comme ceux-là, on n'en entend pas tous les jours. Le programme est le suivant : 23 avril – Épreuve éliminatoire Mozart – Adagio & fuge en ut mineur K.546 Un choix parmi la sélection du Palazzetto Bru Zane : Dubois – Quatuor n°1 (en mi bémol) Onslow – Quatuor n°28 (en mi bémol) Saint-Saëns – Quatuor n°1 (en mi mineur) 24 avril – Demi-finale Sergio Menozzi – Sept aphorismes (commande du concours) Un quatuor au choix de Beethoven, Schubert, Mendelssohn, Schumann ou Brahms (combien de Schubert 13 & 14, de Mendelssohn 6, voire de Schumann 3 ? – ces concours servent à se préparer également…) 25 avril – Finale Ravel – Quatuor (en fa) Un ou plusieurs œuvres du XXe siècle. La sélection est équilibrée sur les différentes nécessités du répertoire, et Bru Zane force une fois de plus avisément la main des candidats vers des œuvres qui ne sont plus jouées (sauf Saint-Saëns quelquefois), mais qui constituent des jalons importants de la musique française. Seule réserve, et elle est de taille pour moi qui ne pourrai pas y être : les captations n'ont lieu, comme chaque année, qu'à partir de la demi-finale… ce qui limite grandement l'impact pédagogique de la sélection de Bru Zane ! (Il y a deux ans, ils m'ont ravi les cycles de mélodies, dont les Chansons de Marjolie de Dubois !) Je serai à l'écoute et en reparlerai peut-être. Bonnes découvertes ! -- Guillou s'en est allé Aussitôt annoncé, le concert d'adieu de Jean Guillou vient de se tenir, dans une atmosphère peu empreinte de charité chrétienne. Le bonhomme a toujours été d'une forfanterie assez insupportable, refusant les honneurs sous prétexte qu'il n'en a pas reçu assez, claironnant à qui veut l'entendre qu'il est un compositeur et un interprète majeurs (chose grandement discutable, et en particulier pour le compositeur, mais ce n'est même pas le problème)… Le concours est désormais grandement la norme dans le monde de l'orgue, il n'y a pas de raison valable pour laquelle il pourrait faire du népotisme pour favoriser quelqu'un de sa chapelle. Et pourtant, il revendique sans détours l'imposition de successeurs issus de son goût, comme si Saint-Eustache avait fini par lui devoir tant qu'il lui appartenait. Toute ma compassion va aux disciples qui l'ont enduré pendant des années dans l'espoir d'une place au soleil… désolé les gars, vous avez joué, vous avez perdu. -- L'histoire de France selon Facebook L'auteur vient de se faire exploser sa face dans Actualitté , mais les extraits proposés m'amusent. [On se demande quand même comment ils ont laissé passer, sans même parler de relecture, l'Anschluss en Pologne…] Mon scepticisme porte plutôt sur sa fortune commerciale : qui va acheter ça ? Les jeunes qui pourraient trouver ça gavasse cool ou trop swag n'iront pas acheter un livre inanimé… Et les autres… quels autres ? Ça fonctionnerait mieux (ce que chacun de nous a déjà pu vérifier autour de lui) avec des jeux vidéos, par exemple. God of War ou Assassin's Creed fournissent un assez grand nombre de références culturelles (pour certaines pertinentes) et semblent susciter une adhésion bien réelle. (Après, le point de rencontre entre l'âge où ils pourraient proposer des découvertes pédagogiques et l'âge nécessaire pour encaisser leur violence est manifestement… hors de portée.) -- Prétéritions Quelquefois, les paradoxes irritants de la production de l'information atteignent une forme de beauté esthétique supérieure. Ces jours-ci (ou devrais-je dire « ces ans-ci »), j'entends tourner en boucle l'information « personne ne parle du sort des chrétiens d'Orient ». En soi, c'est un magnifique paradoxe : autoreproduction de l'information oblige, tout le monde affirme que personne n'en parle – et personne ne sent la tension dans cette affirmation ? Les conclusions en sont forcément biaisées, dans ce cas : on entend dire que c'est parce tout le monde se moque de la chrétienté, alors que même pour les déchristianisés, les chrétiens d'Orient constituent un groupe auquel il est aisé de s'identifier pour les petits blancs (oui, les blancs sont toujours petits, je n'arrive pas à le formuler autrement même en en étant conscient !) – une façon implicite de se regrouper en contournant le risque d'imputation de racisme (qu'on a facile ces dernières décennies). Ainsi, tout en affirmant que personne n'en parle, on continue de nourrir en sous-main un discours fantasmatique des blancs persécutés par les basanés – comme avec le reste (du fait divers à la couverture du terrorisme international), on vend de la peur, en l'occurrence la peur du grand renversement. Un peu comme le Petit Chaperon Rouge et les zombies jouent de la peur archaïque de la dévoration, l'histoire des chrétiens d'Orient raconte l'éventualité de la fin de notre monde. Je ne nie pas ce qui leur arrive bien sûr (à eux, et aux autres communautés minoritaires, qui varient d'un secteur à l'autre), mais le discours qui le répète tout en s'insurgeant de son absence (combien de reportages au JT, combien de déclaration de députés avant qu'on puisse considérer qu'on en parle ?) répond à une logique un peu particulière, qu'on ne voit pas dans le traitement des persécutions contre les êzidîtî ou les musulmans (elles aussi couvertes par les médias, et plutôt moins). Le silence porterait plutôt sur les autres parties du monde (chrétiens ou pas) que sur une communauté précise du Moyen-Orient, à mon sens. Aussi, lorsque je vois des députés informés, membres de la Commission des Affaires Étrangères s'insurger de l'absence de traitement journalistique des persécutions contre les chrétiens, je ne peux m'empêcher de sentir confusément qu'ils prennent ce prétexte pour pouvoir dire ce qu'ils refoulent de leur peur de la submersion – qui, exprimée ouvertement, serait trop connotée pour être audible. -- Saison 2015-2016 du Théâtre des Champs-Élysées Luxueuse en diable – ce qui ne m'arrange pas, vu les prix nécessaires pour voir vaguement quelque chose dans ce théâtre (à l'acoustique par ailleurs remarquable… Déjà annoncée sur CSS en avant-première, mais ayant lu quelques commentaires très critiques, je reproduis ici mon sentiment : ¶ il y a plus de productions d'opéra que d'ordinaire (toujours le même nombre en scénique, mais en concert, ça a explosé) ; ¶ pour les amateurs de baroque, il y a Persée (avec Vidal) et Rinaldo (avec Fagioli) ; ¶ pour les amateurs d'opéra italien, il y a Rinaldo (avec Fagioli), Norma, Zelmira (avec Ciofi), L'Italiana (avec Reinhold), Lucia (avec Damrau) ; ¶ pour les amateurs d'opéra allemand, il y a le Freischütz (avec Gens et Schukoff), Tristan (avec un orchestre adéquat), Ariadne (avec Harteros et Kaufmann) ¶ pour les amateurs d'opéra français, il y a Olympie (avec Gauvin) et Werther (avec DiDonato et Flórez) ; ¶ pour les amateurs de musique sacrée, il y a les Sept Dernières Paroles par Herreweghe et la Messa di Gloria de Puccini ; ¶ pour les amateurs de raretés lyriques, il y a Persée, Olympie et Zelmira ; ¶ au niveau des récitals vocaux, plein de choses prestigieuses ; ¶ pour les amateurs de musique symphonique, il y aura les Biches de Poulenc, les Nocturnes de Debussy, la Sérénade de Britten, et bien des choses plus grand public par des orchestres très prestigieux ; ¶ pour les amateurs de musique de chambre, il y aura plusieurs très beaux programmes (Prades le 7 mars, intégrale des quatuors avec piano de Brahms…). Il n'y a guère que le lied qui soit le parent pauvre, et encore, on en trouve avec orchestre (Kindertoten par Goerne, Frühe par Schäfer, Serenade par Spence…). On en a vraiment pour tous les goûts, aussi bien du côté des tubes que des raretés, et par des artistes prestigieux (et pour la plupart, pertinemment distribués). Je ne vois pas trop le problème (même si, bien sûr, on peut avoir envie d'entendre d'autres choses). De même côté distributions, à la fois prestigieuses et adéquates : – Persée avec Guilmette, Watson, Hache, Kalinine, Vidal, Christoyannis, Teitgen, Dubois, Wilder, Dolié (!) ; – Theodora avec Watson, D'Oustrac, Jaroussky, Špicer, Thorpe ; – Mitridate avec Petibon, Papatanasiu, Devieilhe, Azzaretti, Spyres et Dubois (!) ; – Entführung avec Archibald et Gilmore ; – Olympie avec Gauvin, Aldrich, Castronovo et Bolleire ; – Zelmira avec Ciofi, Osborn, Siragusa, Bolleire et Pertusi (!) ; – Freischütz avec Gens, Schukoff, Ivashchenko et Selig (!) ; – Lucia avec Damrau, Berrugi et Testé ; – Sonnambula avec Devieilhe et Osborn ; – Tristan avec Magee, Kerl, Breedt, Polegato et Humes ; – Werther avec DiDonato, Flórez, Rivenq ; – Ariadne avec Harteros, Coote, Kaufmann (!). Je veux bien admettre le peu de grands noms dans l'Italiana de Malgoire, mais c'est parce qu'il fait vœu de promouvoir de jeunes chanteurs, justement. Après, on aime plus ou moins les distributions (personnellement, Agresta-Ganassi-Berti dans Norma, ça ne me fait pas démesurément envie), mais elles sont tout sauf aléatoires, quand même. -- Saison 2015-2016 de Radio-France Elle vient de paraître ce lundi. Beaucoup plus à la hauteur de l'enjeu que la saison passée qui ne recyclait quasiment que des œuvres traditionnelles, hors Chœur (mais je l'évite) et Maîtrise (qui a toujours des programmes phénoménaux : originaux et roboratifs). Cette fois-ci, la mission d'un orchestre de radio d'explorer le répertoire dans davantage de directions tient la rampe. Par ailleurs, peut-être suite aux crises de l'automne et aux menaces de la Cour des Comptes, les rôles des deux orchestres paraissent beaucoup plus clairement répartis : à l'ONF l'opéra (italien) et le grand répertoire du XIXe, au Philhar le classicisme (sont côté « formation modulable », qui n'est presque plus exploité aujourd'hui), le vingtième siècle et le contemporain. L'ONF concerne davantage le grand public (hors explorations du patrimoine spécifiquement français) et le Philhar' le public « expert », amateur d'orchestrations complexes ou d'œuvres plus rares. De fait, c'est une belle saison, avec des choses rares : Glazounov, plusieurs Roussel (même si on a la Troisième Symphonie pour la troisième fois en deux ans), deux concerts généreux en Martinů (dont le Double Concerto et la Sixième Symphonie…). Dommage pour moi que ce soient en l'occurrence les œuvres que je n'aime pas particulièrement chez ces compositeurs qui ont par ailleurs ma tendresse, mais le principe est très encourageant. La saison de la Maîtrise est fantastique (programmes variés et de très belles musiques, à quoi s'ajoute un Aboulker…), encore plus que d'ordinaire, et certaines soirées s'annoncent formidables : Printemps de Debussy-Büsser + Animaux Modèles de Poulenc + Soir de Fête de Chausson, ou Scherzos Fantastiques de Suk et Stravinski + Premier Concerto pour violoncelle & Symphonie n°6 de Martinů, ou encore L'Enfant Prodigue couplé avec L'Enfant et les Sortilèges… et bien sûr La Jacquerie de Lalo, résurrection promise par Bru Zane et très attendue ! Il reste deux réserves, pas complètement légères. ¶ La forme des concerts pourrait être repensée : les programmes sont terriblement formels, avec ouverture classique + concerto romantique + symphonique romantique ou moderne… Il n'y a pas réellement de raison de s'en tenir là – c'est un peu comme le mythe des dissertations à tripartition infinie, comme si toute bonne intuition se séparait naturellement en un nombre immuable d'entrées. Surtout si l'on souhaite élargir le public – d'ailleurs, à part Carmina Burana et les concerts du matin pour les enfants, on voit que Radio-France n'est pas trop là pour rigoler : à part Les Planètes de Holst sur images de la Nasa, chouette initiative, on chercherait en vain les programmes liés à un visuel, à un thème fort, à des références filmiques, comme en font les autres salles, Cité de la Musique et Philharmonie en tête. ¶ Les tarifs. Après le très petit nombre de places-alibi à 10€, la plupart des concerts (même ceux des orchestres maison) montent à 25€, ce qui est cher pour une quasi-dernière catégorie. Pour les soirées vocales, où être à l'avant est une nécessité, on trouvera très peu de places acceptables à moins de 65€… pas évident de faire venir le jeune public qui pourrait remplir cette nouvelle salle dans ces conditions, surtout qu'à tarif égal, on peut être de face à la Philharmonie que tout le monde veut aller voir… Fait amusant, les concerts grand public sont les plus chers : les tarifs baissent significativement dès que le répertoire est plus spécialisé (quatrième catégorie à 17€, et le tarif unique à 15€ pour la musique contemporaine). On voit bien le principe de favoriser le remplissage des concerts plus confidentiels, mais dans les faits, cela équivaut à harponner le dilettante ou le novice, et à détaxer le mordu qui a un budget spectacle respectable. [Cela dit, il n'y a pas de bonne solution : moi le premier, si je juge qu'un spectacle coûte plus que certains seuils, je n'y vais pas même si je suis intéressé, et le nombre de spectacle par saison réduit d'autant l'écart admis entre le prix souhaité et le prix acquitté…] Il faut voir si cela pose des problèmes de remplissages comme cette saison. Et puis il y a l'acoustique, frustrante, à retester. [Si c'est aller au concert pour ne pas avoir d'impact, les disques suffisent largement.] -- Saison 2015-2016 Philippe Maillard Le malfaisant Philippe Maillard revient avec une belle saison spécialiste, comme toujours ; mais soulagement, pas trop de choses pour moi (beaucoup de baroque instrumental ou italien XVIIIe). Reproduction des premières impressions laissées ailleurs : … et ils trouvent le moyen de mettre le récital Landi de Dagmar Šašková (m'en moque, déjà vu en avant-première il y a un an) la même semaine que le récital Louis XIII de Dumestre-Lefilliâtre-Mauillon (avec du Guédron !). Grmblbl. Une seule soirée à Saint-Roch, ils se sont largement déportés sur Cortot, c'est chouette. Même pour de la musique sacrée, étonnamment. Plein de programmes avec Béatrice Martin & PCA, trois programmes baroques espagnols (en général roboratifs), récital (de seria, hélas) de Staskiewicz, récital de piano rare (Medtner, Vladigueroff, Enesco, Rachmaninov), Lassus par Herreweghe, des motets de Charpentier par Daucé, un programme de musique Renaissance finnoise (!), et l'Orfeo avec Tubéry, van Elsacker et Lefilliâtre. C'est quand même sympa ! En revanche, côté lied, une pauvre petite partie de soirée (une maigre poignée de Schubert célèbres en couplage avec l'Arpeggione et le Premier Trio), et c'est fini. Pour ce qui est du lied ou de la mélodie avec piano, rien à l'ONP (à part Damrau-Deutsch, mais dans l'état actuel de sa voix, bof), rien au TCE (en tout cas), un programme à la Philharmonie et à la Cité, un programme à Radio-France… Jeff Cohen va sauver nos vies une fois de plus. -- D'autres symphonies à la Philharmonie À propos d'une discussion sur l'abondance de Beethoven-Brahms-Mahler-Ravel-Stravinski dans les programmes, je faisais quelques propositions (tout à fait hypothétiques – et personnelles) que je soumettais. Il faudrait le faire maintenant, tant que la nouveauté fait remplir pour n'importe quel orchestre dans n'importe quel répertoire. Tous les chefs-d'œuvre qu'il faut faire entrer définitivement au répertoire : les six symphonies de Nielsen, les sept de Bax, les quatre de van Gilse, les quatre premières de Martinů, les deux premières de Kalliwoda, Hamerik et Kabalevski, les trois dernières de Sinding, la Kammersymphonie de Schreker, la Herbstsymphonie de Marx, la Colour Symphony de Bliss, les Première de Cartellieri, Czerny, Børresen, Atterberg, Weingartner et Popov, la Deuxième de Doráti, la Quatrième d'Alfvén, la Sixième de Tichtchenko… Pourquoi pas une saison thématique « sans Mozart-Beethoven-Schubert-Mendelssohn-Schumann-Brahms-Bruckner-Mahler-Debussy-Ravel-Bartók-Stravinski-Chostakovitch » ? Enfin, si c'est pour remplacer par Pärt, Chávez, Glass et Benzecry, pas la peine. Mais si c'est pour remplacer chacun par un équivalent qui reste de qualité, Mozart par Vranický , Beethoven par Méhul, Schubert par Onslow, Brahms par Sinding, Bruckner par Schmidt, Dvořák par Atterberg, Mahler par Nielsen, Debussy par Bax, Chostakovitch par Tichtchenko… ce serait assez excitant ! On pourrait supposer une explicitation de la substitution dans les programmes… certes, ça veut dire moins de remplissage, parce que naturellement, lorsqu'on est dans un domaine qu'on ne maîtrise pas bien, on se tourne vers le célèbre (qui l'est en général pour une raison), et qui nous permet d'être sûr d'entendre quelque chose de convaincant. Ce qui est parfaitement légitime. Mais vu que la Philharmonie est à guichets fermés pour encore au moins un an, on aurait pu si on avait voulu. Vous pouvez retrouver une suggestion de liste des symphonies qui mériteraient d'être données avec régularité en concert – ce qui est bien sûr impossible, sauf à ne plus entretenir de fonds permanent de répertoire commun (ce qui n'est pas forcément souhaitable). Et l'ensemble des sélections de CSS .

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21 avril

Altinoglu dirige l’ONL dans un programme ravélien

L’Orchestre national de Lyon donne un programme grand public, centré sur le Boléro de Ravel. Ravel est toujours le bienvenu dans la salle lyonnaise qui porte son nom. Lorsqu’il s’agit de plaire aussi bien aux néophytes qu’aux mélomanes les plus blasés, ou de captiver le jeune public, en temps de vacances scolaires, c’est au Boléro que l’on pense d’abord. L’orchestre n’en est pas à sa première interprétation, et l’on sait d’avance que les quinze minutes de l’œuvre passeront en un éclair ; la salle, comble, retiendra son souffle, des premiers battements de caisse claire, jusqu’à la modulation cataclysmique de la fin. De fait, le succès est au rendez-vous : le chef, Alain Altinoglu , assez survolté, donne les bonnes impulsions à l’orchestre. Il parvient aussi bien à contenir l’énergie des musiciens, qu’à la libérer aux moments adéquats ; la densification graduelle du son est superbement réalisée. On retrouve également avec joie les textures chaleureuses des cordes de l’ONL, qui font oublier que les rangs de cuivres sont le théâtre de petits incidents récurrents. Regrettons simplement que, dans l’enthousiasme des dernières mesures, les décibels aient été trop généreusement dispensés ; bien rares sont les orchestres qui distinguent la puissance du son de sa simple intensité. À partir de là, comment compléter le programme du spectacle ? Une première partie proposait de mettre en vedette le flûtiste Emmanuel Pahud : puisque le Boléro donne à entendre tant d’instruments solistes différents, c’est une belle idée que d’attirer l’attention du public sur le timbre de la flûte, que le répertoire concertant a trop délaissé. Il est vrai que le concerto de Jacques Ibert vaut d’abord par sa rareté ; on en retient surtout un dialogue du soliste, dans le mouvement central, avec le premier violon (excellemment interprété par Jennifer Gilbert ). Le patchwork sur des thèmes de Bizet est une manière de bis, un faire-valoir pour la technique impeccable de Pahud. La deuxième partie propose d’explorer l’Espagne de Ravel. L’Alborada, tout d’abord, est jouée avec un certain brio ; le caractère pinçant et acidulé de la pièce est bien rendu. Puis vient la Rapsodie espagnole, et même si l’on aurait aimé plus de nuances dans la Feria, le Prélude à la Nuit est une merveille : les bruissements des violons, les envolées lyriques des bassons et des clarinettes, les tintements tristes du célesta, en quelques touches rapides, appellent les images, distordent le temps. C’est du grand Ravel ! Crédit photographique : Alain Altinoglu © Jean Radel

Maurice Ravel
(1875 – 1937)

Maurice Ravel (7 mars 1875 - 28 décembre 1937), était un compositeur français de l’époque moderne. Avec son aîné Claude Debussy, Ravel fut la figure la plus influente de la musique française de son époque et le principal représentant du courant dit impressionniste au début du xxe siècle. Son œuvre, modeste en nombre d'opus (quatre-vingt-six œuvres originales, vingt-cinq œuvres orchestrées ou transcrites), est le fruit d'un héritage complexe s'étendant de Couperin et Rameau jusqu'aux couleurs du jazz et d'influences multiples dont celle, récurrente, de l'Espagne. Caractérisée par une grande diversité de genres, la production musicale de Ravel respecte dans son ensemble la tradition classique et s'étale sur une période créatrice de plus de quarante années qui la rendent contemporaine de celles de Fauré et Debussy mais aussi de Stravinski, Bartók ou Gershwin. La grande majorité de ses œuvres a intégré le répertoire de concert. Parmi celles-ci le ballet symphonique Daphnis et Chloé (1909-12), le Boléro (1928), les deux concertos pour piano et orchestre (pour la main gauche, 1929-31 ; en sol majeur, 1930-31) et l’orchestration des Tableaux d'une exposition de Moussorgski (1922) sont celles qui ont le plus contribué, depuis des décennies, à sa renommée internationale. Reconnu comme un maître de l’orchestration et un artisan perfectionniste, Ravel ne s'est jamais départi d'une sensibilité et d'une expressivité particulière.



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